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Downton Abbey : une saga à la sauce british.

22 Déc

Un coup de coeur de Véronique!

Cette saga met en scène la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise, dans les  années 1910.

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Cette série réunit toutes les qualités des productions anglaises : costumes et décors soignés , pas d’anachronismes, excellents acteurs -Maggie Smith y interprète une vielle aristocrate tout en cynisme et distinction- et surtout la description, à travers le quotidien d’une famille de châtelains et sa nombreuse domesticité, de la révolution sociale et culturelle apportée par le premier conflit mondial.

Downton Abbey est disponible à la médiathèque de l’ULB (références : VD0869, VD0913 et VD0914).

Dour 2012 : l’Automne rock

1 Août

Depuis  cette édition 2012 du Dour Music Festival, on commence à mesurer de quelle façon le changement climatique affecte notre bonne vieille météo déjà si capricieuse de nature : une seule saison toute l’année, l’automne !

On pourrait discourir des heures durant de cette fameuse année 2012 et son été de deux ans en avance sur les célébrations du centenaire de la Grande Guerre et le « pittoresque » millésimé de ses joyeux massacres pour rien du tout dans une mer de gadoue… Heureusement, sur ce bout de terre hennuyer il ne tombait « que des trombes de flotte » entre les rafales de décibels et les obus n’étaient faits que de boue, même si quelques petits futés avaient tendance à en renvoyer les éclats plus que de raison, et à mesure que le site se muait en un irréel marécage, ou en une annexe, pose de paille aidant, de la foire agricole de Libramont.

Un couvert nuageux anthracite et des températures dignes d’un 10 octobre qui soulignaient la vulgarité machiste et crasse du Saloon Joe Piler trônant sur le haut de la plaine. Et « plouf » l’effet « djeun » recherché par l’omnipotent brasseur (si peu) belgo-brésilien (surtout), même avec le renfort du fidèle Roger (le Marco Pantani flamand des festivals rock) en invité de marque ! Autre os de poulet  resté en travers de la gorge, l’euro prélevé à chaque transaction électronique qui pour le coup se faisait via un service personnalisé avec de vraies personnes… Merci les banques pour cet anachronisme pécuniaire malvenu !

Pourtant, motivé, on l’était. Pour preuve, on avait le pied dans la place dès le jeudi 12 juillet pour la deuxième moitié du set de Steak Number Eight,qui avait l’honneur d’ouvrir les hostilités du Dour 2012. Du post-hardcore « van Vlaanderen » bien drivé par des gamins qui ont encore quelques preuves à fournir, surtout quand leur machine à riffs poisseux s’aventure à découvert sur des clairières mélodiques, mais déjà lesté d’un goût de « reviens-y ». Ensuite, c’est l’obligatoire ballade de reconnaissance sur un site qui n’a pas trop changé en un an, mais où curieusement aucun panneau d’affichage n’est visible (oubli seulement réparé le lendemain) ! Et il y à quand même sept scènes à répertorier ! On fait une petite pige devant la femmeLa Femme, formation électro-chansonnière’80’s, mixte et frenchy, touché du doigt par une hype démesurée, dont on cherche encore la plus petite bribe d’explication. A peine moins convenu mais pas moins proche de sa date de péremption, le hip-hop latino de Kaer (ex Starflam). On ne voit que trop bien où il veut en venir et tout ce fatras – morceaux sans relief, discours politique convenu, cuivres et instruments « joués » bien en vue, roulements de « r » à l’espagnole et inserts reggae de rigueur  – sent bigrement le sapin d’une kermesse multiculturelle subsidiée ! Puis la flânerie vire à l’indigestion auditive avec Merdan Taplak, une sorte de bami goreng électro world qui produit le même effet ragaillardissant qu’un dürüm grassouillet aux petites heures du matin ! Dès lors, les 20 minutes choppées de School Is Cool et sa pop joliment troussée et enlevée deviennent un vrai moment de légèreté et de bonheur. Que couronne ensuite la très convaincante prestation de Plants And Animals dont le rock acoustique est tel un lâcher de ballons dans un ciel azuré, sauf qu’ici, ce sont de tendres mélodies aux douces teintes mélancoliques qui gagnent le firmament. On ne dira rien de la fille qui porte un ananas sur la tête (Sela Shue) parce que vu de loin, c’est très pro et presque parfait dans l’exécution des chansons mais définitivement pas raccordé à l’idée perso qu’on se fait de la pop et du rock. On se cherche une place à bonne distance pour l’un des évènements les plus attendus de la journée, Caribou, mais le cervidé canadien déçoit à moitié. On s’attendait à un festival pop psyché et avec parade de boucles serpentines, revue de rythmes malicieux et bouquets de mélodies finaudes et on se retrouve avec un concert à la fois démonstratif et autiste, où le groupe semble jouer pour son seul bonheur et a bien du mal à communiquer son entrain scénique à une foule pour le moins dubitative et partagée. Si bien que c’est presque avec étonnement qu’on voit franz ferdinantFranz Ferdinand mettre la Last Arena dans sa poche. Show impeccable de simplicité, énergie bon enfant et une incontestable prédisposition à l’efficacité mélodique instantanée transforment chacune de leurs mélopées en hymne fédérateur et définitif. Mais la pluie se charge de refroidir notre enthousiasme et on atterrit au-devant de Scuba et sa post-dubstep matinée de techno. Inégale mais parfaite mise en bouche pour la prestation du jour, celle de Squarepusher. Déjà remis en selle avec son inespéré dernier album (Ufabulum), l’Anglais, masqué pour l’occasion, offre une époustouflante démonstration d’électro breakbeat génétiquement modifiée, pulsante, métamorphique, roublarde et amoureusement tortueuse. Soutenu par un visuel interactif noir et blanc qui en souligne l’étourdissante complexité mais aussi l’évidente contrepartie ludique. D’ailleurs, en seconde partie de show, l’homme s’empare d’une guitare « préparée »  pour se fendre d’une volée de solos machiniques décoiffants et extraterrestres. Après pareille avalanche auditive et accusant le coup d’une journée bien remplie, on a un peu de mal à s’arrimer au set de Clark, qui laisse de côté les subtilités guitaristiques de son dernier disque pour laisser libre-court à son savoir-faire « warpien ».

