Archive | mai, 2011

Dour 2011, les tickets en vente dans votre médiathèque de l’Ulb

31 Mai

Plus besoin de se risquer prés des grands boulevards du centre ville, préparez votre festival de Dour en toute quiétude et retirez vos places à la Médiathèque de l’Ulb !

PRIX DES PLACES :
Dour Festival -> Pass 4 jours : 101 €
Dour Festival -> Pass 4 jours + camping : 118 €
Dour Festival -> Ticket 1 jour : 51 €

Site web du festival de Dour

«Annecy, festival international du film d’animation, le coffret du 50e anniversaire» (France, 2010, DVD – Chalet pointu)

27 Mai

annecy

Un imposant coffret de 5 DVD regroupant 40 courts métrages d’animation primés qui font davantage que tirer le bilan ou dresserun panorama exhaustif des genres, techniques et écoles,  mais donnent de saines envies de gavage. Sans risque…

À l’origine, le festival international du film d’animation d’Annecy naît comme une espèce de « spin-off » décentralisée du Festival de Cannes sous l’impulsion de trois hommes, André Martin, Pierre Barbin et Michel Boschet. Au départ itinérantes, ces semaines « autour du 7eArt » initialement dévolues au court métrage (et pas seulement d’animation) vont trouver dès la fin des années’50 une terre d’accueil aux pieds des Alpes, à Annecy. Au départ bisannuel, le FIFA (appelons-le ainsi) a lieu chaque année dans la première décade de juin depuis 1998. Il se présente sous deux volets; un versant compétition balayant à peu près tous les domaines de l’animation sur base d’une subdivision en grandes catégories (longs ou courts métrages, films de fin d’études, travail de commande, et/ou à des fins publicitaires…); et d’un marché du film (le MIFA) où se rencontrent les « pros » du genre.

Pour son demi-siècle, le FIFA désirait marquer le coup par la sortie de ce coffret réunissant tous les « primés » entre 1960 et 2009, à raison d’un DVD par décennie, et logiquement, un menu plus chargé pour la dernière, en raison du changement de périodicité du festival. Mais malgré sa longueur (à peu près 6h30) et sa présentation plus « digestive » (il est scindé en deux à la Médiathèque), son visionnage est grandement facilité par sa division en courts et parfois moyens métrages qui s’enfilent à satiété sans que l’ennui ou le sentiment de « déjà vu » aient eu le temps de prodiguer leurs traîtres méfaits !

Premier constat, l’animation est un processus continu de digestion/régurgitation, processus dans lequel toute technique, si désuète ou difficile soit-elle à mettre en œuvre, n’est jamais obsolète pour de bon, et peut revenir dans la foulée ou en regard (en négatif parfois?) d’une autre, inventée elle aussi entre-temps ou remise au goût du jour par le développement de nouveaux moyens et instruments, pas seulement informatiques. Ainsi au fil du temps, au « traditionnel » dessin sur papier ou cellulose, marionnettes, peinture sur papier ou sur verre, figures découpées et/ou pliées, pâte à modeler (…) s’est ajoutée toute la panoplie des procédés de « grattage » ou de « nettoyage » à même la pellicule ou autres types de surfaces, sans parler des immenses ressources et potentialités déjà initialisées par les technologies digitales, par la 3D, etc. Ici plus qu’ailleurs, le futur se construit en relisant le passé (contes, histoires, mythes, légendes, les petites et la grande histoire…), à la lumière d’un présent qui se réinvente au jour le jour. Mais s’il faut tirer un enseignement quelconque du profil type des lauréats successifs, outre qu’ils témoignent d’une diversité, d’une inventivité, et souvent d’une beauté sans pareille, c’est qu’aucun des films récompensés ne souscrit à l’idée toujours idiote de la technique pour la technique ou ne verse dans l’épate gratuite. Si brillants voire virtuoses qu’ils puissent l’être sur un plan purement formel, les «primés» ont toujours une belle histoire à raconter, un « pitch » surprise dans la manche, ou placent délibérément leur technicité au service de l’expression d’une pure émotion (séduction) esthétique. On en a souvent les yeux qui picotent (déchirant Père et Fille de Dudok de Wit en 2001 qui mêle peinture et pixels).

