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Des nouvelles d’Archipel…

8 Avr

Une actualité dense : après une présence au Salon Qwartz, marché international des musiques nouvelles, un meuble Archipel est présent à la Cité de la musique (Paris) du 4 avril au 9 mai.

Des nouvelles œuvres pourront prochainement être écoutées (Menche, Scelsi, Monteiro…) en intégralité dans les médiathèques grâce au mobilier Archipel.

Ne manquez pas de consulter régulièrement les « news » sur le site www.archipels.be

Inception, la fabrique rêvée du rêve

9 Mar

INCEPTION – VI0258 

Christopher NOLAN

Pochette VI0258.
VO AN st.FR. Durée :148′.
WARNER, 2010, Etats-Unis, Grande-Bretagne.

Où emprunter, détails…

Prototype d’un genre pas si répandu – le blockbuster « intelligent » – le film banco surprise (?) de Christopher Nolan n’en finitpas d’alimenter réflexions et débats, et d’attirer dans son champ magnétique multidimensionnel quantités toujours plus imposantes de références hétérogènes mais fécondes. En voici quelques-unes.

Certes, si Christopher Nolan a bluffé (presque) tout son monde avec Inception, le jeune quadra anglais a déjà fait montre depuis des lunes de son habilité à conjuguer imposante maîtrise formelle, préoccupations conceptuelles et excellents taux de fréquentation en salles obscures. Autrement dit à proposer des films qui sidèrent et interrogent presque dans le même mouvement, sans devoir (trop) forcer le trait ni se sentir obligé de tenir la main du spectateur, pour une fois investi d’une autonomie de réflexion propre !

Au début, on est pourtant resté un brin dubitatif devant un (presque) premier film, Memento (quoique Nolan ait tourné en 1999 un inaugural Following d’à peine plus d’une heure dans son Londres natal) qui y allait quand même joyeusement dans l’esbroufe, et ce même si, à la manière d’un David Fincher (par exemple), cette façon de faire tourner le public en bourrique avec son consentement tacite, reposait sur une mécanique filmique qui ne faisait pas que brasser de l’air et lui offrait un peu plus qu’une tourneboulante suite de séquences virtuoses enchaînées comme une pause pub sans fin.

Mais dès le doublé super-héroïque Batman Begins (2005) et The Dark knight (2008) qui s’attaquait à un sous-genre (l’adaptation de comic-books) en voie d’adoubement critique par sa face obscure (et névrosée), espacé d’un intermède classieux qui remit en lumière les airs (ancestraux) de famille communs au cinéma et à la magie (le mésestimé Prestige en 2006), il ne fait plus aucun doute que Christopher Nolan est un auteur à part entière qui, à la tête de sa petite et florissante entreprise est en mesure de rallier Hollywood et sa manne infinie de dollars à ses vues. Pourvu que ça dure !

Sur le principe Inception n’invente rien et se place même dans le milieu de peloton d’une série de films qui s’interroge sur la « tangibilité du principe de réalité ». Qu’est-ce qui m’assure que ce qui m’entoure est bien « réel » ? Qu’est-ce qui me garantit la stabilité et la « solidité » de sa structure/texture constitutive ? Et en corollaire la question subsidiaire; ne serait-je finalement pas en train de rêver, ou d’être moi-même (dans) le rêve d’un autre, voire d’un autre moi-même (…) ? Des questions remises au jour cinématographique – en vrac ces douze dernière années- par la trilogie Matrix des frères Wachowski, Dark City de Proyas, Avalon d’Oshii ou même en remontant quelque peu, le cours du temps (1973), dans l’unique incursion (pour le compte de la télévision) de l’Allemand Fassbinder du côté du Fantastique avec le toujours très sidérant Un monde sur le fil.