La maussade journée du vendredi 13 débute en mode hip-hop avec Doomtree. Cinq gars et une fille du Minnesota qui vont au charbon sans compter. Flow impeccable, propos mesurés et une instrumentation qui, malgré son caractère 100 % enregistré, transpire l’intelligence et l’ouverture (avec une saturation très rock). A contrario, ma deuxième rencontre avec The Inspector Cluzzo revient à boire une bière plate et tiède ou se raconter la même blague pas drôle entre amis deux fois de suite. Une fois balancées les saillies verbales héritées d’une faconde qui a fait leur réputation, le duo s’échine à cacher la pauvreté mélodique et l’absence d’idées propres de leur soul/rock des plus anodins. Annoncé comme la petite merveille du rap Français, 1995 (dites mille neuf cent quatre-vingt-quinze) séduit d’entrée par sa fraîcheur et une certaine positivité de ton mais rame un peu sur la distance. La faute sans doute à une palette instrumentale un rien trop sage et lisse. Partagé entre deux envies contradictoires, on décide de ne pas choisir et d’opter pour un 50/50 Hanni El Khatib/Speech Debelle. Le premier, chéri de ses dames et qui a fait farine au moulin de la hype il y a moins de 6 mois opte pour un show solide et sans fioriture, entre garage soft et rock vintage, mais on attend encore les points de bonification promis par l’insolente notoriété du bonhomme. On vient même à déplorer d’avoir manqué le début du concert de cette petite Anglaise rondouillarde flanquée d’un vrai groupe qui assure toute en souplesse. Hip-hop mâtiné de soul et de rock servant de riche décor à un flow narratif qui donne envie d’en savoir davantage sur ses textes. On s’offre une petite récréation métal. Ca tombe bien, l’élu du jour s’appelle Municipal Waste, héraut d’un revival thrash/core (remmember D.R.I. ?) aussi pêchu que rigolo. A réessayer en  fond sonore de votre prochain jeux (ou film) de massacre de zombies. Et on avait bien besoin de ces vitamines-là pour affronter la  triste descente aux enfers glam rock d’un ex-challenger du punk rock mélodique, Against Me!, à présent suffisamment ramolli pour assurer les lucratives premières parties de The Good Charlotte ! Refroidi par une prestation catastrophique à l’A.B. en juin 2010, on est tout heureux d’assister au regain de forme des vétérans de Dinosaur Jr. Une set-list essentiellement construite autour d’anciens titres mais miracle, Jay Mascis parait enfin conscient de jouer devant un public de « vivants » et le reptile prouve qu’il a encore de beaux restes et un paquet de semi-tubes à jamais préservés de la corrosion. Il y a des personnes décidemment bien choyées par la nature. Annie Clarck alias st vincentSt. Vincent est de celles-là. Physique à l’avenant, guitariste douée au toucher original, auteure de chansons à tiroirs et aux courbures mélodiques surprenantes, la belle sait aussi investir une scène et recadrer instantanément ses joyaux pop taillés pour le XXIème siècle aux contraintes (imposées) de l’instant. Avec en prime, un plongeon final de la diva sur la crête de bras d’un public qui n’en demandait pas tant ! On repart dans le sens opposé et on soupire devant l’affligeant spectacle offert par Ministry, condamné à rabâcher un métal (de moins en moins) indus qui n’a pas progressé d’un saut de puce depuis 13 ans au moins, et à hurler sa colère téléphonée avec la conviction d’un acteur de doublage dans une série B. Sans oublier cet androïde de batteur assoupi sur sa double caisse & pédale. On arrive trop sur la fin pour prendre la juste mesure de l’électro techno classieuse de Pantha Du Prince et ses deux bonnes idées sonores par titre au minimum. Mais on est aux premières loges pour la torgnole du jour, la totale après celle administrée ici-même il y a quelques années par ces mêmes Battles. Enfin presque car le quatuor d’origine est passé trio mais son idiome rock garde cinq ans d’avance sur la concurrence. Resserrée au-devant de grands écrans digitaux où apparaissent les visages des intervenants vocaux (Mat Agayo, Gary Newman…) de leur récent méfait (Gloss Drop) la formation U.S. plus à son affaire que l’an dernier à l’Ancienne Belgique, ne se contente heureusement pas que de faire de la synchronisation sonore de luxe, mais s’offre une nouvelle relecture intelligente, concentrique, burnée et ludique d’un répertoire à chaque fois éprouvé et toujours inusable. Concentrés au point que certains les jugeraient distants, les trois hommes parviennent à offrir un spectacle total qui ravit à égale hauteur les oreilles (quel son !), les yeux (visuels intrigants), et même les neurones à cette heure déjà tardive… Après cette douche intérieure décapante qui apporte un heureux contraste à l’embourbement déjà avancé du site, la prestation électro des méritants Actress passe presque pour un moment d’ennui consommé. Et l’on comprend que le chemin sera encore long avant de retrouver le confort relatif d’un endroit bâché, à soi, et tout à fait à sec…