Troisième remarque, l’animation est un remarquable vecteur de critique sociale.

En 1971, Dale Case et Robert Mitchell s’amusent, le sourire en coin avec une indéboulonnable figure patriotique (Autres aventures de l’Oncle Sam), tandis que la même année, Ryszard Czekala aborde frontalement l’univers concentrationnaire dans une Pologne alors sous régime communiste (l’Appel). Une préoccupation présente de bout en bout puisque l’ultime récompensé du coffret (2008) est le Slave des Suédois Heilbronn & David Aronowitsch qui illustre l’odyssée de réfugiés soudanais dans un mélange d’aplats de couleurs/3D qui fait froid dans le dos. Plus léger (mais à peine), sur un mode familial acide et glauque, bien qu’irrésistiblement drôle, le Brother d’Adam Elliott (1999) et Bob’s Birthday de Fine & Snowden (1995), et par ailleurs premiers travaux «courts» d’artistes passés depuis respectivement au long (Mary & Max) et à la (M)TV.

En vrac, on citera aussi l’introductif Le Lion et la chanson de Bretislav Pojar (1960), beau comme un conte d’autrefois; le mystique et psychédélique Après la vie d’Ishu Patel (1978); l’ironique et réflexif Ryan de Chris Landreth (2004) qui fait rimer 3D et tragique lucidité, pour terminer sur deux joyaux aussi éloignés et dissemblables que finalement complémentaires. La maison en petits cubes de Kurio Kato (2008) qui narre une fable lacustre où les souvenirs engloutis remontent au fur et à mesure que s’empilent les étages toujours un peu plus étriqués d’une maison menacée par la montée des eaux. Et le terrifiant Possibilités du dialogue de Jan Svankmajer (1983), qui, en trois chapitres, malaxe pâte à modeler et ustensiles usuels (outils, nourriture, livres…) dans un grand mouvement accéléré de création/agression/digestion/régurgitation, suivi d’un affrontement absurde de bustes joueurs, et s’achève, guidé par l’absurde et le non-sens dans un chaos salvateur. Vertigineux.

Yannick Hustache

ANNECY: 50ÈME ANNIVERSAIRE – 1 – VA0783
ANNECY – ANNÉES 60 ET 70

Pochette VA0783.

CHALET POINTU.

Où emprunter, détails…

LE PAS – VA0783

Piotr KAMLER

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1975, France.

DAVID – VA0783

Paul DRIESSEN

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 1977, Pays-Bas.

APRÈS LA VIE – VA0783
AFTERLIFE

Ishu PATEL

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1979, Canada.

M. PASCAL – VA0783
MR. PASCAL

Alison DE VERE

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1979, Grande-Bretagne.

L’ APPEL – VA0783
APEL

Ryszard CZEKALA

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1971, Pologne.

FRANK FILM – VA0783

Caroline MOURIS

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 1973, Etats-Unis.

LE LION ET LA CHANSON – VA0783
LEV A PISNICKA

Bretislav POJAR

Durée : 16′.
CHALET POINTU, 1959, Tchécoslovaquie.

L’ HOMME VOLANT – VA0783
THE FLYING MAN

George DUNNING

Durée : 2′.
CHALET POINTU, 1962, Grande-Bretagne.

GALLINA VOGELBIRDAE – VA0783
SPATNE NAMALOVANA SLEPICE

Jirí BRDECKA

Durée : 13′.
CHALET POINTU, 1963, Tchécoslovaquie.

LA DEMOISELLE ET LE VIOLONCELLISTE – VA0783

Jean-François LAGUIONIE

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 1965, France.

