Des nuits et des nuits de plaisir sans dormir !

27 Oct

Petit coup de projecteur momentané sur quelques lieux non institutionnalisés où le rock s’agite (ou mieux). Qui plus est, souvent pour pas (trop) cher !

* Magasin4
* Water Moulin
* Coliseum
* La Filature
* Recyclart
* Dada
* DNA

Il y a quelques jours (le 3/10/2009), on se pressait par dizaines à la réouverture du nouveau Magasin 4. A présent abrité dans un ancien entrepôt situé au 51 B Avenue du Port, juste en face de Tour & Taxi et avec le canal et une extension du port de Bruxelles dans le dos, quelques centaines de mètres à peine de son ancienne localisation, le nouvel emplacement offre des possibilités de parking quasi illimité qui contrastent singulièrement avec l’absence la plus totale du moindre pita shop ou frit-kot, à une demi-lieue à la ronde, dans un quartier pourtant à transformation rapide ! Et quand on connaît les risques de l’à jeun face aux dégâts collatéraux du type d’activités qui s’y exerce…

mag4

Mais autant les modestes dimensions de l’ancien Magasin 4 instauraient un rapport de proximité complice au sein du binôme artiste/spectateur, autant les chevilles ouvrières du new M4 devront ruser ou développer des trésors d’aménagement pour que cette salle ne refroidisse par son relatif gigantisme (une capacité très certainement supérieure à celle de l’Orangerie du Botanique) la bonne humeur qui règne dans des concerts où le nombre de billets vendus n’est aucunement un critère de rapport. En contrepartie, l’acoustique me parut honnête même si j’ai parfois eu l’impression que la sono manquait un peu de souffle et de coffre pour faire vrombir ce hangar sans un seul riverain pour s’en plaindre dans les alentours. Néanmoins l’homme seul de Quinze Petits Points (basse/boîte à rythme) et le trio free rock au saxo givré de Zoft, jouant à hauteur d’un public (au sol donc) qui s’engouffrait par poignées entières, ont eu bien du mal à étendre le rayon d’action de leurs ondes musicales par-delà le cercle de spectateurs les entourant. Premier à fouler la grande scène, K-Branding a livré une prestation soufflante, faisant jaillir des geysers de notes éruptives (et cuivrées) et de dissonances brûlantes entre des digues rythmiques autonomes qui se reconfigurent à chaque instant, et les rediriger avec maestria, vers des canaux proto-mélodiques. Haroun Tazieff aurait adoré ! Autre adepte de la triangulaire, Le Singe Blanc joue l’union sacrée des basses (pas de guitare donc) contre un batteur (mini) bûcheron mais taquin. Les Messins pratiquent la déstructuration douce sur un mode noisy, le hoquet rythmique et spasmodique comme sport quotidien et ajoutent l’onomatopée au nombre des disciplines cérébrales et des plaisirs simples. De quoi ergoter deux heures durant sur les mauvaises influences de Les Claypool (Primus) dont les disques pulvérisaient régulièrement le seuil autorisé de matières grasses.

En tête d’affiche (mais ne leur dites pas), The Ex a joué devant parterre plein comme un oeuf. Si le nouveau chanteur (depuis fin 2008) Arnold de Boer ne peut rivaliser, tant en puissance qu’en âpreté avec le vocaliste d’origine Sok et que les Hollandais affichaient une mine presque trop réjouie (du moins au yeux de certains), la prestation, sur un mode moins empreint de gravité que de coutume avait néanmoins le goût de vraies retrouvailles: généreusement électrifiées, riches en franches accolades, mais sans hypocrite tape dans le dos.

On pointera, pour le plaisir, deux dates : Poutre, Jubilé & Casse Brique pour une soirée noise franco-belge à 5 euros le 21/10, et le strip-tease le plus assourdissant du monde (véridique), tip top un mois plus tard (21/1)1 avec Oxbow et Ultraphallus (rock couillu et poilant) pour un prix modique encore à préciser.

watermaoulin

Le lendemain (4/10), on avait tellement goûté aux grimaces communicatives du Singe Blanc (faut dire qu’on y trouve un très probable vestige vivant de néandertalien) qu’on a remis ça au Water Moulin. Nouveau (et à peu près seul) lieu dédié à la culture alternative dans la région de Tournai et situé au 207, Boulevard Eisenhower, c’est à dire juste derrière la gare, l’endroit ressemble à un corps de logis d’entreprise sobrement réaffecté et convenant parfaitement à des manifestations culturelles qui prennent dès lors un bien sympathique caractère familial. Casse Brique, en première partie, a sorti son joli petit numéro de frères pétard du math rock et, y a pas à dire, même vu de tout près, Singe Blanc, c’est encore plus impressionnant, avec quelque chose d’irrésistiblement drolatique en plus !

On y est loin de s’arrêter à la musique.

Et tant qu’à faire, on se permettra d’ajouter un lien vers cet autre place forte qui tente de faire exister la musique en dehors des circuits archi balisés des habituelles salles de concert. Je n’ai pas plus que d’autres, l’excuse de n’y avoir jamais posé un bout de semelle (de bottine), mais promis, un jour je foulerai (en spectateur/auditeur) les travées du Coliseum de Charleroi !

Parce que depuis une poignée de mois, il fallait se rendre à l’évidence que deux joyeuses auberges musicales bruxelloises qui, chacune de leur côté et selon affinités, accumulaient découvertes, premières et (parfois) piqûres de rappel pour groupes/artistes cultes (plus connus par notoriété que pour leur travail effectif) avaient – pour toute une série de raisons trop longues à relater ici – sérieusement ralenti la cadence question activités. Signalons pour la forme un unique concert (DAAU, déjà sold out) le 21/10 à la La Filature, toujours nichée à Saint-Gilles et que Recyclart (Bruxelles-Chapelle) attend des jours meilleurs en abritant l’une ou l’autre after’ ou concours.

filature

On préfèrera plutôt focaliser l’attention sur deux foyers d’agitation positive qui à eux seuls extirpent le terme café concert de sa tendre désuétude. Situés plein centre (BXL) et à un jet de caillou l’un de l’autre, ils ont tendance à ouvrir leurs volets quand une petite majorité de leurs confrères pense déjà fermer leurs portes et ce qu’on y entend généralement fond sonore rappelle combien la musique est souvent diffusée pour ne pas être entendue…

dada

Entre Grand Place et la Rue du Lombard, le café DADA a presque de quoi filer la nausée au plus coriace des concerts addict. Presque un par soir sans distinction de genre et pour 5 boules au maximum ! Pour s’y être laissé entraîné au moins trois fois ces derniers mois (Papier Tigre & Marvin, K-Branding, Pneu et encore Papier Tigre), on se permettra quelques conseils : coller au plus près des invités du jour pour espérer y voir quelque chose tant le les dimensions de l’endroit sont proches de celles d’une boîte d’allumettes (5 mètres au maximum entre la scène et le comptoir !), et ne jamais oublier que l’avant du café n’est pas une terrasse pour se rafraîchir mais une route comme une autre, avec de vraies méchantes voitures ! Rock n’roll !

dna

A peine plus grand et à une rue de l’Ancienne Belgique, l’incontournable repère des noctambules en mal de décibels, le D.N.A. livre également sa fournée de concerts option boucan/boucan dans une ambiance qui pulvérise avec plaisir barrières public/groupes et pour une somme tout aussi miraculeuse (plafond à +- 7 euros).

Attention, règlement de police oblige, les méfaits commencent presque à l’heure à l’heure !
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Que vos nuits ne soient pas trop douces !

Yannick Hustache

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