Bien reposé, et après avoir triomphé d’un parcours bucolique hors-catégorie (paille + gadoue) on se pointe presque à l’heure ce 14 juillet pour brnsBRNS (dites « brains » comme dans les films, Le retour des Morts Vivants I, II et III). Bien que vus, au bas mot, 17 fois cette année, la lassitude n’opère toujours pas et ces chansons aux rythmes multiples, sinuosités mélodiques nombreuses et harmonies contrastées, lestées ici d’un final rythmique ébouriffant, n’en finissent pas d’alimenter un enthousiasme légitime au moment où paraît leur premier long format ! En regard et malgré une presse déjà acquise à leur cause, Poliça a bien du mal à distiller autre chose qu’un ennui poli. Ou quand délicatesse et pop gracile s’évanouissent aussi promptement que le souvenir du jour où le thermomètre indiquait fièrement un bon 25 % sur la Plaine de la Machine à Feu. D’autant qu’à la même heure, les baby rockers de The Bots bluffaient leur monde avec un punk-hardcore né bien avant eux et balancé sans calcul, avec même une part de cette insouciance culottée typiques des nouveaux-venus dans l’arène. Même pas trente printemps à eux deux et certes, une mère qui veille au grain (du bizness), mais le duo guitare/batterie a dans sa besace une belle poignée de mélodies dynamites, sait aussi lever le pied et maintenir sous contrôle son déjà imposant bagage technique. A saisir avant leur passage à l’âge (de l’ennui ?) adulte. Après ça, ce n’était pas vraiment le moment d’aller prêter l’oreille aux facéties synthétiques de Pomrad dont la prestation ressemblait furieusement à une démonstration de matériels sonores de pointe vers 1985 par un vendeur chevronné de type « synth-hero ». Impressionnants de puissance sereine, les Américains de The War On Drugs déploient une classe folle, pareille qu’en salle, pour ré-enchanter un rock sixties psychédélique et le sertir d’un parfum tout à fait actuel. Une réussite doublée d’un bel exemple d’amitié musicale avec la participation du méritant Kurt Vile (ex WoD) sur une paire de titres. On était plutôt adeptes de leur compromis hymnes ado/ adrénaline 100% naturelle, mais étendu à 5 personnes, l’ex trio Nada Surf a pris un sérieux coup de vieux dans les lattes. Un concert qui faisait un peu mal au cœur tant il peinait, malgré le défilé de tubes conviés, à se maintenir au sein de la catégorie du « tout juste acceptable ». Tout le contraire du très occupé David Bejar (The New Pornographers, Swan Lake…) qui, sous son identité de Destroyer a sublimé son très discuté et récent Kaputt. Mélodies calibrées F.M. poudrées d’arrangements jazzy presque indécents pour notre époque (saxo, flute…) et qui deviennent sur scène les meilleurs garants d’un pur moment de sidération pop où le nombre fluctuant d’intervenants (de 6 à 9 !) n’entravait aucunement la pratique de cet art difficile de la nuance et de l’équilibre harmonique. Un écueil un peu traquenard dans lequel Bon Iver s’est laissé mener contre son gré (?). Personnel surnuméraire, décor forestier (?) inapproprié parce donnant à distance l’impression de masquer la scène, mais surtout, un bouquet non éclos de chansons exigeantes qu’une telle exposition au grand air privait de leur part d’intimité constitutive. Dommage. On reprend un peu de force devant les ultimes mesures du Docteur Fatalis du hip-hop old school (mais était-ce bien lui ?), DOOM qui sans se forcer, met encore joyeusement la honte au trois quarts des rappeurs français (et belges) du Dour 2012 avec son flow félin et narratif et des boucles obstinées, jamais puisées deux fois dans le même ravier musical d’origine. Et revoilou vileKurt Vile And The Vilators, cette fois maître du jeu et quitte d’une prestation qui devra graisser quelque peu ses rouages en cours de route, mais dont on conservera finalement un excellent souvenir. Quelques légers soucis de gorge mais toujours pas mal d’enthousiasme, un petit coup de main approprié (WoD qui rendait la politesse), et un solide quarteron de chevelus aux petits soins de quelques-unes des plus addictives ballades poivrées entendues l’an dernier (l’inusable Smoke Ring for My Halo). A cette heure, la plaine ressemble davantage à un marécage nordique parsemé d’îlot fangeux qu’à une étendue boueuse des Flandres et chaque déplacement intra-scène demande un temps sans cesse plus long et une énergie toujours plus grande. Ce qui fait qu’on râle un peu devant le spectacle tristounet du cirque électro-indus de Punish Yourself. En panne sèche côtés visuels et musiques, réduite à ânonner un répertoire monogame et vieillissant, la caravane exhibitionniste évite de peu le camouflet du ridicule consommé. Et comme un malheur ne survient jamais seul, on a la très mauvaise idée d’achever la soirée devant The Shoes. Electro-pop sympatoche sur sillons mais percluse de mauvais tics sur scène. Accent frenchie gênant, mélopées finalement quelconques et un insupportable trio de frappeurs sur tom unique qui la ramène à tout bout de champ, c’est-à-dire tout le temps ! On fuit…

