Archive | juillet, 2011

Fade To Gray – GRAY

29 Juil

GRAY

Pochette KG7147.

SHADES  OF… – KG7147

PLUSH SAFE RECORDS, 2010. Enregistrement 1979-1980.

Où emprunter, détails…

Une étrange (res)sortie dans le flux régulier des arrivages culturels en rapport au travail et au personnage de l’artiste touche-à-tout Jean-Michel Basquiat (décédé en 1988). Un disque composite et incongru : ni hip-hop, ni industriel, ni document sonore, mais un peu des trois à la fois, et, malgré les apparences, un fourre-tout où la private joke ne vient jamais amoindrir un mélange des genres et des époques bien avant la lettre !

Gray est un projet musical monté en 1979 par Jean-Michel Basquiat et le performer artistique Michael Holman, le nom de Gray provenant d’un ouvrage scientifique de référence datant du siècle précédent (Gray’s Anatomy, 1858). D’autres musiciens rejoindront ce duo de base tels Nicholas Taylor et Justin Thyme, ainsi que, brièvement, l’acteur cinéaste (et chanteur) Vincent Gallo dans l’une des ses plus tardives incarnations. Le groupe existe surtout via ses performances live et aucune parution discographique ne semble avoir vu le jour. À l’époque, ses participants étaient perçus par les chroniqueurs comme bizarres – il leur arrivait de pratiquer leur art juchés sur des échafauds – abrasifs, jouant une musique riche d’effets (sonores) industriels, ils développèrent petit à petit leur propre idée du groove, à la fois be-bop et machinique, espace d’oasis de fausse tranquillité (à cette époque, lounge n’était pas encore synonyme de musique d’ameublement).

Malgré quelques rares performances scéniques post-Basquiat, mais aussi parce que l’artiste new-yorkais semble plus que jamais présent dans les esprits (cf. le doc, Jean-Michel Basquiat : The Radiant Child paru l’an dernier) Holman et Taylor publient en 2011, sur leur propre label Plus Safe Records, le premier et probablement l’unique long format de Gray. Au matériau d’origine « réagencé » et toiletté, ils ont ajouté la « performance », découpée en 11 volets répartis sur tout l’album, d’un Basquiat appelant un service téléphonique de prévention du suicide. Sa prestation est jusqu’au bout un modèle d’ambiguïté où l’on ne sait si l’artiste performer s’amuse à se payer de la fiole de l’accueillant en se faisant passer pour fou ou pour un sinistre plaisantin, ou si réellement Basquiat est saisi sur le vif, dans un de ces moments de l’existence où il met en scène ce qu’il ressent tout au fond de lui ?

De même, Shades Of n’est pas que la B.O. d’un bref moment d’ébullition artistique dans la grosse pomme du début des années 80, mais un curieux assemblage hétéroclite qui montre combien New York avait goûté bien avant tout le monde à la saveur des mélanges corsés et a priori contre-nature. La continuité et la cohérence de l’album semblent résider dans le son; électrique et tendu mais cafardeux et mat; à la fois ample et dynamique; et comme enregistré avec l’écho peu rassurant qu’une métropole peut renvoyer au creux de ses nuits les plus noires. Les nombreux samples qui parsèment en sourdine ce disque renforcent ce dispositif. Les titres ont la durée de courtes vignettes, à l’exception de « Drum Mode » dont les 7 minutes sont un quasi-court métrage sonore noir avec battements angoissés, résonnances fantomatiques et grattements de matières inclus. De l’indus artisanal et imaginatif en somme. Dans le même ordre d’idée, on retiendra le bien spiralé « Dan Asher… », « Wig » et ses nappes chargées de plomb qu’on fera écouter, si ce n’est fait, à Dälek ! Et de Hip Hop, il en est question dès le rebondissant « Cut It Up High Priest » flanqué d’un joli « brouillard » à l’orgue. Proche du précédant, « The Mysterious Ashley Bickerton » navigue entre proto trip hop, bossa enfumée et interview bidonnée avec une french girl imbue de sa valeur. Un tour de force.

