Archive | août, 2010

Regards et voix de réalisatrices, une réalité contemporaine, par Muriel Andrin

28 Août

Conférence sur les femmes réalisatrices, en relation avec le Festival du Film des Femmes « Elles Tournent » qui aura lieu du 16 au 19 Septembre 2010.

-> Mercredi 15 septembre de 18h30 à 20h
-> Accès gratuit

Radio Campus diffusera la conférence en direct

Comme en témoigne le cas d’Alice Guy-Blaché, les femmes réalisatrices sont nées avec le Cinématographe, mais peu d’histoires du cinéma ont daigné souligner leur importance vis-à-vis de ce 7ème Art. Depuis les années 70, elles sont devenues de plus en plus présentes (même si toujours marginalisées dans les histoires officielles) et c’est à la fois leur démarche narrative et leur regard filmique qui intrigue et pose question : les films réalisés par les femmes sont-ils différents ? Le regard posé sur le monde est-il, après le militantisme des années 70, encore spécifique ? En tenant compte de l’extrême diversité des approches, des cinématographies et des genres, de Jane Campion à Claire Denis en passant par Kathryn Bigelow, il s’agira de s’interroger sur la réalité contemporaine de ce cinéma singulier.

www.ellestournent-damesdraaien.org/index.php?lang=fr

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Un illustrateur à la Médiathèque de l’ULB, MARC TARASKOFF

18 Août

En près de trente années d’illustrations pour la presse et l’édition, Marc Taraskoff a eu l’occasion de réaliser de nombreux portraits d’artistes : chanteurs, musiciens, comédiens, cinéastes, …

La Médiathèque de l’ULB vous propose de retrouver les images d’une cinquantaine d’entre eux, de Georges Brassens à David Bowie et de Jeanne Moreau à Lars Von Trier, traitées dans les techniques les plus diverses allant de l’acrylique aux crayons de couleurs en passant par le stylo à bille…

Vernissage le 5 octobre, de 18h30 à 20h30, agrémenté d’un concert swing manouche, avec Jean-Claude Salemi et Martin Salemi.

MÉGA-VENTE DE CD’S de 0,20€ À 2€

18 Août

Lors de la JOURNEE D’ACCUEIL DES NOUVEAUX ÉTUDIANTS à l’ULB
Vendredi 17 septembre, de 9h30 à 15h30

Compilateur maniaque en quête de l’introuvable pièce manquante à votre marotte collectionnite connue de vous seuls, renifleur de bonnes affaires en tout genre, curieux en maraude intéressée, badaud en recherche de quelque impulsion musicale salvatrice ou de précieuses madeleines de Proust aux sensations à moitié effacées, nostalgique… des objets culturels « en dur », fétichiste du roulement de CDs s’entrechoquant comme des marées de dominos, ou simple amoureux de rock ou de jazz, sans œillère si possible, s’accordant volontiers un menu plaisir dans l’instant… Accrochez-vous !

Des centaines de disques (+ de 2000 CD) prélevés parmi les trésors insoupçonnés de La Médiathèque seront mis en vente au tarif exorbitant de 0,20€ à 2€ pièce !

La Sélec n°12 – 15 août 2010

17 Août

logo

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Le poster de Bruno Van de Graaf