Au lendemain et ultime journée (15/07) d’un festival thalasso (au-dehors) bières (au-dedans) sans comparaison aucune. The K ouvre le bal sonique de pétaradante façon. Noise rock millésimé à la Jesus Lizard/Penthouse carburant à l’urgence et au hoquet rythmique, mais sachant aussi tisser un collet de chansons nauséeuses que ces Liégeois prennent un malin plaisir à resserrer lentement autour de l’auditeur. A revoir en salle. Une priorité que l’on n’accordera pas aux Anglais de Turbowolf dont le rock banal et braillard est un choix dicté par une topographie des lieux qui laisse le choix entre l’option soft, « trempé jusqu’aux genoux » et l’osée « dans la merde jusqu’au cou ». Autre déconvenue, le stoner psyché de Red Fang, bourru sur plaques et zarbi en clips (à 5000 boules pièce), et qui sur planches se charge d’une mauvaise graisse hard rock 70’s des plus indigestes, qu’étale pompeusement son duo d’hurleurs (du dimanche). Si fait que le rap de Sexion D’Assaut en devient tout guilleret. On exagère mais en dehors de sa rhétorique banlieusarde obligatoire et de son numéro d’auto-promo habituel, ce collectif (même pas au complet) hip-hop grand amateur de buzz fracassant ne casse pas trois pattes à un canard, fût-il à capuche ! Du rap « made in France » même pas frileux de passer sur NRJ, bien torché trois morceaux durant mais à la traîne dès le quatrième. Et toujours ce déficit criant d’idées sonores originale dans l’échafaudage samples/sons. On s’offre un ultime rayon de soleil avec chairliftChairlift qui, bien mieux qu’au Botanique cette année et malgré un son déficient, arrive à conférer une seconde vie à ses chansons fragiles aux constructions délicates et aux harmonies diaphanes peu adaptées en ces lieux. Et le charme opère; et pas seulement parce que Caroline Polachek était la seule reine de beauté capable de rivaliser avec Annie (St-Vincent) Clark.

