Archive | mars, 2011

Balkan Trafik dans votre médiathèque, notre sélection autour du festival

31 Mar

La Médiathèque de l’Ulb vous propose, pour la 4ème année consécutive, une sélection de médias autour du Festival BALKAN TRAFIK!, qui se déroulera cette année les 14, 15, 16 et 17 avril au BOZAR.

Nous aurons aussi le plaisir d’accueillir le 09 avril 2011, deux groupes « labellisés » Balkan Trafik.
Plus d’informations sur ces 2 concerts

Krupnik & Yiddish Tanz, met l’accent sur un répertoire aux sonorités balkaniques et orientales.

Zongora feat Aurel Budisteanu, évolue dans un répertoire aux accents balkan-gipsy. Leur 1er album « Doveriata » sortira en avril 2011.

 

Petite sélection à travers nos collections, d’autres médias (Cd, DVD, Cours de Langue, …) dans votre Médiathèque de l’Ulb :

BOBAN I MARKO: BALKAN BRASS FEST – MU9971
Boban MARKOVIC ORKESTAR
PIRANHA, 2003
LE MONDE EST UN VILLAGE 9- MA0210

Balkan Trafik fête son 5e anniversaire en fanfare

Pas de fête d’anniversaire sans feu d’artifice. La 5e édition de Balkan Trafik ne dérogera pas cette règle. Avec Goran Bregović dans une création unique, le dernier film de Danis Tanović et l’orchestre des Marković, mais aussi avec une croisière festive le long du canal de Bruxelles : le Balkan Boat !

Balkan Trafik : Jeudi 14 > Dimanche 17.04.2011 Palais des Beaux-Arts

Balkan Trafik fête déjà ses cinq ans ! Comme d’habitude, ce festival qui s’étale sur plusieurs jours au Palais des Beaux-Arts nous promet un patchwork de cultures unique en Europe. Du jeudi 14 au dimanche 17 avril, vedettes locales, artistes de la diaspora et créateurs d’ici ou de là-bas se partageront l’affiche pour vous offrir un mélange de musique, films, théâtre, danse et animations de tout le sud-est de l’Europe. Balkan Trafik n’hésite pas à mêler les styles et les genres, de la musique folklorique à l’électro en passant par les meilleurs brass bands du moment et la crème des scènes jazz et rock.

Pour son anniversaire, Balkan Trafik s’entoure des plus grandes pointures : le célèbre Goran Bregović revient avec un projet musical grandiose, Margot, et réalisateur Danis Tanović, le fameux brass band de Boban I Marko Marković et le groupe de rock turc, à la stature et renommée internationale, Duman, seront aussi de la partie. Last but not least, pour célébrer son cinquième anniversaire en beauté, Balkan Trafik a aussi prévu une croisière festive le long du canal de Bruxelles, à bord du Balkan Boat, en guise d’ouverture du festival.

Plus d’infos www.balkantrafik.com

Richard Brouillette, L’encerclement, la démocratie dans les rets du néolibéralisme

30 Mar

L’ ENCERCLEMENT – DVD ­ LA DÉMOCRATIE DANS LES RETS DU NÉOLIBÉRALISME – TL3551

Pochette TL3551.

VO FR. Durée :160′.
LES FILMS DU PARADOXE, 2009.

Où emprunter, détails…

L’encerclement…, malgré son nom, n’est pas le patient décorticage explicatif d’un complot ourdi en coulisses à des fins de domination du monde, mais bien la description du lent cheminement d’une pensée, depuis les lieux obscurs de sa formulation jusqu’à sa complète interpénétration du réel, au point d’être confondu avec lui. Mais c’est aussi le premier jalon d’une réfutation idéologique qui a bien du mal à faire entendre son point de vue !