LE SOUFFLE – VA0783
THE BREATH

Jimmy Teru MURAKAMI

Durée : 4′.
CHALET POINTU, 1967, Grande-Bretagne.

LES CAGES – VA0783
KLATKI

Miroslaw KIJOWICZ

Durée : 8′.
CHALET POINTU, 1967, Pologne.

ARÈS CONTRE ATLAS – VA0783

Manolo OTERO

Durée : 6′.
CHALET POINTU, 1967, France.

AUTRES AVENTURES DE L’ONCLE SAM – VA0783
THE FURTHER ADVENTURES OF UNCLE SAM

Dale CASE

Durée : 13′.
CHALET POINTU, 1971, Etats-Unis.

ANNECY: 50ÈME ANNIVERSAIRE – 2 – VA0784
ANNECY – ANNÉES 80 À 2000

Pochette VA0784.

CHALET POINTU, 1981-2009.

Où emprunter, détails…

RUBICON – VA0784

Gil ALKABETZ

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1997, Allemagne.

PAPILLONS DE NUIT – VA0784
NACHTVLINDERS

Raoul SERVAIS

Durée : 8′.
CHALET POINTU, 1997-1998, Belgique.

WHEN THE DAY BREAKS – VA0784

Amanda FORBIS

Durée : 10′.
CHALET POINTU, 1999, Canada.

BROTHER – VA0784

Adam ELLIOT

Durée : 8′.
CHALET POINTU, 1999-2000, Australie.

LE VILLAGE DES IDIOTS – VA0784
VILLAGE OF IDIOTS

Eugene FEDORENKO

Durée : 13′.
CHALET POINTU, 1999, Canada.

PÈRE ET FILLE – VA0784
FATHER AND DAUGHTER

Michael DUDOK DE WIT

Durée : 8′.
CHALET POINTU, 2000-2001, Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas.

BARCODE – VA0784

Adriaan LOKMAN

Durée : 8′.
CHALET POINTU, 2001, Pays-Bas.

CAR CRAZE – VA0784
DÉLIRE AUTOMOBILE

Evert DE BEIJER

Durée : 12′.
CHALET POINTU, 2003, Pays-Bas, France.

RYAN – VA0784

Chris LANDRETH

Durée : 14′.
CHALET POINTU, 2004, Canada.

THE MYSTERIOUS GEOGRAPHIC EXPLORATIONS OF JASPER MORELLO – VA0784

Anthony LUCAS

Durée : 26′.
CHALET POINTU, 2004-2005, Australie.

HISTOIRE TRAGIQUE AVEC FIN HEUREUSE – VA0784
HISTORIA TRÁGICA COM FINAL FELIZ

Regina PESSOA

Durée : 7′, N/B.
CHALET POINTU, 2005, France, Canada, Portugal.

THE PEARCE SISTERS – VA0784

Luis COOK

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 2007, Grande-Bretagne.

THE TALE OF HOW – VA0784

BLACKHEART GANG (THE)

Durée : 5′.
CHALET POINTU, 2007, Grande-Bretagne.

LA MAISON EN PETITS CUBES – VA0784
TSUMIKI NO IE

Kunio KATÔ

Durée : 12′.
CHALET POINTU, 2008, Japon.

SKHIZEIN – VA0784

Jérémy CLAPIN

Durée : 13′.
CHALET POINTU, 2008, France.

SLAVES – VA0784
SLAVAR

David ARONOWITSCH

Durée : 15′.
CHALET POINTU, 2008, Suède.

THE SANDMAN – VA0784

Paul BERRY

Durée : 10′.
CHALET POINTU, 1991, Grande-Bretagne.

L’ ANNIVERSAIRE DE BOB – VA0784
BOB’S BIRTHDAY

David FINE

Durée : 12′.
CHALET POINTU, 1994-1995, Canada, Grande-Bretagne.

SING BEAST SING – VA0784
CHANTE, BÊTE, CHANTE

Mary NEWLAND

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 1980-1981, Canada.

