Archive | décembre, 2011

Horaire de fête : La Médiathèque est ouverte durant les vacances de Noël

23 Déc

Les samedis 24 & 31 décembre nous fermons à 16 heures.

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes.

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Curioso, la formule d’abonnement de la Médiathèque : les nouvelles modalités dès le 1 décembre 2011

9 Déc

*Les nouvelles modalités en italiques et en gras

Curioso vous ouvre les portes de la curiosité !

La formule est idéale pour accéder aux énormes collections de la Médiathèque et satisfaire les  curiosités les plus capricieuses !

Comment fonctionne Curioso ?

Pour 20€, vous pouvez emprunter jusqu’à 40 médias.

Pour 40€, vous pouvez emprunter jusqu’à 100 médias.

Votre Curioso sera valable durant 4 semaines.

Les DVD fiction et les jeux comptent pour 2 unités.

Vous pouvez avoir en prêt maximum 10 médias à la fois.

Pratiquement, comment cela se passe ?

  • Vous êtes membre de La Médiathèque

Il suffit de vous rendre dans la médiathèque de votre choix avec votre carte de membre et d’acheter votre Curioso au comptoir. Vous pourrez emprunter directement. Il est également possible de l’ obtenir en accédant à la page Mon Compte.

  • Vous n’êtes pas membre de La Médiathèque

. Il suffit de vous rendre dans la médiathèque de votre choix avec votre carte d’identité et de vous inscrire au comptoir en spécifiant que vous achetez un Curioso. L’inscription à la Médiathèque coûte 5€ et est valable à vie. Il vous sera également demandé une contribution de 1€ par an pour la rémunération des auteurs. Vous recevrez alors votre carte de membre.Vous pouvez alors emprunter directement

Liste des médiathèques participantes :

 

  • Que se passe-t-il si vous ramenez des médias après la date d’échéance de votre Curioso ?

1. Votre Curioso est expiré depuis moins de 8 jours (calendrier) :
Vous avez le choix :
– Vous pouvez renouveler votre Curioso. La nouvelle échéance sera 4 semaines après l’échéance du Curioso précédent, le nombre d’unités correspondant aux médias en retard sera déduit du nouveau Curioso.
– Vous pouvez payer les indemnités de retard au tarif à la pièce.

2. Votre Curioso est expiré depuis plus de 7 jours (calendrier) :
Il ne sera plus possible de le renouveler, vous devrez alors vous acquitter des indemnités de retard à la pièce, à partir de la date d’échéance.

Des questions ?

Vous pouvez nous envoyer un courriel à lamediatheque@lamediatheque.be ou nous contacter par téléphone au 02/737.18.01.

Vous pouvez également jeter un oeil aux questions/réponses les plus courantes.

Z COMME ZOMBIE

9 Déc

Welcome to zombieland !

Une sélection de films, jeux, musiques, …

Une sélection de films ; sérieux et politiques mais quand même gores ;  gores mais rigolos ; pas si gores que ça finalement ; franchement gores ; si  graves que le zombieland est devenu le nanarland… mais  toujours suffisamment intéressant pour vous concocter un menu qui convienne à (presque) tous les régimes cinématographiques .

Les Films de zombies, ça commence par une petite morsure et ça finit en orgie !

Hommage au batteur-percussionniste Paul Motian

9 Déc

« Paul Motian ne plaisait pas à tout le monde. À ce niveau, c’est le propre des artistes qui ont vraiment un style. Aux antipodes des tâcherons du rythme, il préférait jouer autour de la pulsation, lui donner forme et couleurs. C’est sans doute parce qu’il était aussi compositeur, avec un talent incontestable comme le prouvent ses très nombreux disques en leader de formations aussi originales qu’inventives.