A priori, le propos paraît austère et un visionnage distrait pourrait laisser filtrer l’idée que ce film a trait à des évènements relevant de la partie gauche de la ligne du temps, celle des histoires, faits et gestes dûment consignés et dont on mesure à peu près de manière consciente les répercutions sur le moment présent. Mais ici, c’est une attention pleine et entière du spectateur qui est sollicitée. Choix du noir et blanc, image « granuleuse », tournage en 16mm, cadrage rigoureux couplé à un montage faussement placide – seulement à rebours de la frénésie « clipesque » devenue la norme télévisuelle de bien trop de reportages d’aujourd’hui – musique pianistique au toucher contemporain, l’austère parti-pris formel adopté par le Québécois Richard Brouillette pour L’encerclement, reflète parfaitement son désir de demeurer rivé au(x) « texte(s) ». Un dispositif, sans voix off ni inserts d’aucune sorte, qui s’en remet au pouvoir (intact) de fascination de la parole en s’épargnant au maximum le recours à des « lubrifiants visuels » (dixit l’auteur), ces images d’archives ou des reconstitutions susceptibles « d’orienter », ou du moins de perturber le sens des interventions des participants d’un documentaire qui fait le pari de l’intelligence de son public. Pas courant !

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L’idée maîtresse de ce film est énoncée telle un postulat démontré et… démonté en dix chapitres. Ou comment l’idéologie néo-libérale, de simple discours économique élaboré au sein d’obscurs cercles intellectuels s’est peu à peu infiltrée dans toutes les strates de la société pour produire une pensée unique à visée globale (mondiale), un « principe de réalité » qui se voudrait à la fois ‘ahistorique’ (Bourdieu) – c’est-à-dire dégagée des contextes socio-économiques particuliers – et autolégitimée, autrement dit, qui possède ce luxe intellectuel de devoir faire l’impasse d’explications sur sa véritable nature ou sur ses origines. Mais se trouve paradoxalement en position de force de s’imposer partout et à tous ! L’allégorie d’Adam Smith « de la main invisible du marché qui tend naturellement à s’autoréguler » est lumineuse, car elle attribue une causalité « naturelle », donc irréfutable, à l’un de ses plus intouchables fondamentaux.

Et c’est davantage à l’idéologie qu’au cours de la bourse que s’attaque L’encerclement. Comment, en se réappropriant le credo libéral originel (des Locke, Ricardo…), mais en le coupant de sa dimension éthique (l’antienne du « bien commun ») au profit d’une supposée « indiscutable efficacité », les adeptes zélés du néo-libéralisme (l’ajout du préfixe lève en outre la confusion avec le « libéral » à l’américaine qui est plutôt un homme de gauche) et au travers d’un réseau complexe d’articulations qui part de « think tanks » (cellules de réflexion, boîtes à initiatives) et transite par le relais de « fondations » généreusement dotées (financées par le privé), pour aboutir aux plus hautes instances politiques, sont partis à l’assaut des esprits et des systèmes économiques de la planète !

Une pensée dont les fondements sont posés dès 1938 (colloque Walter Lippmann) et 1947 (Société du Mont Pèlerin), et qui connaît un premier champ d’application dans les réformes économiques mises en place sous Pinochet dans le Chili des années’70. Privatisation à outrance, mesures anti-inflationnistes et régime forcé des attributs de l’État sont les grandes lignes d’une doctrine étayée par l’école dite de Chicago (le monétarisme de Milton Friedman) et que reprendront à leur compte les Reagan et Thatcher, avant d’intégrer presque «telles quelles» les futurs programmes d’ajustement structurel du F.M.I… Et aujourd’hui, les gouvernements de gauche comme de droite n’ont jamais autant convergé dans le même sens et tentent de conserver à tant bien que mal les faveurs de marchés financiers hyper volatils dont on n’ose à peine espérer – et malgré un krach bousier récent (2008) – une amorce de régulation.

Espace de savoir et de transmission privilégié, le monde de l’Enseignement, au travers de sa réalité québécoise, est montré comme un territoire de conquête (des esprits) qui aiguise les appétits de « généreux mécènes privés » au service (indirect) des entreprises. Une fabrique de « serviteurs du système » comme le rappelle Omar Aktouf, pour souligner que les évolutions idéologiques vont de pair avec maints (ré)aménagements linguistiques.