Et dès lors qu’une rapide évaluation des zones corporelles encore sèches conclut à un départ anticipé, on se laisse gagner par l’envie d’un dernier baroud sonique. Et on l’obtient des retardataires Cerebral Balzy, programmés la veille mais perdus en chemin. Quintette blanc/blacks originaire de la grosse pomme versé lui aussi dans ce revival punk/hardcore dont les rangs grossissent à vue d’œil. Mélodies mâchonnées ou scandées du bout de lèvres, accélérations en pagaille et mid-tempo de rigueur, ce hardcore d’avant la contamination métal (début ‘80) a au moins, à défaut d’apporter quoi que ce soit de neuf, la fraîcheur générationnelle pour lui.

A l’année (automnale ?) prochaine…

Yannick Hustache

Photos : Olivier Bourgi. L’artiste est visible par ici: http://www.myspace.com/bourgol

Les éditons Fuzeau à la médiathèque de l’ULB

27 Juil

Venez changer de fuseau horaire sans aller trop loin.
Un choix de CD audio accompagné de livres dans les éditions Fuzeau vous attendent à la médiathèque de l’ ULB.
Un monde de découverte pour le plaisir des petits et des grands.

Jusqu’au 27 septembre 2012

Rachida Brakni, du cinéma à la chanson

20 Juil

On l’a vue comme actrice dans Chaos, L’Outremangeur, L’enfant endormi ou La ligne droite. On découvre une voix sans affectation dans cet album éponyme où l’émotion prime sur la virtuosité technique. Sur des airs composés majoritairement par Cali, Brakni parle de son désir de femme, de sa Terre fatale et des Mille et une nuits «à fixer ce plafond trop haut». Bien malin qui pourrait deviner que les paroles, allusives et parfois mystérieuses, ont été écrites par un homme, l’ex-footballeur de Manchester United, Eric Cantona. (Jamila Taleb)

KINECT SPORTS 2 – XBOX360

20 Juil

Compilation de six sports (golf, tennis, baseball, ski, football américain et fléchettes) jouables tant en solo qu’en multijoueur (en local ou en ligne). Différents modes de jeux sont proposés : parties rapides, mini-jeux et un mode Fête dédié au multijoueur en local.

KINECT SPORTS 2 – XBOX360 – SX5548

Improviser en jazz ? Faites le pas, grâce à la méthode Aebersold

17 Juil

Retrouvez toutes les méthodes Aebersold disponibles à la Médiathèque.

Une partie de ces documents seront disponibles tout l’été à la Médiathèque de l’ULB, profitez-en.

Les méthodes Aebersold, c’est 106 albums proposant pour chaque titre une partition et un enregistrement sur CD qui permet au musicien jazz , de niveau débutant ou intermédiaire, d’improviser sur l’accompagnement trio enregistré (piano, basse, batterie). L’enregistrement est mixé de telle manière qu’il puisse jouer avec ou sans accompagnement : la batterie est au centre, la basse à gauche, et le piano à droite : il suffit donc de couper le canal « right » pour pouvoir jouer sans l’enregistrement du piano si on est pianiste par exemple. Cette méthode a l’avantage, par rapport à certains logiciels, d’avoir de vrais musiciens qui swinguent, et non pas un programme automatique.

Pour chaque volume, il y a une approche didactique expliquée dans le livre. Certains volumes sont dédiés à un musicien (ex: le vol.18 à Horace Silver), d’autres aux principales progressions harmoniques (cfr. l’incontournable vol. 03 avec la progression II-V-I).

Les différents volumes peuvent être étudiés, dans l’ordre, le désordre, partiellement ,… Pour s’entrainer seul, chez soi, c’est une petite merveille. Bien sûr, il manquera toujours l’interaction avec un orchestre en condition réelle, mais les enregistrements sont d’une grande qualité : impeccable pour dégrossir une composition, travailler son harmonie et l’improvisation.Cette méthode pour débutant et niveau intermédiaire convient à tous les instruments; Elle vous permettra de développer votre créativité et vous donnera les clés de l’improvisation. Bon travail et bon amusement.

Les incontournables :

THE II-V7-I PROGRESSION, vol.3 (U 9587)

NOTHIN’ BUT BLUES, vol.2 (U 9586)

Quelques autres titres importants :

Swing Swing, vol.39 (U 9612)

Salsa, vol.64 (U 9638)

Ballads, vol.32 (U 9563)

Bossas Novas, vol.31 (U 9562)

Les Saloons du RocK #1 : Sacred Bones Records un label à se flinguer les oreilles !