PREMIERS JOURS – VA0784
BEGINNINGS

Lina GAGNON

Durée : 9′.
CHALET POINTU, 1981, Canada.

POSSIBILITÉS DU DIALOGUE – VA0784
MOZNOSTI DIALOGU

Jan SVANKMAJER

Durée : 12′.
CHALET POINTU, 1982, Tchécoslovaquie.

UNE TRAGÉDIE GRECQUE – VA0784
EEN GRIEKSE TRAGEDIE

Nicole VAN GOETHEM

Durée : 7′.
CHALET POINTU, 1985, Belgique.

EQUILIBRISTES – VA0784
SEITÄNZER

Raimund KRUMME

Durée : 10′.
CHALET POINTU, 1986, Allemagne.

LES COPINES EN SOIRÉE – VA0784
GIRL’S NIGHT OUT

Joanna QUINN

Durée : 6′.
CHALET POINTU, 1986-1987, Grande-Bretagne.

LA FERME DE LA COLLINE – VA0784
THE HILL FARM

Mark BAKER

Durée : 18′.
CHALET POINTU, 1989, Grande-Bretagne.

STRINGS – VA0784
CORDES

Wendy TIBY

Durée : 10′.
CHALET POINTU, 1991, Canada.

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Cheval-Tambour

27 Mai

HUMBLING TIDES – XS843T

STRANDED HORSE

strandedHouse

TALITRES RECORDS, 2011. Enregistrement 2009.

Où emprunter, détails…

Seul ou presque à tenir la bride de son projet Stranded Horse, désormais de sortie sans son « Thee » introductif, Yann Tambour continue de tracer, avec les moyens du bord, de miraculeuses lignes de fuite sensibles entre des parties du paysage musical que l’on pensait sans liens de parenté connus.

Il y a quelque temps de cela, on a vu Yann Tambour, alias Stranded Horse, défendre pied à pied ses fragiles compositions depuis un invisible réduit, dans un coin presque à l’écart d’une brasserie huppée bruxelloise, à une heure de pleine affluence. Le brouhaha et l’indifférence même pas polie d’une grande majorité des « clients » présents ce soir-là n’ébréchèrent qu’à peine l’enthousiasme réservé d’un musicien qui joue et chante assis devant les quelques auditeurs (debout) venus rien que pour lui, retranché derrière les maigres fortifi cations des quelques instruments dont il use à tour de rôle, au sein desquels, outre la guitare acoustique on aperçoit deux variantes de poche de la kora. Instrument à cordes originaire d’Afrique, la kora est une harpe-luth mandingue (régions de l’Ouest africain : Mali, Sénégal, Guinée, Sierra Leone…). Il en existe de diverses tailles, mais la kora se présente généralement comme une espèce de demi-calebasse, creuse et percée de trous, surmontée d’un manche du haut duquel redescendent un certain nombre de cordes, 21 la plupart du temps. On peut en jouer debout, mais il est pratiqué le plus souvent assis, à la façon d’une harpe, avec les doigts, le manche en face des yeux.