Et c’est à une patiente déconstruction d’un discours néolibéral tellement sûr de son fait qu’il en devient édifiant (le «libertarianisme» défendu par le directeur du Le Québécois Libre) et cache mal une haine primaire envers l’État, les associations citoyennes et la démocratie (!), contrastant avec une très angélique conception de la libre entreprise que convie L’encerclement. Noam Chomsky, Ignacio Ramonet, Suzan George, (Oncle) Bernard Maris déboulent quelques statues d’une idéologie capitaliste parfois défendue de manière caricaturale (seul défaut du film), au moyen d’un argumentaire certes, désacralisant, mais qui souligne de façon inquiétante la marginalisation de fait de toute pensée critique envers la doxa néolibérale !

Yannick Hustache

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Quelques photos de la présentation d’Archipel du 18 mars 2011

26 Mar

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Mondialisation

24 Mar

C’est une tendance lourde du cinéma documentaire : les films qui essaient d’expliquer la complexité du fonctionnement économique du monde. Sans ce devoir d’explication, comment rester citoyen conscient des enjeux ?

Mondialisation et économie : l’enchevêtrement presque parfait

crisePartons d’une définition communément admise (le terme n’a intégré le dico français qu’en 1964 !) : « la mondialisation désigne le développement de liens d’interdépendance entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l’échelle du monde. Ce phénomène touche la plupart des domaines avec des effets et une temporalité propres à chacun. Il évoque aussi les transferts internationaux  de technologie et de main-d’œuvre ou de connaissances… Il est aussi utilisé pour décrire les changements induits par la diffusion mondiale des informations sous forme numériques sur Internet » (Techno-science.net). Différencions-le du concept faux-jumeaux de globalisation (globalization en anglais) qui peut être compris à la fois comme une extension du raisonnement économique à toutes les activités humaines avec le globe terrestre pour horizon, mais aussi comme une étape située après la mondialisation et qui la dépasserait, caractérisée par une abolition des frontières au sein des réseaux d’échanges mondiaux et un net affaiblissement voire une dissolution des identités nationales. Voilà pourquoi le plus spécifique « globalisation financière » s’est naturellement imposé pour dépeindre la mise en place progressive d’un marché mondial intégré (et donc sans entrave) de capitaux arrivé au seuil de sa réalisation finale.

Un lent mais inexorable processus macro-sociétal qui épouse et repose sur les mutations d’un capitalisme certes évolutif et multiple, mais s’appuyant sur les mêmes sacro-saints principes d’accumulation des capitaux et de recherche de profits, et de propriété privée des moyens de production au sein d’un espace (le marché) où la liberté des acteurs est maximale et le prix, un indicateur vérité. Si les échanges économiques intercontinentaux remontent à l’antiquité, les prémices du capitalisme se développent dans quelques riches cités d’Europe (Bruges) dès la fin du Moyen Age pour connaître de multiples déclinaisons (marchand, foncier, entrepreneurial, financier, monopolistique d’Etat…) aux siècles suivants, à mesure que le monde «connu» gagne peu à peu toute la surface de la Terre. Au XIXe siècle, il prend les atours modernes en « accompagnant » une révolution industrielle féconde en produits manufacturés et d’inventions qui réduisent les distances (train à vapeur, le télégraphe) mais se traduit aussi par des formes nouvelles d’exploitation qui condamnent les masses populaires du Nord à la pauvreté ou à émigrer (vers les villes, en Amérique…) et les populations du Sud à l’asservissement via la colonisation. La réaction s’organise au début du siècle suivant qui, entre guerres mondiales (14-18, 39-45) et périphériques, crises monétaires et économiques majeures (1929, voir La Crise/la grande dépression), et replis protectionnistes, voit la construction d’une entité politique transnationale régie par un modèle économique différent, le bloc soviétique ou socialiste.