22 Juin

Le Label :

Fondé en 2007 à Brooklyn (New York) par le dénommé Caleb Braaten, disquaire de son état, Sacred Bones (littéralement os sacrés) est sans aucun doute l’un des labels qui a fait le plus parler de lui ces dernières années au sein du paysage rock indé. Il est plutôt rare de constater que le très pointu mensuel musical anglais The Wire et le plus pragmatique hebdo américain Billboard (magazine consacré à l’industrie du disque U.S.) ont, pour une fois adopté une position commune en 2011 en lui reconnaissant le titre de « meilleur label ». Titre qui en son temps a échu à des labels tels que Factory, Touch & Go, 4AD, modèles de réussite artistique avoués pour Braaten. La petite société emploie aujourd’hui huit personnes (patron inclus) et fait feu de tout bois en sortant aussi bien des 7 inches (45 tours), des EP que des CD et LP d’artistes en activité, que de rééditions d’albums devenus introuvables. Dernièrement, SB, a profité de l’aubaine d’un remix de Zola Jesus (distribué en Europe via un autre label) par David Lynch pour obtenir l’autorisation de republier la B.O. de son premier film Eraserhead. Et au menu des productions un peu à part figure une compil des travaux de The Cultural Decay, premier groupe du Belge Luc Van Acker (futur Revolting Cocks, Anna Domino…) !

Sans l’imposer aux groupes et artistes qui travaillent avec lui, le label a adopté une charte graphique immédiatement identifiable et commune à la plupart de ses sorties. En haut à gauche, le logo/symbole représentant un serpent/dragon qui se mange la queue, la tête tournée vers la droite, enroulé autour d’un triangle équilatéral ou d’une pyramide. Au niveau symbolique, ce signe est le plus souvent associé à l’image d’une nature qui perpétue son cycle indéfiniment. Le triangle présentant une infinité de significations symboliques parfois contradictoires selon les cultures, on pourrait faire l’hypothèse que c’est dans une lecture en tant qu’élément de stabilité qu’on cherchera, sans trop insister, le (bon) sens. Et de là tirer la conclusion logique d’une triple association intitulé/serpent/triangle qui reflète en quelque sorte la philosophie maison: perpétuer l’esprit d’un certain rock pas encore tout à fait prêt à disparaître ! Dans le coin supérieur droit s’affiche le nom du groupe en caractères gras, Juste en dessous, le titre du disque dans une police légèrement moins grande, et placé encore en-dessous, l’année de sortie dudit album. Ces quelques infos, placées dans le quart supérieur des pochettes sont à chaque fois bien séparées des motifs graphiques choisis (photo, dessins…), motifs qui semblent préférer le noir et blanc aux couleurs. Enfin, remarquable de sobriété, le dos reprend en petits caractères ces même renseignements, le logo du label, augmentés des titres des morceaux et du matricule commercial, consigné dans une étroite bande verticale.

Le label est distribué exclusivement par le cartel Secretly Canadian (dont Here We go Magic est la récente et remarquable dernière sortie) sur le sol américain et une partie de ses artistes sort en Europe via d’autres labels. A ce titre, Zola Jesus, dont les deux derniers disques constituent les deux plus gros tirages de S.B. aux U.S.A. paraît chez Souterrain Transmissions, fondé par d’anciens employés de chez Touch & Go…

Sacred Bones propose évidement un catalogue varié et sans doublon notable, mais on peut sans trop d’efforts de mémoire tirer quelques grandes lignes de forces qui immanquablement conduisent à quelques marottes musicales : The Velvet Underground, The Birthday Party (1er groupe notoire d’un certain Nick Cave), Suicide, Spacemen 3, Joy Division, Sonic Youth Hüsker Dü… Du psyché, du garage ténébreux, du post-punk, du shoegaze, du blues hanté, des synthés bricolés et contrariés, du gothique « vintage », les sous-genres s’y côtoient, s’y bousculent et s’hybrident souvent pour le meilleur, même si l’écurie ne semble pas encore avoir déniché la perle qui marquerait le début de quelque chose, (le nouvel Animal Collective par ex), les prémices d’une ère musicale nouvelle (qui n’existe peut-être pas), pour se « contenter » d’un catalogue de fortes personnalités et au pedigree certes lisible mais parfaitement raccords à l’époque où ils vivent. L’érudition classieuse en lieu et place de la nostalgie, c’est presque un péché de nos jours…

Parmi la petite quarantaine de groupes qui ont un moment fait partie du catalogue SB, voici une liste non-exhaustive et sans hiérarchie qualitative aucune de quelques individualités dont certaines méritent amplement l’appellation de perles (presque) cachées.