Il fut aussi le sideman des plus grands comme les pianistes Bill Evans, Paul Bley et, bien entendu, Keith Jarrett. Batteur fidèle du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, il n’hésitait jamais à soutenir de nouveau talents, aux USA mais aussi en Europe où il comptait de nombreux amis (comme les pianistes Stephan Oliva ou Enrico Pieranunzi…).

Paul Motian avait fêté ses 80 ans le 25 mars 2011. Il est mort à New-York ce 22 novembre: il était atteint d’une maladie de la moelle osseuse.

Depuis quelques années, il avait décidé de ne plus voyager et restait à New-York. Lui qui avait joué si souvent en Europe ne fréquentait plus ni les scènes ni les studios de notre Vieux Continent. Nombreux furent ceux qui traversèrent l’Atlantique vers les studios new-yorkais pour avoir le bonheur d’enregistrer avec lui (Enrico Rava, Samuel Blaser entre autres…)… »

.::Thierry GIARD::.sur culturejazz.fr

Vous trouverez à la Médiathèque de l’ULB une sélection parmi ses meilleurs albums, à son nom, ou comme batteur dans les projets d’autres super-musiciens, que ce soit avec Paul Bley, Bill Evans, Keith Jarrett, Charlie Haden (avec le Liberation Music Orchestra), Marilyn Crispell, Bill Frisell, Monk… Bonne écoute.

 

La politique de l’horreur selon George A. Romero

8 Déc

En une poignée de films où gore, politique, action et humour trouvent un inattendu point d’équilibre, l’Américain George A. Romero redéfinit la figure du zombie de fond en comble. Une relecture « infectieuse » dont on n’a toujours pas épuisé les multiples interprétations, implications et davantage encore, les infinis prolongements.

George Romero est né à New York en 1940, mais son nom est davantage lié à la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) et à ses environs où ont été tournés bon nombre de ses films. C’est là qu’il fonde en 1967 la société Image Ten avec quelques amis (neuf, dont le scénariste John Russo) dans le but de réaliser des films à petit budget pour lesquels ils n’hésiteront pas à y aller de leur poche !

L’apocalypse est en marche ralentie

Leur premier long-métrage tourné en noir et blanc, La Nuit des morts-vivants sort en 1968. Il s’ouvre dans un cimetière par la visite tumultueuse d’un frère et d’une sœur devant la tombe paternelle. Un « individu étrange » apparaît et cause la mort du garçon et la fuite de la jeune femme qui trouve provisoirement refuge dans un chalet qu’un autre égaré (un noir) va transformer en bastion retranché. Au-dehors, les corps des décédés reprennent vie, investis d’intentions meurtrières. Marqué autant dans sa facture visuelle par l’esthétique documentaire issue du traumatisme de la guerre du Vietnam (cadrage « à l’arrache », caméra à l’épaule), qu’héritier d’un certain classicisme cinématographique des années 1950 ou 1960 (Romero se revendique d’Orson Welles et de Michael Powell), La Nuit… retrouve les accents catastrophés de fin du monde façon Last Man on Earth (1964), mais aussi un peu de l’esprit « potache et grotesque » propre aux productions E.C. Comics (victimes de la censure dès 1955). En vrai pragmatique, Romero présente son film comme une allégorie inspirée de la nouvelle de Richard Matheson (Je suis une légende, adaptée par trois fois au cinéma, voir dossier), autrement dit, une humanité résiduelle, à bout de souffle, incapable de s’adapter à un changement fondamental. Un bouleversement provoqué par la multiplication des morts-vivants ou zombies, ces cadavres animés d’un simulacre de pulsion de vie (on parle ici de « vivacité » et là, de nightréflexe instinctif premier) et dont les fonctions vitales se réduisent à un irrépressible besoin de se repaître de chair humaine, et métaphoriquement de se reproduire (toute morsure, même légère, est une « zombification » annoncée). Il ne peut être arrêté, bien qu’il craigne le feu, que par la destruction du siège de ses fonctions motrices (le cerveau). Sa décrépitude physique et son « intelligence primitive » rendent ses agissements prévisibles, mais les zombies ont tendance à se regrouper en masses mouvantes, soumises à un principe permanent d’expansion et donc impossibles à éradiquer. Mouvement qu’alimente aussi le flux de passés à trépas de façon naturelle qui ne peuvent plus « trouver le repos éternel des corps ». L’origine de cette apocalypse au pas ralenti n’est jamais établie (rayonnements d’un satellite défectueux, un virus, l’enfer « plein »)… mais ce qui importe davantage, c’est que le zombie est un état de fait qui change tout, la marque tangible d’une réalité implacable pour une humanité en sursis.