La version papier en pdf

L’éditorial : vagabondages, plaisance… avec Andrew Kötting

Le sommaire

  • Rock, pop, electro
    • LCD SOUNDSYSTEM : This Is Happening
      Fondé au tout début des années 2000 par le génial producteur multi-instrumentiste James Murphy, LCD Soundsystem s’est taillé une belle part du gâteau musical en près de dix ans d’existence.
    • The BUNDLES : The Bundles
      Pour mémoire, l’antifolk correspond à ce court moment où, à l’aube du nouveau siècle (vers 1999-2001) et en réaction amusée à une tendance musicale de fond qui n’incite pas à la gaudriole (le come-back du folk), une drôle de fratrie un peu branque se fait entendre depuis New York.
    • Mika RÄTTÖ : Polkupyörällä vuokkopenkereelle
      Faisant des infidélités au groupe à géométrie variable Circle le temps d’un album, le chanteur aux talents multiples s’envole en solo au pays des Menninkäinen, Luonnotar et autres esprits bienfaisants, et, ma foi, la balade est décidément bien plaisante
  • Chanson francophone
    • Léonore BOULANGER : Les pointes et les détours
      La jeune Léonore Boulanger a, pour ce deuxième album, de nouveau confié ses textes au talentueux compositeur, guitariste et bassiste Jean-Daniel Botta. Ensemble, ils ont créé onze titres intemporels, hors mode, suspendus entre le rêve et … le rêve éveillé.
    • Nicolas JULES : Shaker
      Musicalement, Shaker affiche la nonchalance d’une « americana » à la française: au trio basse-batterie-guitare lorgnant davantage sur le blues crasseux que sur la joliesse polie d’une chanson française aseptisée s’ajoute l’irrésistible voix grave du chanteur-poète.

  • Soul, blues, reggae
    • FLYING LOTUS : Cosmogramma
      De ce Californien vieux d’un peu plus de 25 printemps, il serait presque déplacé de dire qu’il « est tombé dedans (la musique) quand il était petit » tant son arbre généalogique ploie sous le faste de branches exceptionnelles. Sa grand-mère (de son vrai nom, Marilyn McLeod) a signé quelques jolis tubes de la Motown et sa grand-tante Alice a réussi à se tailler un prénom à l’ombre de ce véritable séquoia du jazz et de la musique du vingtième siècle, John Coltrane.
  • Musique classique
    • Le roman de la rose – Garden of Eros
      Le compositeur hollandais Louis Andriessen (1939) opère une distinction entre ce qui, dans l’écriture musicale, est le reflet de structures données (sociales, politiques, économiques), et ce qui, fortuitement, dénote de son contexte ou le déborde. Cette discrimination, elle-même idéologique, entre déterminisme de contenu et contingence formelle, il n’est pas absurde de la développer, de l’annexer en tant que prétexte à un rapprochement improbable.
    • Leoš JANÁCEK : Œuvres pour piano (1)
      La distance qui sépare un auteur de son œuvre, que l’on se figure semblable à celle qui abstrait le réel de sa représentation, ne subsiste, chez Janácek, que sous forme de traces. Il y a dans sa musique comme une hargne de l’affliction, une faille refermée trop vite, et mal.
  • Musiques du monde
    • Music of Central Asia
      Smithsonian Folkways poursuit  sa magnifique série consacrée à la musique d’Asie centrale, en proposant cette fois un parcours à travers une région qui était autrefois l’empire moghol.
    • FOOL’S GOLD : Fool’s Gold
      C’est sans doute une affaire d’imprégnation en spirale et de curiosité mêlée d’une délicieuse inconscience dans un monde de plus en plus rétréci qui explique qu’une belle troupe de Californiens (douze au dernier recensement !) se retrouve à infuser massivement des polyphonies rythmiques africaines (et dont l’origine se partage entre Congo et Corne de l’Afrique) au point d’être bombardée chef de file provisoire (?) d’un genre (??) encore à définir : l’afrorock.
    • Afro in Colombia
      Comment la Colombie a été un formidable brassage des cultures africaines et amérindiennes. Réédition et retour sur un âge d’or du métissage.
  • Cinéma

