The End, Jorge Torregrossa. Chronique post-BIFFF d’un médiathécaire noctambule

5 Avr

the end

Dommage…

Après les esprits vengeurs et trois mois à peine après une apocalypse pour rire (remember 12/12/2012 ?), on était chauds pour un film de fin du monde en mode espagnol. The End est le premier long-métrage du dénommé Jorge Torregrossa. Côté scénario, ce n’est pas la fontaine de jouvence des idées originales. Le groupe de vieux potes quarantenaire qui se retrouve dans un bled (vraiment) paumé dans la montagne après des années d’ignorance parce que ça ne s’était pas si bien passé que ça à l’époque, on l’a vu des dizaines de fois. Et parmi eux, on s’en doute, une brebis galeuse ou une ancienne victime expiatoire qui va nous mitonner un petit jeu de massacre à somme nulle (s’il ne doit en rester qu’un…) avec une coupable délectation. Mais «le maillon faible », nommé « le prophète » en raison de ses « visions et discours apocalyptiques, manque à l’appel et la petite bande s’entredéchire dès le premier soir, alcools et « élément hétérogène » aidants (la très jeune copine de l’un des personnages principaux, en fait une Escort-girl payée pour jouer rôle). Survient un phénomène inexpliqué, une explosion dans une voûte céleste bientôt méconnaissable qui perturbe le champ électromagnétique et rend toute technologie désormais inutilisable. Le petit groupe tente alors de rejoindre une civilisation où les êtres humains semblent littéralement avoir été effacés de la surface de la Terre et que ses vestiges sont désormais aux mains (aux pattes ?) des animaux, qui ont retrouvé leurs instincts primaux de chasseurs. Un périple qui n’épargnera évidement pas la petite colonie bientôt réduite à sa plus simple expression…

Un premier travail paradoxal que ce The End, film sur lequel on peut buter comme le prendre pour argent (bien) comptant. Un quasi huis-clos « dégressif » (le nombre de personnages diminue tout au long du film sans aucun apport de sang neuf) tourné dans la torpeur d’un été espagnol en montagne. Une apocalypse au ralenti dont l’origine n’est jamais expliquée et les effets la plupart du temps suggérés (les disparitions), et où le danger sourdre depuis le vide et des représentants d’un monde désormais débarrassé des hommes. Un film d’un pessimisme tout relatif puisque The End se termine sur un point d’interrogation moral presque trop gros pour être crédible…

Reste que le film n’est pas exempt de reproches. Si le « prophète » n’est pas mû par l’esprit de la vengeance et poussé à l’action, et que le groupe résiste jusqu’à un certain point au travail de sape des veilles rancœurs jamais digérées, c’est plus parce que le cinéaste n’ose se frotter à l’art compliqué de la dynamique meurtrière de groupe pour se ménager une vraie fin « romantique et fleur bleue », et parce que qui dit « prophète » dit obligatoirement  mythe de Cassandre, cette faculté de prévoir l’avenir (ici la fin du monde) sans être en mesure d’y changer quoi que ce soit …

Si la photographie et la lumière sont superbes, elles masquent souvent une écriture qui peine à rendre les personnages véritablement attachants. De même la réalisation s’avère parfois un peu pataude et chiche de vrais beaux moments de terreur flippante.

A suivre néanmoins.

Yannick Hustache

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