incA la différence de Matrix qui enfonça la pédale d’accélérateur des technologies nouvelles et effets (digitaux) spéciaux de son époque dans une frénésie de l’épate si coupable qu’elle dissimula au fil des épisodes de plus en plus mal la vacuité d’un message (?) ajouté à posteriori (les « révélations » et « débats » volontairement entortillés et embrouillés du Matrix Reloaded), et d’un film qui prétendait à s’élever très au-dessus de sa qualité de « pur divertissement » (une espèce de mix renversant de film catastrophe, de karaté, de SF, mâtiné d’un soupçon de fétichisme, et lorgnant sur le jeu vidéo et l’univers du clip), Inception n’a recours au numérique que pour soutenir et appuyer sa foisonnante panoplie d’effets spéciaux « à l’ancienne » élevée à un niveau de maîtrise hallucinant, ou dans les quelques rares cas de figure où il fut impossible à Nolan et à son équipe de se passer du commun fond d’écran vert ! Le résultat n’en est que plus bluffant (les scènes tournées dans un hôtel où la gravité décline puis disparaît sont à couper le souffle) et rappelle une leçon très élémentaire de cinéma qu’il n’est point de bons films sans excellents acteurs et dans le cas présent de collaborateurs, de familiers. Si tourner avec l’Anglais fut une première pour un Leonardo DiCaprio aux traits de plus en plus émaciés ainsi que pour l’éternelle teenager Ellen Page (Juno), on retrouve au générique de cette superproduction, devant et derrière la caméra tout un panel de vieilles connaissances du cinéaste, comme si Nolan éprouvait de ne travailler que dans environnement qui lui était pour partie familier. Michael Caine, Cillian Murphy (…) sont indissociables de ses derniers films, mais l’observateur attentif notera que les noms de Jonathan Nolan (frère et scénariste) et d’Emma Thomas (femme et productrice) font partie de sa garde technique rapprochée. « Ma petite entreprise, connaît pas la crise… » chantait feu Bashung

Dans le Hollywood d’aujourd’hui, c’est presque du luxe; Mise en scène « en dur », casting « ami » et un scénario « original » – c.à.d. non retravaillé par une cascade de correcteurs/censeurs qui ont tendance à délayer le propos et diminuer au maximum le nombre d’éléments de scénario laissés à interprétation. Dans ce cas-ci Inception est un cas d’école qui dépasse d’une bonne tête le cas déjà ancien du film au pitch (Usual Suspect, Fight Club…) volontairement entortillé, mais qui in extremis retombera sur ses pattes, et assénera à un spectateur dans les cordes, une éclairante et presque rassurante explication finale. Ici, on se place plus largement dans un type de scénarii ondoyant en spirale, enroulé autour d’un axe et présentant à chaque fois une face inédite, dont le plus bel exemple récent est l’écriture de la série Lost.

inEn quelques lignes; un groupe de voleurs (« extracteurs ») est capable de s’introduire dans les rêves et donc le subconscient de leurs victimes pour y subtiliser l’(es) idée(s) enfouie(s) au plus profond de leur inconscient, ou bien d’y déposer une suggestion qui paraîtra, au réveil du patient, relever de la plus sereine évidence intime. Pour les besoins de la cause, un architecte de l’onirique est requis. La tâche est ardue et absolument pas sans risque; orchestrer un passage en force et empiler si nécessaire des niveaux de rêve intriqués en cascade (les évènements de l’un portant directement à conséquence sur les autres) comme autant de théâtre de lutte entre ces cambrioleurs des songes et les défenses immunitaires mentales, parfois artificiellement stimulées du dormeur, et où les accidents et imprévus sont monnaie courante. Sans compter l’ultime sanction du réveil de l’attaqué qui remet derechef les comptes à plat. Autre impératif à respecter sous peine de stimuler la virulence de ces « vigiles de l’inconscient », conserver à tout prix le caractère « construit » et « agrégatif » du rêve qui ne doit à aucun moment correspondre à un simulacre de réalité bâtit sur des souvenirs aussi fidèles que possible à la « toile du réel ». En ne respectant pas entièrement cette règle et en enfreignant une autre – ne pas se servir de la technique d’Inception à des fins personnelles – DiCaprio, alias Cobb (par ailleurs le nom du personnage central de Following) s’est placé dans une position délicate. Devenu quasiment addict des domaines exponentiels du rêve où l’imagination permet de bâtir des mondes «  à soi » soumis à des flux temporels amoindris (le temps s’y écoule bien plus lentement), l’Américain a « implanté » au plus profond de l’inconscient de sa femme Mall (Marion Cotillard, qui ne se départit décidément pas de son look Edith Piaf !) la certitude que la « réalité onirique » au sein de laquelle ils auront vécu une vie entière (que le spectateur verra dans un état de décomposition accéléré comme une Metropolis décatie sans une âme qui vive !) est bel et bien l’instance dernière du réel ! Et le suicide de Madame Cobb (« le vrai réveil » selon elle) de prolonger ses effets à plus d’un niveau. Cobb est accusé de meurtre et obligé de fuir son pays où demeurent ses enfants; mais plus grave, le souvenir de Mall s’est mué en une cristallisation inconsciente de ses propres échecs et de sa profonde culpabilité, une réminiscence agissante maléfique qui remonte des « limbes » (un non-lieu intemporel et sombre où échouent assaillants vaincus et ceux qui ont « raté » leur sortie du rêve) qu’oppose avec une détermination létale à son ex-mari dès que celui-ci plonge en opération d’« extraction ». Inception est à cet égard le film de la dernière chance d’un être acculé, au bord du rouleau. Exsangue, non sevré (il se sert d’Inception pour revisiter les ruines de ses palais du souvenir en cachette), Cobb foire sa tentative d’extraction sur un puissant homme d’affaire chinois (Saito) en début de film, devient son otage et obligé, et se fait engager pour une mission quitte ou double : accéder au saint des saints de l’intimité mentale de l’unique héritier d’un conglomérat à l’échelle mondiale en passe d’être disloqué, et recouvrer en cas de réussite le droit de revoir sa progéniture. Ou alors, tel ce train sorti de nulle qui percute le véhicule de son équipe dans une ville façon Los Angeles sous la mousson (clin d’œil à un certain cinéma d’action made in Hong Kong, devenu un modèle aux yeux d’Hollywood ?) dès le premier niveau de rêve de sa seconde mission, perdre son combat contre lui-même et basculer à jamais dans les abîmes par-delà les songes.