Pour faire passer la décoction, on appréciera la qualité des nombreux intermèdes (« Pillar Of Salt », « The Man Who », « Gauntlet of Wriggly’s », « Figure It Out For Yourself ») qui trempent leurs archéoboucles électroniques dans un substrat urbain terriblement anxiogène, ou s’étalent pour quelques minutes sur un sofa qui refroidit les sens (« I Know »). Plus loin, on aura encore droit à un titre a cappella qui file les jetons à taper sur tout ce qui se présente au regard (?) des musiciens, à une ritournelle jazzy de printemps (« Mockingbirds »), et, bien évidemment, à une ode consommée à la trépidante agitation des rues de New York (« Life On The Streets »).

Une réjouissante anomalie

Yannick Hustache

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Songwriters dans la brume – TIMBER TIMBRE

27 Juil

TIMBER TIMBREPochette XT523E.

TIMBER TIMBRE – XT523E

FULL TIME HOBBY, 2010. Enregistrement 2009-2010.

Où emprunter, détails…

Kurt VILEPochette XV595U.

SMOKE RING FOR MY HALO – XV595U

MATADOR RECORDS, 2011.

Où emprunter, détails…

Deux disques à la beauté fruste et ombrée qui dessinent en hachuré le portrait de leurs intrigants auteurs. Premières perles (noires) chantées de 2011.

L’un et l’autre ont opté pour un visuel en noir et blanc. Timber Timbre, alias Taylor Kirk ne montre même pas sa tête à l’intérieur du livret et livre ses concerts à l’abri d’épais manteaux de fumée où on le distingue à peine, tandis que les clichés de Kurt Vile semblent extraits d’un album de photos souvenirs d’une jeunesse « slacker » telles qu’on aimait les exhiber du côté de Seattle à l’aube des années 1990, en plein buzz médiatique grunge !

timberTimber Timbre vient lui du Canada (Toronto) et s’est, d’une certaine façon mué en un véritable groupe depuis l’arrivée d’un guitariste multifonction (Simon Trottier) et d’une violoniste (Mika Posen), alors que Kirk fait partie de cette catégorie socioprofessionnelle en pleine expansion dans le rock, celle des batteurs-vocalistes (No Age, Lightning Bolt…). Auparavant, Kirk avait publié deux disques « solo » faits maison et vendus en catimini jusqu’à son déménagement à Montréal et sa signature sur une petite fabrique à disques (il en est à sa troisième !). Et c’est Arts & Crafts (Broken Social Scene…) qui publie Timber Timbre en 2009, plaque qui mettra plus d’un an à traverser l’Atlantique. Entre-temps, le bouche à oreille et le web ayant fait leur œuvre, le nouvel album Creep On Creepin’On arrive pratiquement dans la foulée du précédent…

Franchir le seuil de ce disque, c’est un peu comme mener une enquête où la collecte minutieuse des indices et les filatures incessantes ne conduisent qu’à épaissir le voile déjà bien trouble du mystère d’un personnage, qui malgré nos efforts, maintient fermement la distance. « Bad Ritual » a bien le déhanché branque d’une « croonitude » éplorée de vieux tripot clandestin, mais ici tout flotte (les chœurs, les violons, les accords de piano suspendus) comme si la pesanteur n’avait plus cours. Et l’intermède « Obelisk » d’y ajouter un soupçon d’inconfort diffus avec martèlements rythmiques de chiourme et nuées de cordes glacées. En sus, une note contemporaine du même ordre, vaguement cinématographique, mais travaillée par l’idée d’un instant présent étiré à l’envi, clôt cet album (« Souvenirs »). Entre-temps (« Creep On Creepin », le titre), une guitare ensoleillée et une paire de cuivres auront prodigué quelques rais d’un optimise circonspect. Car même si on a l’impression de comprendre les paroles de Taylor Kirk, on n’est jamais très certain d’en décrypter le sens, et ce, même si le refrain de « Black Water » paraît lumineux : « All I Need Is Some Sunshine… ». Cet amalgame de sentiments contradictoires mélangés, on l’a déjà éprouvé, par exemple, à la vision de la série Twin Peaks. D’ailleurs dès « Woman », les comparaisons de scénarios imaginaires titillent l’esprit. Richard Hawley jouant au laborantin d’une expérience musico-temporelle transversale (« Woman » et son crescendo jazzy cuivré), Leonard Cohen (re)goûtant à la fontaine de jouvence (« Too Old To Die Young »), Angelo Badalamenti taquinant le démon de midi de ses amours perdues par quelques rengaines de son cru…