Ce repli partiel du capitalisme ne dure qu’un temps et à l’aide de ses nouveaux instruments-serviteurs zélés forgés après 1945 (F.M.I., Banque Mondiale, GATT puis OMC, voir Pas assez de volume et Nos amis de la banque), auréolé d’un discours néo-libéral reformulé et qui se voudrait le reflet d’un certain ordre « naturel » (dérégulation, maîtrise des dépenses publiques, développement des exportations…), dans un monde presque entièrement « décolonisé » et bientôt quitte de sa division en blocs adverses (et ce dès la fin de la décennie 1980), il s’impose bientôt comme doctrine économique à l’ensemble ) d’une évolution technologique sans précédent.

Mais il convient de nuancer. Si pour paraphraser Laurent Carroué, la mondialisation est à la fois – une idéologie (le libéralisme), une monnaie (le dollar), un outil (le capitalisme), un système politique (la démocratie), une langue (l’anglais) – la nouvelle cartographie de la géopolitique économique mondiale souffre de suffisamment de nuances pour que sa critique raisonnée (Le monde selon Stiglitz) se nourrisse d’une pluralité de points de vue qui dépasse la simple indignation catastrophiste et fasse aussi place aux acteurs d’un changement social porteur d’espoir.

Ainsi, d’un point de vue purement macro-économique, la promesse faite au consommateur de payer un prix aussi bas que possible recouvre une double réalité qui place les travailleurs, où qu’ils se trouvent sur le globe, en concurrence les uns des autres, enrôlés sous la bannière peu reluisante du moindre coût, et dont les principaux bénéficiaires (les détenteurs de capitaux), chevillés aux aléas d’une bourse mondiale au tic-tac effréné (l’obsession de rentabilité à court terme), demeurent plus que jamais éloignés des mécanismes de production proprement dits (Turbulences, The Smartest Guys in the Room). Une re-localisation des activités économiques à l’échelle planétaire, qui voient certaines régions pour lesquelles les coûts du travail sont maintenus au plus bas, devenir d’immenses ateliers/zones industrielles/fabriques/cultures (El Ejido, la loi du profit) au détriment d’autres, et dont les marchandises, transportées aux moindres frais, inondent les besoins d’un marché répondant à des spécifications très occidentales. Outre la marginalisation du pouvoir des états, l’affaiblissement des systèmes de protection sociale et les difficultés dans le chef des mouvements sociaux, d’organiser une « riposte efficiente », l’activité économique met à mal les ressources naturelles limitées d’une planète « finie » (l’allégorique La face cachée du pétrole), déjà fragilisée par une réduction de la biodiversité à laquelle elle a, par ses choix – culture intensive, standardisation des variétés végétales (Les tomates voient rouge) et des espèces animales, le recours aux OGM… (Le monde selon Monsanto) – grandement contribué. Et notre consommateur final – nous-même – de se retrouver avec un choix apparent exponentiel qui finalement le confine au « même » (Ces fromages qu’on assassine) dans un cadre éclaté et inintelligible qui distend toujours un peu plus le fil ténu qui le relie à « son origine », La Terre.

decroissanceMais, dans l’hypothétique élaboration d’une alternative économique sociétale (voir Davos – Porto Alegre, Simplicité volontaire et décroissance vol. 1 et vol. 2), ici et là fleurissent au niveau local, et à l’autre bout d’un spectre qui confère à certaines ONG une légitimité internationale et des moyens d’action conséquents et nouveaux (les réseaux sociaux via l’Internet), une série d’initiatives qui battent – un peu – en brèche le scepticisme de cette époque : une coopérative de producteurs de coton (Quand la fibre résiste), le café comme alternative aux cultures de la drogue (Un grain d’équité), la solidarité comme réponse à la crise (Argentinazo) et à la faillite d’une société. Et à la clé, des résultats (Forêt, l’espoir certifié). Un beau chantier.