D’autre part, si Inception propose comme peu de films avant lui une visite des arcanes du rêve étagées sur 5 niveaux interdépendants (la disparition momentanée de gravité de l’un va jusqu’à donner l’illusion de corps « allégés » dans un véhicule pourtant en chute libre à l’échelon supérieur !), répondant à des caractéristiques communes de temporalités distendues et de passage de couche de rêve à une autre ou de sensation de réveil vécus tel un séisme, Nolan les filme non pas comme des univers féeriques ou cauchemardesques typés et immédiatement identifiables, mais comme des reconstructions de pans du réel des plus familiers – bien que spectaculaire – et donc crédibles. Dans le désordre, un bunker alpin, un hôtel de luxe, une mégalopole arrosée et même une ville de Paris qui rentre dans sa coquille ! A l’instar du David Cronenberg des Vidéodrome (1983) et eXistenZ (1999), ce n’est pas tant la délimitation réel/son imitation qui intéresse Nolan, qu’importe finalement pour ses protagonistes de vivre au-dedans ou au dehors du rêve, mais la façon dont vont réagir les personnages face à des situations inédites et complexes mais cohérentes relevant d’un réel fuyant et multiforme. Et quitte à ce que certains choisissent en toute connaissance de cause « la proie pour l’ombre » ! Autre similarité entre les deux hommes, la technologie pour le moins discrète permettant l’extraction ressemble chez Nolan à un simple Ipod à placer en intraveineuse, tandis que l’accès aux mondes virtuels se faisait dans le film du Canadien au moyen de « pod », un simple animal génétiquement modifié. Tant qu’à parler d’objet, il convient de souligner le rôle de ces petits bidules personnels (comme une toupie) dont le poids (Cobb) où tout autre irréductible caractéristique sont censés rassurer son propriétaire sur la véritable nature de l’endroit où il se trouve, a une fonction inverse de ceux qu’ils remplissent chez David Lynch. Une clé – par exemple dans Mulholland Drive – est avant un objet médian/de passage entre les mondes. Dans Inception il est l’ancre qui doit indiquer à l’extracteur son retour dans l’univers tangible de façon indiscutable. A noter qu’au moment du générique final, la toupie de Cobb n’a toujours pas touché sol…