kurtPour l’Américain originaire de Philadelphie Kurt Vile, la petite histoire du rock semble prendre un soin tout particulier à repasser les plats. Sans aucun lien avec le compositeur allemand Kurt Weill, ce fils de famille nombreuse a fini par fonder un groupe (The War On Drugs) après avoir biberonné aussi bien au blues, au jazz, au classic rock, qu’à John Fahey, ou au rock indie façon Sonic Youth, ou encore Dinosaur Jr dont le leader à la légendaire nonchalance trompeuse, Jay Mascis, paraît avoir servi de modèle de conduite à ce plus très jeune homme (qui doit avoir dépassé les 30 printemps !) à l’entreprenante chevelure (?) protectrice. C’est que, dans l’ombre de ce groupe qu’il finira par quitter en bons termes en 2008 après un unique témoignage discographique (Wagonwheel Blues), l’homme traficote de petites chansons vêtues du minimum nécessaire et gravées sur deux plaques en 2008 (Constant Hitmaker) et 2009 (God Is Saying This to You) qui attireront, conseils de Thurston Moore (SY) aidant, les fins limiers du label Matador (Cat Power) qui éditent Childish Prodigy (2009) avant ce Smoke Ring For My Halo caréné avec des moyens plus conséquents et un vrai groupe, The Violators, pour le magnifier.

Au premier contact, ça ressemble à des hymnes de poche un peu bougons pour ados tardifs et geignards. À la réécoute, au recueil de chansons arrache cœur et solaires le plus bouleversant depuis… C’est qu’il y a chez Kurt Vile une espèce d’esthétique de la limite, du point de rupture. Sa voix d’ourson mal réveillé, comme surpris par un soleil narquois, hante les contours du faux et de la justesse pour s’arroger les atours d’une indéniable séduction qui touche le plus souvent à l’enchantement (« Jesus Fever », « Runner Ups »). Son jeu de guitare, un modèle de concision et d’économie qui dissout les multiples approches (finger-picking, électricité timide) dans une ossature mélodique aussi souple et solide qu’harmonieuse. Et l’Américain de truffer son rock plus psyché rigide que vraiment folk pleureur d’arrangements judicieux et dosés à la perfection. On entend une harpe sur « One Tour », un mellotron sur « Society Is My Friend » avant un final finement orchestré (« Smoke Ring For My Halo », le titre) en toute proverbiale modestie.

On lit ça et là que ce type (et Timber Timbre du même coup) marquerait l’apparition d’une race de songwriters à la fois héritiers de Springsteen, Lou Reed ou Neil Young et fils de l’alternatif indie US des nineties. Pour l’heure, on les préfère en subtils contrebandiers d’une mélancolie en halos de fumée bientôt (?) dissipés par le soleil.

Yannick Hustache

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Scandale dans la famille !

23 Juil

Une sélection de films à regarder en famille, à l’ombre des rayons de soleil d’une improbable canicule ou à l’abri de nos coutumières draches nationales…

° LA MÉLODIE DU MALHEUR
HAPPINESS OF THE KATAKURIS (KATAKURI-KE NO KOFUKU)

Takashi MIIKE

VO JP st.FR. Durée :113′.
DVD, en JP, st. FR.
PATHE, 2001, Japon.