A priori, rien ne prédestinait ce Français baigné d’influences electro-pop anglo-saxonnes à emprunter des sentiers musicaux aussi distants de son aire d’imprégnation culturelle. Dans une existence discographique antérieure, sous l’alias d’Encre, Tambour distillait ses humeurs chagrines et constats désabusés dans d’entêtantes boucles où l’organique et l’électronique se mêlaient indiciblement, au carrefour de l’intransigeance corrosive de Programme et du désenchantement atone (parlé-chanté maladif de rigueur) de Mendelson.
Deux albums – st (2001) et flux (2004) et une paire d’Ep’s, dont un live (Common Chord en 2006) plus loin – Tambour remise loops et saturations électriques au placard à souvenirs, fait connaissance avec la musique mandingue et la kora comme on se découvre sur le tard un cousin éloigné dont on se sent instantanément proche, et se mue en un drôle de canasson, certes, malingre (vêtu de peu), mais pas aussi à la dérive qu’une traduction un peu rapide laisserait à penser : The Stranded Horse, littéralement «(toi), le cheval échoué» ! Churning Strides (2007) étonna parce qu’il substituait (enfin) à la vision commune d’une musique occidentale en quête d’exotisme à peu de frais et faisant tranquillement son marché sans demander son reste aux imaginaires singuliers croisés en route et invariablement ramenés à elle, l’idée d’un système transversal de reflets croisés et d’échos ondoyants où chacun demeure chez lui, mais se laisse interpénétrer par l’autre dans une démarche d’échange et de partage ; tous acquis à l’idée que la tradition, c’est avant tout un beau chantier sans date de clôture des travaux ! Et, nulle part dans Humbling Tides (mot à mot : humble marée), deuxième travail d’un Stranded Horse qui s’est délesté en chemin de sa particule « Thee », on ne ressent de coupables prétentions à égaler les maîtres de la Kora, Toumani Diabaté et Ballaké Sissoko – avec lesquels Tambour a tourné et partagé une face de vinyle (tout simplement nommée Stranded Horse & Ballaké Sissoko) en 2008.
De la kora, on n’en trouve même pas à toutes les étapes de ce disque écrit à Bristol (U.K.) et mis en boîte dans la région d’origine du musicien, le Cotentin, qui du coup se met symboliquement à ressembler – chaque face de la pochette de l’album pourrait représenter l’un des quatre éléments – à une lande en friche, à mi-chemin de l’Ouest africain, de l’Angleterre et de la France, où Tambour se donnerait tout le temps d’inventer, presque à l’écart et en toute sérénité, un « isolat » pop ouvert et complet, loin de tout « bricolage » syncrétique arty.
En ouverture, « And the Shoreline it Whitdrew in Anger » plante une mélodie cerclée de jets de cordes cristallines de la kora. C’est beau, contrasté et épuré comme un ciel azuré coiffe un paysage désertique. « Shields » qui lui succède revêt une fine laine de guitare acoustique avant qu’un violon (joué par une Mansfield TYA) ne vienne rediriger la boussole d’un Tambour qui renoue avec sa langue natale le temps « des axes déréglés », où les mots exhibent encore des ecchymoses et hésitations de leur longue incubation. Plus loin dans « le Bleu et l’éther », tel un Bertrand Betsch de front de mer, se contentera d’une diction chantée. Doucement ballottés par quelques ressacs d’arpèges caressés, « They’ve Unleashed the Hounds for the Wedding », ainsi que son successeur, le solennel « Jolting Moon » montrent sans fard leur pedigree « english sixties folk ». Et tant qu’à tailler dans le smog anglais, Stranded Horse en profite pour reformuler à sa guise l’antienne « What Difference Does it Make ? » des Smiths. C’est réussi parce en s’arrimant au spleen et à rien d’autre, et donc un état d’âme (?) universel, Stranded Horse établit de curieuses correspondances en pointillés, en demeurant au plus près de l’émotion première, à l’instant « a » de son expression. En final, sur un instantané d’une dizaine de minutes (« Halo »), le Français offre un ultime instantané de son grand voyage immobile.
La marée est à son maximum. Elle se retirera bientôt.

Yannick Hustache

> Téléchargement sur le site médiathèque : Les oeuvres de Yann Tambour sous le nom de Encre sont disponibles.

Crooner flou : James BLAKE « James Blake »

18 Mai

JAMES BLAKE – XB460Z

Pochette XB460Z.
POLYDOR, 2011.