Yannick Hustache

  • FORÊTS, L’ESPOIR CERTIFIÉ – DVD – JUSTE PLANÈTE – DVD – COMMERCE ÉQUITABLE – DVD – TL5541
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  • LE MONDE SELON MONSANTO – DVD – DE LA DIOXINE AUX OGM, UNE MULTINATIONALE QUI VOUS VEUT DU BIEN – TM5476
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Concert d’accordéon par Manu Comté et ses élèves d’académie – Samedi 09 avril 2011 à 17h00

23 Mar

De Scarlatti à Grieg en passant par Aznavour, Piazzolla et Richard Galliano.

Les élèves en compagnie de Manu Comté nous plongent dans un répertoire vaste et varié (musettes, tangos, créations contemporaines), nous faisant découvrir toutes les richesses de l’accordéon.

Cette heureuse initiative de concert est issue d’un partenariat entre l’académie d’Auderghem et la Médiathèque de l’ULB.


Manu Comté

Passionné par l’œuvre de Piazzolla, Manu Comté est accordéoniste et bandonéiste dans le groupe Soledad, dont la renommée aujourd’hui est internationale. Il est aussi professeur d’accordéon dans les académies de Rixensart, Auderghem et Boitsfort. Il participe à des Mastersclasses de Jazz, avec Richard Galliano en France (1998) et en Italie (2007).Il se consacre également à la pratique du bandonéon sous les conseils avisés d’ Alfredo Marcucci, célèbre bandonéoniste argentin. Son répertoire va du tango nuevo à la musique contemporaine en passant par le jazz et la chanson française.

Samedi 9 avril 2011 à 17h00

Adresse :
La Médiathèque de l’ULB-XL
Bâtiment U
Av Paul Héger (coin square Servais)
1000 Bruxelles (situé sur la Commune d’Ixelles)
Accès gratuit
02/ 647.42.07

Concerts de Krupnik & Yiddish Tanz et Zongora feat Aurel Budisteanu – Samedi 9 avril 2011 à 12h30 & 13h45

22 Mar

Concerts organisés dans le cadre de notre partenariat avec le Festival Balkan Trafik, qui fête déjà ses cinq ans ! Ce festival, qui s’étale du jeudi 14 au dimanche 17 avril au Palais des Beaux-Arts, nous promet un patchwork de cultures unique en Europe.

Nous aurons à cette occasion le plaisir d’accueillir à la Médiathèque de l’Ulb deux groupes « labellisés » Balkan Trafik.

Krupnik & Yiddish Tanz parcourent à toute allure le paysage riche de la musique juive traditionnelle. À l’aide d’un mélange sublime d’instruments acoustiques et électroniques, ils invitent le spectateur à monter sur la piste de danse.

Zongora feat Aurel Budisteanu, évolue dans un répertoire aux accents balkan-gipsy. L’accordéoniste roumain de Bruxelles, Aurel Budisteanu, s’entoure ici des musiciens de Zongora pour un concert festif de musique des Balkans.
C’est aussi l’occasion d’annoncer la sortie du nouvel album de Zongora « Doveriata »  et leur concert au Théâtre Molière le 22 avril ! Un événement balkanique à ne manquer sous aucun prétexte !

Samedi 9 avril 2011 à 12h30 et 13h45

Adresse :
La Médiathèque de l’ULB-XL
Bâtiment U
Av Paul Héger (coin square Servais)
1000 Bruxelles (situé sur la Commune d’Ixelles)
Accès gratuit
02/ 647.42.07