Et de fait, si la figure décatie et interchangeable du zombie peut sans trop de mal revêtir le masque de (presque) tous les exclus (pauvres, minorités raciales…) de la Terre ou illustrer de façon mordante quelques effets « induits » de la logique capitaliste poussée dans ses ultimes retranchements sur la psyché humaine (voir plus bas), Romero instille, par un subtil jeu de miroirs à peine déformants, les éléments d’une critique sociétale sans concessions, rapidement gagnée par le désenchantement né d’un changement social radical entrevu, mais qui ne s’est pas produit dans les années 1970.

C’est que cette « humanité résiduelle » n’est pas belle à voir. Incapable de s’adapter à la nouvelle donne, elle ne réagit qu’en laissant libre court à la violence ou en continuant à se fier à de vieux réflexes défensifs désormais inopérants. D’où cette introuvable solidarité entre des survivants en sursis qui ont tendance à s’enfermer dans un espace fortifié (motif commun à toute la filmographie de Romero), à veiller jalousement sur des biens désormais sans valeur, ou à retourner leurs armes contre « les leurs ». Dans La Nuit…, l’autorité publique a été déléguée à une meute de rednecks qui dézinguent à tout-va et tuent le seul personnage censé (un noir) du film, unique rescapé d’un assaut zombie qui a par ailleurs englouti toutes les formes représentatives des structures sociales de l’ancien monde : un couple (brûlé) et une famille (dévorée par leur fille).

Zombie, le classique

dawnD’un cinéma fantastique aux effets plus suggérés que montrés, Romero passe à un gore plus explicite aux couleurs vives en 1978 avec un Zombie (Dawn of the Dead aux États-Unis) qui s’attache au périple d’un quatuor dysfonctionnel (trois hommes et une femme) depuis des studios de TV gagnés par la panique d’un monde qui s’effondre, jusqu’à un méga centre commercial qu’ils arrachent provisoirement à des zombies qui y reviennent en nombre, comme stimulés par un réflexe consumériste « inné » plus fort que la mort ! Mais Romero évite le schématisme de la dénonciation anticapitaliste univoque – le cinéaste s’est toujours refusé à une lecture trop interprétative de son travail – et montre combien l’avidité des hommes, combinée à une irrépressible inclinaison à la violence mène à la fois à la « chute » (par morsure) de deux des nouveaux maîtres des lieux et à une attaque orchestrée par une bande de pillards qui s’achève sur un massacre, et ce, même si le film se referme sur une fin entr’ouverte, la fuite des deux survivants (un noir, la femme) en hélico. Zombie peut dérouter par son alternance d’instants de quiétude artificielle (le môle illuminé mais déserté) et des moments de dévoration très explicites auxquels s’ajoutent moult crânes explosés et quelques pincées d’un humour franc, pour le moins inattendu ! Les zombies semblent gagner la partie alors que les vestiges des pouvoirs encore en place organisent le confinement des rescapés ou étalent leur pleine impuissance (à la TV, certains prônent de (se) nourrir les morts-vivants).