-VM0478-

°BE KIND REWIND
SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ

Michel GONDRY

VO AN st.FR. Durée :102′.
A FILM, 2008, Etats-Unis.

-VS0480-

°LES GRANDES PERSONNES

Anna NOVION

VO FR. Durée : 84′.
IMAGINE FILM DISTRIBUTION, 2008, France, Suède.

-VG0244-

 

°MES VOISINS LES YAMADAS
HOHOKEKYO TONARI NO YAMADA-KUN

Isao TAKAHATA

VO JP st.FR. Durée :104′.
DVD, en FR, JP, st. FR.
TF1, 1999.

-VM1780-

Et beaucoup d’autres à découvrir dans notre médiathèque…

Chilly bear – PANDA BEAR

22 Juil

PANDA BEAR

TOMBOY – XP072C

PAW TRACKS, 2011. Enregistrement 2010.

Où emprunter, détails…

Pochette XP072C.

Parrallèlement à sa contribution au fermentateur à idées musicales constantes d’Animal Collective, Noah Lennox – alias Panda Bear – aligne une poignée de disques qui sillonnent les reliefs floutés d’une pop psychédélique immergée et ourlée en boucle. Chapeauté par l’ex (?) grand explorateur des paradis artificiels, Sonic Boom, l’Américain recourt à quantité d’effets sonores (reverb, echo, filtres…) pour donner à chacun des 11 paliers successifs de décompression résonnante de Tomboy le taux d’humidité approprié à ce salutaire caisson de dérégulation sensoriel. Hip Hop des abysses (« Slow Motion »), chant liturgique marin (« Drone ») ou confession en « claps » majeurs (une marque de fabrique) sur l’introductif « You can count On Me »… présentent Panda Bear en fiston « sauvé des eaux » du zébulon Brian Wilson (Beach Boys).

Yannick Hustache

 

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Rubik’s Mikado – DEERHOOF

20 Juil

DEERHOOF

DEERHOOF VS EVIL – XD293K

Pochette XD293K.

POLYVINYL RECORDS, 2010.

Où emprunter, détails…

 

Après moult années d’agitation sonique et pas mal de chahut consigné sur plaques (ceci doit être leur 10e), le quatuor U.S. à chanteuse japonaise Deerhoof poursuit sa prudente maturation, levant sérieusement le pied sur la saturation d’antan, et maximisant ses appétences pour un paquet de subdivisions de la pop agitée (noise, no-wave…), tout en se baladant largement ailleurs (chant en catalan, mélopées nippones, occurrences brésiliennes). Résultat, des chansons mikado déconstruites ou emmêlées avec dextérité et malice puis remontées avec une bonne dose d’espièglerie bouffonne et savante. Deerhoof n’excelle jamais autant dans son art que quand il s’approche au plus près de l’idée d’une pop song tout autant exotique familière et bâtarde, qu’assimilable… à la 5/9/20ème écoute !

Yannick Hustache

 

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Solde à l’américaine du mois de juillet, des tonnes de médias à partir de 0,50 € ! …

19 Juil
   
Du 01/07 au 10/07 Du 11/07 au 17/07 Du 18/07 au 24/07 Du 25/07 au 31/07
médias à 2€ 1,50 € 1,00 € 0,50 € 0,50 €
médias à 3€ 2,50 € 2,00 € 1,50 € 1,00 €
médias à 5€ 4,00 € 3,00 € 2,00 € 1,50 €

Clic’ avec ta tête

18 Juil

Une campagne de sensibilisation au téléchargement légal mise en place par la Ministre Fadila Laanan.

L’occasion de rappeler que SonOh !, la plate-forme de téléchargement de la Médiathèque, dispose de plus de 700 000 plages et que, depuis le 1er juillet, le téléchargement d’une plage coûte 0,79€ seulement.

A ne pas manquer sur la page d’accueil : une mise en évidence des labels belges qui s’échelonnera sur plusieurs semaines.

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