Des disques :

1: Human Eye: They Came From The Sky. 2010 (XH891F)

3ème  album pour ce groupe originaire de Detroit et mené par un  Timmy Vulgar (ex Clone Defects) qui, comme pas mal de natifs de son pays attend de pied ferme l’arrivée des aliens, textes et références à l’appui (des comic-books d’horreur semi-clandestins au cinéma de science-fiction et d’horreur fauché des 50’s). Un rock hallucinatoire et givré, qui sonne comme la collision d’une comète psychédélique à très longue traîne contre un sol pollué, encore bien imbibé de pré-punk millésimé à la Stooges/MC5. A l’arrière des guitares fuzz et d’une voix toujours délirante on peut entendre un saxo free dans ses basses œuvres. Un disque que le Julian Cope doit ouvertement  jalouser, et à conseiller à ceux qui ont la chance de passer leurs vacances près d’un observatoire astronomique ou encore, qui attendent impatiemment l’apocalypse du 21/12/2012, histoire de bien se marrer.

2: Slug Guts: Howlin’ Gang. 2010 (XS500X)

Des Australiens sapés comme des corbeaux un jour de rapine et planqués derrière un patronyme peu avenant (littéralement, les entrailles de la limace). C’est leur second ou troisième album, enregistré avec des moyens de fortune. Post-punk raide et glauque dont la boussole indique fièrement l’aube des années 1980 à la place du Nord. Les guitares carillonnent ou zèbrent l’atmosphère telles des halos de lumière froide et crue, la basse martèle le sol avec conviction et le chant rappelle immanquablement le grand frère Nick (Cave). Une mauvaise graine qui n’aurait connu que le ciel bouché de l’Angleterre mais se serait pareillement gavé de blues et de rockabilly américain antédiluvien. Le fantôme des Cramps plane parfois. Un Cramps à la libido inexistante et rejoué par des garçons aux idées sombres dont le défaut principal est la trop grande monotonie dans une écriture écriture sans coup d’éclat notoire (tel un single qui tue).

3: Cult of Youth: Cult of Youth 2010 (XC952K)

Pas si éloigné du précédent par ses humeurs tout aussi peu enjouées  mais prenant ses distances avec lui par un chant à l’expressivité désespérée, Cult of Youth est le projet du newyorkais d’adoption Sean Ragon, Une tonalité clairement folk, à nouveau drapée dans une noirceur palpable mais emportée d’une voix puissante, limite hantée, et qui renvoie par moment au dark folk des controversés Death In June au milieu des années 1980. Le groupe marrie à la perfection d’évidente  citations à d’obscurs combos oubliés de l’ère post-punk (Sad Lovers & Giants) et anomalies locales plus récentes (feu l’orchestre Cerberus Shoal). Ragon tire parfois son martial Cult Of Youth jusque dans les cordes d’une certaine emphase héroïque  mais s’en tire toujours avec panache. Après la défection de la  jeunesse sonique (Sonic Youth), serait-ce l’heure du culte ?

4 Psychic Ills : Hazed Dream (2011) XP924N

3ème disque (le premier pour S.B.) de ce trio newyorkais adepte d’un psychédélisme à l’horizontale, presque totalement étranger à l’idée d’emportement, fut-il sonique. Par rapport à ses travaux précédents, le groupe a resserré sa ligne de conduite, flirtant ouvertement avec le format pop (aucun titre de plus de 5 minutes), et rappelle parfois dans son détachement « spleenétique » les chansons les plus apaisées de Spiritualized ou du Brian Jonestown Massacre. Voix éthérées, réverbérées ou noyées dans les vapeurs d’un quelconque paradis chimique perdu, guitares brumeuses et discrètement enveloppantes (matinées de relents shoegaze), percussions atones mais à la frappe précise; et un orgue ( ?) paré de tous les attributs relevant de  trous les mécanismes d’envoutement répertoriés. Mais à y glisser une oreille attentive, on décèlera ici (une mélodie plus affirmée) et là (un harmonica discret) quelques incursions bienvenues du côté d’un folk ensoleillé et pastoral. Un réveil tout en douceur ?