Jour des morts-vivants

dayImpuissance qui est au centre du Jour des morts-vivants (1985) où deux factions humaines cohabitent difficilement dans les sous-sols d’une ancienne base militaire en Floride, sans plus de nouvelles d’un monde extérieur qui paraît être devenu un « territoire zombie ». Les soldats attendent des scientifiques qu’ils trouvent dans les plus courts délais, un moyen de contrecarrer la pandémie tandis que ceux-ci, par l’entremise de la figure du docteur « Frankenstein » Logan, tentent de domestiquer les zombies. L’un de ceux-ci, Bub, semble effectivement doué d’émotions et même capable d’apprentissage ! C’est la bonne idée d’un film « fauché » qui trouve sa porte de sortie (après carnage) par ses bornes teintées d’onirisme : il s’ouvre sur un cauchemar et se referme sur une vision paradisiaque. Le personnage central du film est cette fois une femme (Lori Cardille, secondée par un noir) et le courroux de Romero s’abat à présent allégoriquement sur cette guerre froide dont aucun camp ne trouve grâce à ses yeux.

Territoire des morts

landLe politique qui percole littéralement du Territoire des Morts (2005), où une cité fortifiée, une sorte de reproduction miniature de l’ancien monde et de ses travers (corruption, mensonge et division en classes sociales), survit en organisant le pillage systématique du « zombie land » et en agitant le vieux spectre de l’éden capitaliste (la zone centrale, « Fiddler’s Green », réservée à une élite fortunée) au-devant de ghettos de démunis, qui font par ailleurs office de pare-feu à une invasion de morts-vivants. Mais, à sa tête, Kaufman (Dennis Hopper) a du souci à se faire avec les pilleurs autrefois placés sous sa coupe qui lui dérobent « Dead Reckoning », une sorte de train blindé sur roues. Conflit qui sera le détonateur d’une nouvelle marée de zombies qui pour la première fois, offrent clairement des signes d’organisation et de coopération et même la figure d’un leader (Big Daddy, qu’on ne voit jamais « mordre »). Nanti cette fois de moyens à hauteur des ambitions du cinéaste, Land of the Dead est davantage un film d’action horrifique typiquement romerien avec ses scènes de dévoration explicites et ses 1001 manières de se débarrasser des morts-vivants qu’un spectacle explicitement gore et l’Américain fait de plus en plus s‘estomper la barrière vivants/zombies. Ces derniers conservent certains traits grossiers de leur existence antérieure et, une fois « Fiddler’s Green » conquis, laissent pour la première fois filer les rescapés (les pauvres, qui enfin ont eu leur révolution).

Chronique des morts-vivants

diaryRomero fait ensuite une curieuse volte-face en 2008, en tournant les Chroniques des morts-vivants (Diary of the Dead) qui revient rétroactivement sur « la nuit où tout a changé ». Filmé de façon subjective (camera à l’épaule) et chevillé au périple d’un groupe d’étudiants qui réalise un petit film d’horreur fauché puis tente d’enregistrer le chaos et ses conséquences concrètes, Les Chroniques… se veut une critique d’un monde où l’hypermédiatisation rend la vérité toujours plus insaisissable. On n’apprend rien que l’on ne sache déjà sur les zombies si ce n’est que Romero réévalue, chiffres à l’appui, la vitesse de propagation de la contamination à l’aune de la rapidité de l’information sur l’internet. Mais, malgré un humour toujours au taquet (Romero en commissaire de police !), des habituelles scènes de dézingage / morsure (à nouveau sur un mode moins démonstratif) et des figurines féminines au premier plan, il apparaît que le cinéaste évolue à présent dans une logique feuilletonesque recyclant avec habilité un lot habituel de motifs cinématographiques immédiatement identifiables : l’espace cloisonné des vivants, les « hardes » zombies, l’égoïsme endémique des hommes…

survivalMême topo pour Survival of the Dead (Le Vestige des morts-vivants en 2009) qui pourrait être un exemple de western-zombie au départ d’un groupe de militaires à peine entrevus dans le précédent (spin-off ?). Une histoire de rivalité ancestrale entre deux vieilles familles qui s’affrontent sur la question des morts-vivants sur une île aux splendides parures automnales. Un clan veut les abattre et l’autre apprendre à vivre avec eux (en les enchaînant). De facture « romerienne classique », Survival… met en avant un nouveau type de « vivant » (le geek méthodique) et affirme la surprenante gémellité existant entre humain et zombie au travers d’une double figure féminine. Avant de s’achever sur une nouveauté de taille, des zombies ingérant de la chair animale… Affaire à suivre !