Où emprunter, détails…

Sensation de saison de l’autre côté de la Manche, le producteur-chanteur encore vert (22-23 ans) James Blake incarne une possible « sortie » du dubstep, genre ô combien insulaire.Un post-dubstep (?) donc, qui délaisse presque partout basses sismiques et échos abyssaux pour des machines tendrement dysfonctionnelles et un piano stoïcien, aux petits soins d’une voix de crooner sans âge, mais à deux doigts de l’effacement (voir pochette). Un organe presque disproportionné sis dans un corps malingre, comme issu d’un greffon Antony ( & The Johnsons) Hegarty/Daniel Lanois, usant des moyens électroniques de déformation vocale pour sonder, Feist (dont il mine le « Limit To your Love ») en est témoin, l’âme d’une soul futuriste, mais pâlichonne.

Yannick Hustache

La Sélec n°16 – 1er mai 2011

12 Mai

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Fil Rouge : Toucher – Matière – Bricolage

Lorsque le premier opus de Playboy’s Bend, le bien nommé Lovetoys, est sorti en mai 2009, personne ne s’attendait vraiment à cela : Xavier Gazon avait alors plusieurs années d’expérience dans les milieux electro underground, mais ce premier album et les nombreux concerts qui en découlèrent permirent au grand public de découvrir le petit monde ultra fermé du circuit bending sous forme de pop synthétique fraîche et entêtante…

Pendant longtemps, le disque vinyle a été le seul support imaginable pour un DJ et le tourne-disque son seul instrument. Aujourd’hui, des versions numériques permettent d’imiter, à partir d’un CD, voire d’un fichier mp3, les techniques de base du platinisme, à quelques exceptions près. Toutes ces techniques ont le même objectif : toucher la matière du son, la manipuler avec les mains…

Madlib c’est l’aventure d’un sampling mosaïque au sérieux penchant psychédélique (sampledelic). Aux platines mais aussi au micro ou encore à la production, depuis ses projets solo jusqu’aux collaborations les plus diverses, il sera depuis une dizaine d’années un acteur important du milieu hip-hop en provenance de Los Angeles.

L’usine est cette évidence du paysage que le regard veut abstraire, intruse, elle épuise l’espace où elle s’évase, indésirable, nécessité tacite. Sa mise à l’écart entraîne celle de ses hommes, les efface à moitié : les ouvriers, l’usine les avale et c’est presque à la dérobée qu’ils oeuvrent, regroupés, renommés masses, bras, voix, sueurs, forces. Pourtant, voici deux documents qui donnent accès à d’autres points de vue..

Difficile d’imaginer le cinéma comme un art direct, tactile, manuel, on y pense au mieux comme un artisanat demandant une certaine dextérité. On peut se satisfaire de cette place ou essayer de donner au film une place unique, qui ne devrait plus rien à personne. Pour cela, il faut renoncer à la narration linéaire, bien sûr, mais surtout il faut s’attaquer à la matière même du fi lm, à ses matériaux, ses instruments. Il faut prendre la pellicule en main et le projecteur à bras le corps.

Suivre le « simple » enchaînement des gestes qui, correctement maîtrisés et enchaînés les uns aux autres, transforment une matière ou donnent
naissance (ou « renaissance ») à un objet c’est déjà presque une histoire, voire un scénario.

L’animation est un processus continu de digestion/régurgitation, processus dans lequel toute technique n’est jamais obsolète pour de bon, et peut revenir dans la foulée ou en regard (en négatif parfois?) d’une autre, inventée elle aussi entre-temps ou remise au goût du jour par le développement de nouveaux moyens et instruments. Ainsi au fil du temps, au « traditionnel » dessin sur papier ou cellulose, marionnettes, peinture sur papier, figures découpées et/ou pliées, pâte à modeler s’est ajoutée toute la panoplie des procédés de « grattage » ou de « nettoyage » à même la pellicule ou autres types de surfaces..

Si l’invention fait table rase du fastidieux et de l’ennui, la cuisine donne accès, entre autres, à la durée. L’invention de la cuisine ne célèbre pas l’exception, elle recherche l’essence de la cuisine. Documentariste et cuisinier amateur, Paul Lacoste connaît cette générosité de l’apprêt, l’attente non pas éprouvante, mais éprouvée, qui est accueil amoureux des aliments pas seulement dans ce qu’ils ont à offrir; saveurs, textures, couleurs, mais aussi dans ce qu’ils sont; fragilité, défauts, blessures.