pkdComme bon nombre de ses contemporains, Nolan semble profondément imprégné de l’influence du malchanceux romancier U.S. Philip K. Dick, mort en 1982. Auteur de science-fiction peu lu de son vivant et depuis vache à lait scénaristique posthume et prétexte à des adaptations qui confinent du médiocre (Planète Hurlante en 1995, Next en 1997…), au passable (Paycheck en 2003, A Scanner Darkly en 2006) en passant parfois par le meilleur (Minority Report en 2002 et le déclencheur Blade Runner en 1982, qui est l’adaptation du roman Les robots rêvent-ils des moutons électriques ?). Ecrivain paranoïde, drogué et instable (on l’a moment diagnostiqué comme schizophrène), K. Dick développe livre a près livre dans un style simple, la vision d’un réel par essence entortillé et fuyant, et où les subjectivités de chacun n’ont aucune chance d’arriver à un consensus commun sur la réalité qui les englobe. Et d’ajouter l’idée d’un temps malléable à l’envi, qui peut prendre des directions inattendues (régresser) ou se présenter un dans de biens curieuses configurations paradoxales (Dick s’est beaucoup servi du concept d’uchronie : que se passe-t-il si un évènement majeur de l’histoire vient à être modifié ?). Dans Memento, Nolan mène sont intrigue à rebours et suit un personnage psychotique et amnésique. Dans les 2 Batman, la question du double (héros/vilain, Bruce Wayne/Batman) affleure partout dans un contexte de paranoïa urbaine généralisé, Prestige réaffirme la toute puissance du simulacre, et Inception montre l’étrange adéquation d’un subconscient tout puissant mais que l’on peut remodeler et un monde tangible aux limites intrinsèquement incertaines.

Dans un autre ordre d’idées, en début de film, lorsque Cobb recrute la nouvelle architecte, Ariane (Ellen Page), il lui livre quelques explications-clés sur les spécificités des mondes entrouverts par la technique de l’Inception et visitent ensemble un lieu (hôtel ?) où une particularité architecturale propose (miraculeusement) une solution satisfaisante à un paradoxe mathématique. En additionnant le principe du temps élastique (les évènements même simultanés ne se déroulent pas à la même vitesse dans les différentes strates du rêve), il ne fait aucun doute que l’Anglais a dû s’intéresser à un moment où l’autre aux étrangetés et singularités de l’espace-temps et à quelques-unes des plus  récentes et spéculatives théories de la physique contemporaine qui ajoute à nos quatre dimensions connues (longueur, largeur, profondeur et le temps lui-même) plusieurs autres (pour un total de 11 à 18 selon les approches), imperceptibles à l’homme parce qu’enroulées à un niveau subatomique…

Une conception d’univers intriqué (interdépendant) et imbriqué comme un jeu complexe de poupées russes qui a depuis longtemps inspiré les auteurs de science-fiction et de comic-books (un autre Anglais, Warren Ellis a écrit début 2000 des histoires mettant en œuvre dans sa série Planetary un ordinateur quantique capable de plier le réel à ses désidératas) dont Nolan a livré 2 des plus ébouriffantes adaptations cinématographiques (et bientôt un troisième volet de sa série Batman). Or chez Marvel Comics (éditeur de Spider-man, Daredevil, Thor…), cela fait près de cinquante ans que des affrontements se passent, profusion de télépathes aidant, uniquement sur le plan mental, mais aussi à l’échelon du rêve. Par le biais du cinéma, les noms de Charles Xavier (professeur X) et de Jean Grey (Strange Girl/Phénix) détenteurs de grands pouvoirs télépathiques ont acquis une certaine notoriété chez les non-bédéphiles; dans un passé pas si lointain, un ennemi de Hulk appelé le Façonneur des Mondes était capable de créer des univers entiers, à partir d’énergie pure et du contenu des rêves de ses cobayes pour son unique plaisir; enfin,  un sombre et récurrent vilain – par ailleurs un maître de l’illusion et des apparences – du nom de Cauchemar vient régulièrement hanter et affronter bon nombre de héros dans… leurs songes. Et puis comment ne pas voir d’analogie flagrante entre l’équipe d’intervention réunie autour de Cobb, composée d’un Chinois, d’un Arabe, d’une Française (?) et de quelques Américains (?) tous experts dans leur domaine et l’équipe des X-Men, refuge pour tous les mutants non-revanchards de toute la planète ?

Et comme il est toujours plus plaisant de terminer (enfin) sur une note musicale et parce que le « Non rien de rien… » d’Edith Piaf qui hante ce film constitue selon moi l’unique mauvaise idée d’Inception, je me permets de suggérer l’écoute « en boucle » (…) du titre « I Dreamed I Dream » sur le premier album de Sonic Youth !