5 Religious Knives : Smokescreen  (2011) XR387Q

Nouvelle incarnation des anciens Double Leopards (2 disques à la Médiathèque), Religious Knives est surtout l’affaire du duo Michael Berstein, Maya Miller, bien que le groupe compte aujourd’hui un noyau stable de quatre personnes. Ce troisième album (et 1er pour S.B.) creuse lui aussi son sillon incurvé en terrain psychédélique mais avec une toute autre démarche musicale que certains qualifient d’expérimentale. Bien que plongées en permanence dans un brouillard d’échos réverbérés et d’effets sonores mêlés de saturations, les voix mixtes des deux leaders conservent une signature post-punk indéniable, entre désespoir fièrement embrassé et colère froide, que ces coutelas religieusement affutés densifient autour de percussions tribales frappées avec force et conviction. Constellé de boucles sonores et joué parfois  la peur au ventre, ce rock oscille constamment entre une l’extase prolongée d’un rite païen et l’angoisse d’un retour à la réalité après un long sommeil d’origine lysergique.

6 : Amen Dunes: Through Donkey Jaw (2011) XA436O.

Projet d’un seul homme, Damon McMahon, Amen Dunes est l’auteur de longues complaintes elles aussi d’obédience psychédélique, mais aux références 60’s davantage perceptibles (Syd Barrett, 13Th Floor Elevator). Voix fragile et régulièrement incantatoire mais toujours auréolées de profonds échos, guitares imbibées d’effets, claviers discrètement enveloppants et percussions à peine esquissées tracent de lentes, étranges et sinueuses mélodies qui prennent parfois de longs détours instrumentaux (quelques solos de plusieurs minutes). Fascinant mais peu préhensible, ce rock ressemble parfois à la manifestation du désir d’un homme solitaire d’entendre une musique qu’il ne trouve nulle part.

7 : The Men Leave home (2010) XM438 et Open Your Heart (2011) XM438Y.

Anciennement affiliés à la scène punk newyorkaise, les quatre spadassins de The Men ont fait un bond créatif stupéfiant en signant sur Sacred Bones dont ils sont devenus l’une des incontestables figures de proue. Groupe qui a tourné son handicap premier de ne savoir quel courant musical choisir en une force qui leur confère la souplesse de s’attaquer aussi bien au punk hardcore,, rock indie millésimé années 1990, shoegaze, garage et bien sûrs par (courts moments) au psyché dans un joyeux désordre qui jamais ne prend la forme d’un fourre-tout indigeste. Et quand on sait que trois membres de The Men sur quatre poussent la chansonnette derrière le micro, on devine le challenge. Un défi qui a cependant généré un conflit interne et provoqué le départ d’un membre d’origine. Avec pour résultat un deuxième album (pour S.B.) au contenu moins abrasif mais aux appétences d’écriture davantage revendiquées. Un Open Your Heart légèrement en deçà de ce que l’on était en droit d’attendre cependant.

8 : Pop. 1280 The Horror (2011) XP663L.

Avec un nom tiré du titre d’un bouquin de Jim Thompson (bizarrement traduit par 1275 âmes en français !), ce groupe américain annonçait la couleur : noir de chez noir. Pop. 1280 a fait raisonnablement parler de lui avec ce disque suivant un premier EP remarqué (The Grid), où ce quatuor prouve tout le bien-fondé de sa position médiane risquée, car sise entre plusieurs zones de turbulence. Et pourtant. Pop. 1280 retrouve l’âpreté de l’electro-punk misanthrope et archétypal de Suicide et la furie tribale des Birthday Party qu’il agrémente de dissonances à la Sonic Youth (des débuts), ou à la Buthole Surfers, et de basses telluriques (Girls Against Boys), pour obtenir un rejeton bâtard post-punk qui écrase par sa noirceur industrielle et sa violence parfaitement maîtrisée trop d’ersatz vendus comme enfants légitimes de la feu new wave. De dignes cousins des Liars?

: Case Studies The World Is Just a Shape to Fill the Night (2011) XC142T.

Pour terminer un peu de calme avec réglage d’éclairage en clair-obscur. Case Studies est l’affaire d’un homme seul, Jesse Lortz  qui a enregistré cet album dans une sorte de chalet forestier (photos à l’appui) sous l’égide du méconnu Greg Ashley (The Gris Gris). Un disque de singer/sonwritter acoustique américain qui connait ses Dylan ou Cohen sur le bout des accords et tournures vocales. Sobre mais enjolivé de la présence de cœurs féminins du plus bel effet, The World Is Just a Shape to Fill the Night est un joli petit miracle de mélancolie lumineuse qui ne prête jamais le flanc au pathos, et recèle toujours au creux de ses chansons, là une judicieuse réflexion sur un thème éternel (l’amour vache), et ici un arrangement divinement ourlé.

A suivre…

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