Yannick Hustache

À lire :
Collectif (dir. Jean-Baptiste THORET) : Politique des zombies. L’Amérique selon George A. Romero (Éditions Ellipses, Paris 2007)

Pas de repos pour les damnés !

7 Déc

De la BD à la série télévisée

Si l’adaptation télé du comic book de Robert Kirkman s’écarte rapidement sur le plan narratif de son modèle original, il en conserve néanmoins les fondamentaux: un groupe de rescapés qui tente de rebâtir un embryon de société après une apocalypse zombie. Une relecture d’un mythe américain fondateur qui ne s’effraie plus de sa face la plus obscure : la violence.

Devenu au fil des 14 tomes parus à ce jour (première traduction française en 2003), l’un des plus inattendus succès de librairie, surtout auprès d’un public néophyte qui goûte d’habitude peu au comic, au noir et blanc et à la science-fiction option gore, The Walking Dead reprend une situation typiquement « romerienne » et la transpose dans un canevas de type périodique ouvert, la série se poursuivant tant que l’éditeur y trouve son compte. Un policier, Rick Grimes, blessé par balle, se réveille à l’issue d’un long coma seul au sein d’un hôpital en lambeaux et constate que le monde qu’il a connu est « abandonné » et foulé par des cadavres déambulant à la recherche des vivants pour se nourrir de leur chair. Rick retrouve sa femme et son fils, ainsi qu’une poignée de rescapés et ils se mettent en quête d’un espace « préservé », ou qui à défaut de l’être, leur permettrait toutefois un simulacre de vie en société.