Yannick Hustache

La Sélec n°15 – 1er mars 2011

9 Mar

selec15

Hybridations / métissages

Alors que le langage politique de l’Europe s’engage dangereusement sur une remise en cause du multiculturalisme, que la chancelière allemande comme la droite anglaise en annonce la faillite, et que la France veut instaurer des cours d’« identité nationale », le petit monde de la musique continue à célébrer l’hybridation et le métissage. A l’heure où l’Europe de la crise se rabat sur les thèses populistes du repli identitaire, utilisant l’illusion d’une culture nationale commune pour rassembler les frileux et les xénophobes, le mélange est par contre toujours considéré en musique comme un progrès, comme un atout.

  • Juke
    Genre extrêmement local, originaire de Chicago, le Juke s’y est développé de manière underground, pour ainsi dire en circuit fermé, presque en secret. Dérivé de la musique house de Chicago, le Juke est un microgenre évoluant en marge des médias et des scènes reconnues.
  • Violoncelle et bouts de ficelle
    Du violoncelle chez les Clogs, qui l’eut cru, il y en a justement très peu ! Ce noyau orchestral s’est cristallisé dans un esprit pop grand ouvert à l’aube du nouveau siècle (…). Sans aucune contradiction, ils assurent la perméabilité entre des scènes musicales que l’on imagine souvent incompatibles : avec eux il n’y a pas de grand écart entre la musique baroque, l’improvisation contemporaine en musique de chambre, les racines folk et les arrangements des groupes rock pour lesquels ils jouent. Autant dire qu’il va falloir se mettre au diapason des Clogs pour mieux les apprécier !

Redécouvertes

Depuis que l’Homme est Homme, il a toujours cherché, fouillé, défriché… D’abord par nécessité, puis par plaisir ou curiosité, il s’est adonné à la cueillette et à la chasse, au propre comme au figuré. Ainsi, la poursuite du gibier à des fins alimentaires cèdera la place aux chercheurs d’or et archéologues de tout poil, certains ayant fait de l’art dans tous ses états leur terrain de jeu favori, se plongeant avec délectation dans les archives des cultures plus ou moins populaires.

  • Les dernières pulsations de la vieille Italie du Sud
    En quelques années, de 1954 à 1959, uniquement dans le Sud et dans les marges de l’Italie (Sicile, Calabre, Sardaigne), Vittorio De Seta a filmé l’extinction d’une société archaïque où l’individu faisait partie d’un tout, d’une communauté. Par l’immigration et « le vaudou du Progrès » ce monde et sa culture allaient très vite se voir atomisés. Vittorio De Seta, comme ses amis collecteurs de musiques populaires, en aura au moins gardé une trace. Une trace poignante.
  • Quand EPM et Frémeaux & Associés dépoussièrent les chansons d’antan…
    Depuis qu’EPM et Frémeaux & Associés se sont penchés sur la question, les passionnés de la chanson ont enfin la chance de pouvoir (ré-)écouter les titres d’hier qui ont marqué l’histoire mais aussi de nombreuses perles oubliées, et ce depuis les premiers enregistrements de 1895. Seuls, ces labels ont su réaliser le travail de titan nécessaire à la bonne transmission du patrimoine de la chanson.

Faire du neuf avec du vieux

  • Le cinéma et les couloirs temporels
    Le cinéma est l’espace idéal pour la réinvention du passé. Décor ou récit, enquête ou prétexte, le temps n’y  manifeste que la forme qu’il reçoit, celle-ci renvoyant, en toute logique, aux intentions qui s’y expriment. Le cinéma traduit le passé en langage, l’expose, l’utilise. C’est dire que, objectivé, détourné ou mythifié, il signifie moins que sa représentation, disparaît même souvent derrière elle. Présence déconcertante que cette mise en valeur d’une ressource réelle mais insaisissable.
  • Inception, la fabrique rêvée du rêve
    Prototype d’un genre pas si répandu – le blockbuster « intelligent » – le film banco surprise (?) de Christopher Nolan n’en finitpas d’alimenter réflexions et débats, et d’attirer dans son champ magnétique multidimensionnel quantités toujours plus imposantes de références hétérogènes mais fécondes. En voici quelques-unes.
  • Musique Classique
    Savoir-faire des interprètes et nouvelles écritures des compositeurs se nourrissent de la lecture critique et créative de l’héritage. C’est par là que le classique reste toujours présent.
  • Nostalgie synthétique
    Le destin étrange d’un instrument conçu pour produire des sons jamais entendus avant lui. Pendant de nombreuses années, les musiciens ont utilisé le synthétiseur pour créer une musique qui ne ressemblait à rien de ce qui l’avait précédé. Aujourd’hui, il est l’objet d’un culte nostalgique, et sert paradoxalement à imiter d’autres synthétiseurs.
  • Chanson « totale »
    Des artistes qui ont eu le courage de se balader ailleurs pour mieux se trouver et qui ont su se surprendre pour mieux nous surprendre. Leur intégrité va de pair avec leur implication qui est totale. Ils soignent toutes les dimensions qui font qu’une chanson devient de l’art : interprétation, paroles, mélodie, son, arrangements et orchestrations.