Comme une seconde nature, l’œuvre d’Anselm Kiefer crée un environnement: textures donnant sur textes donnant sur images donnant sur – quoi au juste ? Un labyrinthe, un nulle part épais de matière et de vide, entre mémoire et imaginaire, individu et collectivité, visible et invisible, verbe et bruit, intelligence et sensation. Calme métal en surface, feu accidenté bouillonnant en profondeur.

Depuis qu’ils existent, les jeux vidéo symbolisent parfaitement l’interaction entre les hommes et les machines. Et si la créativité humaine dans ce domaine n’a jamais été aussi grande, la puissance des processeurs qui donnent vie à ce qui n’est à la base qu’abstraction tend hélas ! à prendre le pas sur l’originalité. Mais , en marge des généralisations aux douces senteurs du « c’était mieux avant », d’irréductibles trouble-fête préfèrent emprunter les chemins de traverse..

Quelques réflexions et interrogations autour de cette grande inconnue qui n’en finit pas de se soustraire à ce que l’on croyait savoir d’elle, par un scientifique et pédagogue dans l’âme, et, qui garde en toutes circonstances, le sens de la formule.

 Hors Fil Rouge :

Jazz

Jacques Coursil, Abdellatif Kechiche, Apichattpong Weerasethakul, Sompot Chidgasornpongse. Chemin de larmes, Vénus et Réincarnation.

John Tilbury s’écarte progressivement du répertoire classique et se rapproche des discours musicaux tentés par l’aléatoire, c’est-à-dire par tout ce qui, du non musical, vient nourrir le musical.

Soul, blues

Charles Bradley découvre James Brown en concert à l’Apollo début des années 1960.

Musique classique

Quelle belle initiative que cette intégrale de l’oeuvre concertante pour violon de Henri Vieuxtemps, grand maître de l’école franco-belge !

Chanson Française

Il y a 20 ans, le 2 mars 1991, Serge Gainsbourg tirait sa révérence. Aujourd’hui, des sorties en tous genres profitent de cet anniversaire tout rond pour effectuer l’opération marketing rêvée. Deux réalisations essentielles méritent une attention particulière car elles fouillent les dessous de cette œuvre majeure qui n’a pas fini d’étonner.

Rock, pop, electro

Seul ou presque à tenir la bride de son projet Stranded Horse, Yann Tambour continue de tracer, de miraculeuses lignes de fuite sensibles entre des parties du paysage musical que l’on pensait sans liens de parenté connus.

Politique de la dette, actualité de la guitare.

Improbable come-back du trimestre, Seefeel (en hibernation depuis 1997) nous rappelle qu’à l’aube des 1990, l’écart entre une électronique tendance glaciaire et un rock shoegaze au poudrage encore très coldwave se mesurait en miles.

Retour du duo avec cette fois une réédition de tous leurs travaux de l’année 2010, plus quelques inédits comptabilisant environ deux heures et demie de musique.

Sensation de saison de l’autre côté de la Manche, le producteur-chanteur encore vert (22-23 ans) James Blake incarne une possible « sortie » du dubstep, genre ô combien insulaire.

 Musique de Films

Tout au long de sa trop courte et néanmoins prolifique carrière, François de Roubaix n’a eu de cesse de se réinventer, apportant ainsi sa pierre au géant édifice qu’est la musique de film.

Cinema

Le film The Social Network raconte la genèse du réseau social le plus utilisé du moment : Facebook. Pourtant, difficile de croire que cet empire sans limites a vu le jour dans une chambre d’étudiants de Harvard. Il faut dire qu’à la base, le projet devait servir uniquement de réseau interne aux étudiants de cette prestigieuse université pour communiquer entre eux, montrer leur profil en vue de rencontres et d’échanges de fluides en tous genres.

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