wd

Diffusée sur les écrans TV américains en octobre 2010, The Walking Dead est une mini série de six épisodes réalisée par Frank Darabont (La Ligne verte) avec le concours de Kirkman lui-même, chose rare dans la jungle des adaptations BD (l’auteur culte Alan Moore – Watchmen, From Hell – par exemple, refuse que son nom soit associé à des « dérivés cinématographiques »). Alors que le zombie, ici dans sa déclinaison « lente » bien que ponctuellement capable d’accélération, est devenu un motif scénaristique banalisé au cinéma, il est, chez Kirkman et donc dans la série, relégué à l’arrière-plan et structurellement confiné dans les traits d’une créature à « manifestation » spontanée (il sort du néant), interchangeable (faciès purulent rarement caractérisé), implacable (toute morsure fait de vous un mort-vivant) et massive (il est rarement seul), évoluant dans une sombre toile de fond à jamais et partout menaçante. Bien plus, l’Américain s’attache à des personnages « en vie » qui évoluent dans un espace presque entièrement vierge de toute « présence humaine » à la façon des pionniers du Nouveau Monde qui tentaient de se forger un nouveau destin sur une terre inconnue source de dangers. Menace extérieure certes mais aussi et avant tout – et c’est là tout le sel de The Walking Dead – interne. Le mode d’emploi pour qu’un « être ensemble » fonctionne sans trop d’accrocs n’existe pas, et à chaque fois, de puissants courants centrifuges viennent mettre à mal une cohésion sociale fondée sur la seule nécessité d’une survie à tout prix. Réduits à une existence de charognards errant sur les vestiges d’un monde en ruine aux ressources de plus en plus raréfiées, certains survivants se voient obligés (de), ou préfèrent se la jouer solo ou à 2-3, plutôt que de se joindre à un groupe qui, même s’il augmente les chances de survie de tous, risquerait de réinstaurer la primauté de la loi du plus fort dans son fonctionnement ! Tant dans la BD que le feuilleton, c’est parce que Rick est familiarisé avec le fonctionnement des armes – il se trimballe même avec un sac qui en est plein dans le pilote de la série – et apte à faire face au danger, qu’il est tacitement accepté pour un temps comme leader, et non parce qu’il représenterait un reliquat de l’autorité de l’avant-apocalypse zombie. Si dans le comic, il sort rapidement des limites du « héros » politiquement correct, à la télé, il faut attendre l’ultime épisode de la saison1 pour que, de ses doutes et de ses choix discutables, germe la contestation. On peut déplorer que Darabont ait arrondi, voire dilué, la caractérisation des personnages de Kirkman et fait porter la charge de la « face obscure » de l’humanité presque exclusivement sur deux frères chargés de tous les défauts – appétence pour la violence, racisme, absence de pitié – mais, wdparadoxalement « adaptés » à la situation générale, tout en posant les cailloux d’une histoire qui s’inscrit clairement dans la durée, chaque épisode constituant un tout, bien qu’inséré dans la trame d’un récit évolutif. Semblable unité de lieu, dans et autour d’Atlanta pour les deux Walking Dead, mais entame de la période hivernale pour le comic book contre canicule estivale à l’écran. Outre « l’héroïsation » partielle de l’ancien policier, Darabont fait aussi le choix de maintenir en vie l’ancien collègue de Rick, Shane, qui a eu une liaison avec sa femme durant son absence, et qui meurt abattu par son très jeune fils dans la BD. Un évènement qui sert de détonateur à une violence parfois paranoïaque (vengeance, torture, etc.) qui n’épargne presque aucun protagoniste, en particulier Rick, et à laquelle se substitue par contre dans la série, une tension sourde qui conduit certains rescapés aux portes de la folie. C’est aussi cette acrimonie constante entre vivants qui rend menaçantes (à l’égal du « zombie land ») les oasis « temporaires » où échouent le noyau fluctuant de survivants (présenté en page de garde). Une ancienne prison, une ferme, un village fortifié, aucun lieu n’est sûr, ni au-dedans, ni au-dehors…

À ce dispositif « en dur », Darabont préfère la souplesse d’une caravane de véhicules légers cherchant l’Eden, caravane pouvant rappeler celles des conquérants du Far West, mais à l’aune des réalités sociologiques de l’Amérique d’aujourd’hui; avec ses minorités obligées (afro-US, asiatiques) et ses rôles sociaux redéfinis (femmes au premier plan). Les composantes habituelles du folklore zombie (têtes éclatées, scènes de dévoration, corps en décomposition…) sont pour l’essentiel bien utilisées et se doublent de quelques observations inédites (le cerveau d’un zombie au scanner). Bon point en sus de ses nombreux signes d’allégeance au genre, Darabont retarde au maximum l’apparition du premier zombie, tout en semant moult indices morbides l’annonçant.

Yannick Hustache

À lire :
Robert KIRKMAN: Walking Dead (14 épisodes à ce jour en français – Delcourt / Contrebande, Paris 2007-2011)

Découvrez votre Détours n°2 !

7 Déc


Consultez ici la version électronique de Détours n°2 – Décembre 2011

Vous pouvez également la télécharger

 

L’édito d’Isabelle Delaby
°La musique classique c’est épatant

Le Tour de la question
° Rencontre avec Alexandre Tharaud

A écouter, à regarder
°John Fahey

Jacques Duval propose
°Cinq reprises de Bob Dylan

La Sélec
°Z comme zombie

Archipel
°Séance chez le PSI

Revue du web

En famille
°Je me console

L’éducatif à votre service
°Des troubadours d’antan aux slameurs d’aujourd’hui

L’Agenda des activités

Disponible en version papier dans les médiathèques ou en version électronique.

Contact : detours@lamediatheque.be

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