Young God Records : les disques du domaine de Michael Gira

17 Mar

credit Eric Hurtado/Etante Donnes En 1990, les Swans, à la fois formation principale et « extension naturelle collective » (c’est lui qui donne le « la » même si sa compagne d’alors, Jarboe, est d’un apport plus que significatif) de l’Américain Michael Gira, sont à la croisée des chemins. Musicalement, l’énergie cathartique des débuts a cédé le pas à un rock sombre et tendu comme la corde d’un arc dans l’effort, mais où la mélodie a définitivement pris l’ascendant sur le vacarme, et, leur reprise des pas encore sanctifiés Joy Division Love Will Tear Us Apart », absente sur album) attire des majors qui ont pris l’habitude de faire leur shopping dans un milieu underground dont les Swans ont largement fait le tour. Mais l’affaire se passe mal et Gira ne retirera de cette courte escapade dans les méandres du music business qu’amertume et ressentiment, et ce, malgré un beau disque : White Light From The Mouth of Infinity, désarçonnant de quiétude (assassine) pour les fans de longue date.

Il décide donc de publier et distribuer ses disques (ceux des Swans) à compte d’auteur sous la dénomination de Young God Records, intitulé d’un EP paru en 1984 et peut être – sait-on jamais avec ce personnage pince-sans-rire à l’humour sarcastique – la réponse du berger à la bergère au groupe suisse Young Gods qui trouva son nom sur ce maxi désormais mythique.

Gira y sort les disques suivants des Swans (Love Of Life, The Great Annihilator…) jusqu’à leur dissolution en 1996 (Soundtracks For The Blind), rend à nouveau disponible dans une nouvelle et avenante présentation cartonnée (les doubles Body To Body/Job To Job, Children of God/World of Skin) les premiers travaux de son groupe et complète l’archivage discographie de quelques enregistrements live bien sentis (Swans Are Dead). On retrouve bien évidement les albums de son projet collectif suivant maintenant en suspens, The Angels Of Light (We Are Him, How I Loved You…), mais aussi des disques solo rock (Drainland), instrumentaux (la doublette électro-dronesque Body Lovers /Body Haters), une lecture de textes (The Somniloquist) et un LP/CD partagé (What We Did) avec Dan Matz, leader des trop méconnus Windsor For The Derby (qui y ont par ailleurs commis un excellent Difference And Repetition). Car si Young God met aussi de façon ponctuelle sur son site (et aux concerts) en quantité limitée des CD-R et LP maison aux fins de financer les enregistrements ultérieurs du label, Gira a transformé sa petite entreprise en une auberge espagnole d’un éclectisme réjouissant.

phto : Lauren Dukoff Le futur pape folk des néo-hippies, Devendra Banhart y a gravé ses deux meilleures plaques (Oh Me, Oh My… et Black Babies) et une fée trop discrète, Lisa Germano, trouvé un havre de paix discographique (Lullaby For Liquid Pig, In The Maybe World, et Magic Neighbor). James Blackshaw, autre réfugié artistique poursuit ses explorations acoustiques boucle après boucle (Glass Bead Game et le récent All Is Falling) tandis que les prolifiques Akron/Family ont quant à eux quitté le navire Young God après un quarteron de disques rock & psyché (Akron/Family, Meek Warrior, Love Is Simple) et un split en compagnie du « patron » (Akron/Family/ The Angels Of Light).

Ces derniers temps, plus weird folk que jamais, Young God s’est entiché de l’intrigante Larkin Grimm (Parplar), recueille Fire On Fire, nouvelle incarnation à dominante acoustique des ‘cultissimes’ Cerberus Shoal (The Orchad) ainsi que le mystérieux Wooden Wand qui œuvre à présent sans son Vanishing Voice (Death Set).

Du riche et international passé du label, on retient une série de « one-shot » de groupes ou artistes toujours en activité. Un disque en français des insaisissables Ulan Bator (Ego: Echo), le premier long format des Finnois délicats de Mi And L’au (Good Morning Jokers), le 3ème album des crépusculaires Calla (Scavengers) et un effort des Italiens de Larsen (Rever). Et aussi une brochette d’inclassables oscillant entre rock théâtral et chaotique (Private/publi de Flux Information Sciences) et l’une ou l’autre collaboration transversale (Palestine/Coulter/Mathoul : Maximin).

Un panthéon joliment peuplé !

Yannick Hustache

selec15

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