Chronique post-BIFFF d’un médiathécaire (heu, culturopointeur ?) noctambule … La suite.

11 Avr

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A y songer un peu, le danger avec les acteurs « à gueule » (John Malkovitch, Christophe Walken…), c’est ce moment flottant où leur personnage glisse puis s’enferme complaisamment dans une forme de caricature dont ils ne sortent plus guère, comme jetés en pâture à un public complaisant limite monomaniaque. Pour Simon Pegg (Shaun of The Dead, Hot Fuzz…), le stade du radotage semble encore loin tant sa prestation dans A Fantastic Fear of Everything en impose. Ecrivain pour enfants versé dans le roman policier, Jack (Simon Pegg donc) est devenu totalement parano après avoir mené quelques recherches sur les meurtriers célèbres de l’époque victorienne. Depuis il demeure confiné chez lui où absolument tout le terrifie, un couteau de cuisine à la main et à la merci d’assassins imaginaires. Mais un soir d’hiver, sans plus rien de propre à se mettre et parce que son agent littéraire ne lui laisse plus guère le choix, Jack va devoir se confronter à la plus innommable de ses terreurs, se rendre dans lavoir automatique, celui-là même où sa mère l’a abandonné enfant ! Ponctuée d’effets spéciaux qui accentuent encore les effets concrets drolatiques de sa paranoïa toute puissante (Jack rejoue seul la scène de douche de Psychose) dans des décors glauques et embrumés, dignes des vieux S.F. des années 50/60 (ceux de la Hammer en tête), la première partie est un vrai festival de gags hallucinatoires du meilleur effet, qui dénotent avec ses couleurs délavées ou forcées et sa musique bombastique (une grosse tranche de hip hop). Un poil (sale ?) en dessous, la deuxième moitié du film qui a pour lieu d’action principal le fameux lavoir, ne trouve pas complètement son point d’équilibre entre nécessaire rebondissement narratif (Simon dompte sa paranoïa bien avant la fin), l’inévitable ( ?) rencontre amoureuse et un « cliffhanger » qui tombe un peu à plat (sérial killer or not sérial killer ?). Au final Simon Pegg : one point !

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Une nouvelle coupe de cheveux, un stage de flexions zygomatiques en accéléré, l’ouverture d’un compte en Suisse si ce n’est déjà fait… mais please du neuf, car la bobine de cinquantenaire « saligaud mais pas tant que ça » de Tim Roth commence tout doucement à me courir sur le paletot. Faut vraiment faire quelque chose ! Plus à sa place dans un festival du film noir ou policier qu’au BIFFF, The Liability, est une greffe un tantinet maladroite de buddy movie et de road trip meurtrier (quand même !) sur fond de campagne anglaise au sortir de l’hiver. Adam, un grand dadais de 19 ans plus gaffeur que vraiment méchant, est devenu le « beau-fils pas de chance » d’un salaud pur jus (complètement à la masse, sa botoxée de mère ne sait vraiment  pas les choisir…), dont il vient d’expédier la Mercedes haute gamme à la ferraille. Pour le rembourser, Adam est contraint de devenir chauffeur pour Roy dont on devine assez rapidement le véritable métier et les intentions. Evidement les choses ne se passeront pas comme prévu avec l’intervention d’une tueuse (un peu) fleur bleue mais coriace et les innombrables grains de sable qui viennent compliquer l’affaire, mais on s’en doute« révéler » aussi les ressources et le courage inattendus du jeune garçon et l’humanité résiduelle de Roy. Si pour l’originalité, on repassera l’année prochaine, The Liability se fait un peu pardonner pour ses crampes récurrentes au niveau rythme et tension, sa facture visuelle et ses dialogues un peu « putes » (« moi aussi j’ai des répliques qui tuent à la Guy Ritchie »…), et même ses lacunes scénaristiques grossières, par ses incises humoristiques 100 % anglaises et quelques beaux plans d’usines et de parcs éoliens désertés. Pour finir, vous avais-je dit que Tim Roth esquisse un sourire d’au moins ¼ de seconde dans un film presque écrit pour lui. Un exploit !

Yannick Hustache

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