    • Lenny ABRAHAMSON : Garage
      C’est un film calme, doux amer, dans les marges, qui déroule sa petite histoire morose sans jamais donner l’impression de flirter avec la tragédie, d’être une question de vie ou de mort. Sous des dehors très basiques, petit train-train d’un pompiste idiot, la narration tisse cette complexité qui, l’air de rien, forme parfois d’étranges nœuds coulants dans le réel.
    • Albert SERRA : Honor de cavalleria
      Si la légende de Don Quichotte ne cesse de nous travailler et de revenir, c’est qu’elle est bien ce que nous montre ce film, celle d’un esprit intranquille, intemporel, qui bat la campagne, ruminant les moyens d’en finir avec le mal et se préparant à l’apothéose définitive du bien. C’est une ambition qui exige que l’on s’y prépare corps et âme dans la retraite et la veille bien plus que par les épreuves chimériques que s’impose le chevalier. Don Quichotte, c’est avant tout un état d’esprit, une névrose utile avant d’être un roman picaresque.
  • Documentaires
    • William KAREL : Mais qui a tué Maggie… ?
      Margaret Thatcher, à la fois la femme la plus admirée et probablement le monstre le plus haï de son époque, a pourtant été élue et réélue avec une fatale régularité entre 1979 et 1990, écrasant sur son passage toute tentative d’opposition à sa politique néo-libérale et ultra-conservatrice.
    • Sarah Moon HOWE : En cas de dépressurisation
      Témoignage et portrait d’une strip-teaseuse, d’une éducatrice psychiatrique, de la mère d’un enfant handicapé, d’une danseuse, d’une femme, toutes en une.

FOOL’S GOLD : « Fool’s Gold »

15 Août

Pour tout l’or du monde : l’Afrique au cœur des musiques Made in USA

FOOL’S GOLD : « Fool’s Gold » – MJ0440

C’est sans doute une affaire d’imprégnation en spirale et de curiosité mêlée d’une délicieuse inconscience dans un monde de plus en plus rétréci qui explique qu’une belle troupe de Californiens (douze au dernier recensement !) se retrouve à infuser massivement des polyphonies rythmiques africaines (et dont l’origine se partage entre Congo et Corne de l’Afrique) au point d’être bombardée chef de file provisoire (?) d’un genre (??) encore à définir : l’afrorock.

Mais pour couper court à toute suppuration de sémantique réductrice (commencée avec le terrible world music qui joue la division Occident contre le reste du monde…) et éviter de décerner des brevets d’authenticité à tout-va (Vampire Weekend : faussaires ?), on fera un rapide détour par les parcours respectifs des deux protagonistes principaux de ce minerai semblable à l’or, la pyrite, appelé là-bas Fool’s Gold. Ainsi, le guitariste Lewis Pesacov a grandi à Miami au contact direct des sonorités des Cubains de l’exil ou des musiques de la Jamaïque avant d’étudier la composition classique et contemporaine, notamment en Allemagne. Et puis, à 25 ans, il réalise que son intérêt pour les couches de rythmes et mélodies superposées l’amène naturellement sur le continent africain. Et sans jamais y poser le pied – Lewis est un enfant de l’Internet et s’est abondement nourri de la manne des rééditions/compilations thématiques telle la série Ethiopiques – il monte Fool’s Gold en compagnie de Luke Top qui, quant à lui, utilise l’hébreu, langue qu’il n’a pratiquée que jusqu’à l’âge de trois ans, les deux complices s’entourant d’un nombre croissant de participants, tous Américains et blancs !

Sans doute parce que dégagé du calcul positionnel et empreint quelque part de cette innocence propre au nouveau venu qui désinhibe et pousse à avancer tout azimut, Fool’s Gold (le disque) est bien davantage une balle de ping-pong «magique» lancée entre les continents qu’un coloriage africaniste appliqué avec bonheur au dessin d’une pop en manque de soleil. L’entrée en matière est imparable. « Surprise Hotel » a l’élasticité d’un soukous (un dérivé de la rumba) congolais; déjà tube sur la toile « Nadine » se réfère aux heures chaudes de l’éthio-jazz (né d’une fusion imposée jazz/éléments locaux) de l’Addis-Abeba des années 1960-1970; « Ha Dvash » est traversé d’un motif blues malien aux ailes déployées; et le conclusif «Momentary Shelter» dont la triple assise instrumentale en hélice et un chant plus marqué illustrent – bien mieux qu’un livre d’histoire – l’exception des Falashas, ces Ethiopiens juifs à l’ascendance reconnue!

On pourra cependant regretter que la répétitivité rythmique appelée mise en place par ce groupe qui utilise le mot « global » à tout bout de champ, demeure constamment « sous contrôle ». Un ou deux départs en vrille, raclements de gorge (le chant parfois lassant) et un nettoyage par sablage (propret « Poseidon », deux remix inutiles) donneraient à ces joailliers malins des airs plus convaincants de baroudeurs versatiles.

Yannick Hustache

FLYING LOTUS : « Cosmogramma »

15 Août

Autre mixité, 2010 : une musique de toutes les musiques par un mec qui sait tout faire

FLYING LOTUS : « Cosmogramma » -KF4706

De ce Californien vieux d’un peu plus de 25 printemps, il serait presque déplacé de dire qu’il « est tombé dedans (la musique) quand il était petit » tant son arbre généalogique ploie sous le faste de branches exceptionnelles. Sa grand-mère (de son vrai nom, Marilyn McLeod) a signé quelques jolis tubes de la Motown et sa grand-tante Alice a réussi à se tailler un prénom à l’ombre de ce véritable séquoia du jazz et de la musique du vingtième siècle, John Coltrane.

Un héritage que le garçon identifie à une impulsion tant sa démarche relève du parcours d’un entêté fonceur qui multiplie les casquettes (producteur, DJ, multi-instrumentiste et pourvoyeur de beats malins…) pour s’accaparer – avec une effarante facilité – d’une zone interstitielle située à la jonction d’un paquet de territoires électroniques pas forcément contigus, mais portant indubitablement son empreinte. En trois albums – 1983 (2006), Los Angeles (2008) et l’actuel Cosmogramma – et un parrainage au sein de la prestigieuse écurie anglaise Warp dès le second, l’Américain s’invente sans avoir l’air de forcer, un idiome musical qui part d’un abstract hip-hop (complexe, virtuose et souvent sans parole) qui n’a pas coupé les ponts de ses origines à une electronica dézinguée, en y perfusant à foison sub-bass maladive (dubstep ?) et bizarreries 8 bits (sons tirés des consoles de jeux vidéo). Le tout ouvragé avec une incontestable sensibilité jazz et construit selon un sens du découpage temporel qui le rapproche de la pop.

Le miracle chez Flying Lotus, c’est que l’on se sent tout de suite chez soi, que tout paraît couler de source, qu’on a l’impression de suivre Squarepusher dans ses délires les plus maniaques depuis un siège en cuir du Cinematic Orchestra ou d’assister en direct à un passage de témoin d’une figure historique de Warp (ex : Amon Tobin) à une autre (le prometteur Gonjasufi).

A cet égard, Cosmogramma délaisse la sécheresse et l’arythmie sophistiquée de son prédécesseur pour s’offrir de nouvelles expéditions électro-acoustiques en mode ludique, voire carrément psychédélique. Les invités se bousculent au portillon mais c’est Ellison (Flying Lotus himself)qui tient fermement la barre. Thom Yorke, admirateur déclaré du bonhomme, fait de « …And the World Laughs with You » un brasier incandescent de mélancolie où se consume le deuil d’une mère qui vient lui être enlevée. Ravi Coltrane est de la revue aussi, mais à l’arrière plan, comme le régisseur d’un théâtre d’ombres jazzy (lunaires « German Haircut », « Arkestry »). Un clin d’œil à tantine (« Drips/Auntie’s Harp ») et une partie de ping-pong avec une voix de fantôme plus loin (« Table Tennis » et la sirène Laura Darlington), voilà notre lotus volant titillé par l’envie de s’amuser un peu. Il perfuse directement du goudron de basse dubstep sous sa techno (« Nose Art »), diffuse un léger parfum disco/soul dans son crunk intersidéral (« Do The Astral Plane ») et se fait sa petite musique de film perso avec harpe céleste et violonades lévitant en plein ciel.

Ce type sait tout faire !

Yannick Hustache

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