Solitudes / isolement

Il est une forme de solitude qui n’est pas un état, c’est-à-dire non pas état où l’on stagne mais état que l’on gagne; une solitude qui est éloignement, lointain désirable. Sa forme est ouverte, pays d’accueil, espace désigné mais irreprésentable, cheminement qui, à peine initié, engage celui qui s’y risque et ne s’interrompt plus, continue, découle. Solitude béante, illimitée : appel de l’infini.

  • Françoise Huguier, Kommunalka
    En filmant et en enregistrant la voix des colocataires de la kommunalka, Françoise Huguier conjugue deux captations différentes, l’une immédiate, littérale (la voix), l’autre raffinée, ambiguë (l’image). L’empathie pourrait naître de leur dissociation; le fait qu’image et son s’entrecroisent et se contredisent souvent, introduit dans l’espace de la représentation des dissonances qui, loin d’en appeler au jugement, à la prise de parti, reconstituent la polyphonie si caractéristique des romans russes – de la société russe ? -, polyphonie bouillonnante et chaotique.
  • Lisandro Alonso, archéologie de solitudes en 4 films
    Il filme quelque chose d’invisible, des formes de solitude, ni choisies ni forcées, ni positives ni négatives. Ce sont  des isolements fonctionnels, des états pathologiques, des contextes, des géographies à l’écart de la société moderne où la solitude s’impose comme discipline, imprègne les tissus vivants, devient l’air que l’on respire, sorte de camisole invisible, organique.

Mondialisation

C’est une tendance lourde du cinéma documentaire : les films qui essaient d’expliquer la complexité du fonctionnement économique du monde. Sans ce devoir d’explication, comment rester citoyen conscient des enjeux ?

  • Richard Brouillette, L’encerclement, la démocratie dans les rets du néolibéralisme
    L’encerclement…, malgré son nom, n’est pas le patient décorticage explicatif d’un complot ourdi en coulisses à des fins de domination du monde, mais bien la description du lent cheminement d’une pensée, depuis les lieux obscurs de sa formulation jusqu’à sa complète interpénétration du réel, au point d’être confondu avec lui. Mais c’est aussi le premier jalon d’une réfutation idéologique qui a bien du mal à faire entendre son point de vue !

Vinyl only

Même si l’année passée on a vendu dans le monde anglo-saxon plus de platines vinyles que de lecteurs CD ou si certaines grandes surfaces de loisirs implantées en Belgique étendent leur rayon dévolu à ce support, ce n’est pas précisément pour ces raisons macro-économiques là que La Médiathèque tente (…) de réintroduire une offre ciblée de deux cents albums récents non disponibles en CD. Ce sont bel et bien les histoires à raconter qui motivent, avant tout, l’acquisition de ces disques.

  • Vends-moi (ou prête-moi) un disque : nous nous dirons qui nous sommes
    C’est à partir de la transformation de Record Express, son disquaire d’adolescence en centre de bronzage que le jeune réalisateur Brendan Toller a commencé une enquête centripète qui, de l’évènement local, part en chercher les échos plus lointains (les 3.000 autres fermetures de disquaires indépendants survenues au cours de la décennie 2000 aux États-Unis) et les tenants et les aboutissants plus globaux en termes d’économie, de marketing, de technique, de législation et de modification des comportements de découverte de la musique.

Coups de coeur réseau

  • Young Gods Records
    Tout commence losque Michael Gira décide de publier et distribuer ses disques (ceux des Swans) à compte d’auteur sous la dénomination de Young God Records, intitulé d’un EP paru en 1984 et peut être – sait-on jamais avec ce personnage pince-sans-rire à l’humour sarcastique – la réponse du berger à la bergère au groupe suisse Young Gods qui trouva son nom sur ce maxi désormais mythique…
  • MGMT, Congratulations
    Passé le choc de son hideuse pochette, je pourrais évidemment m’extasier devant cet « album de la maturité » comme le fit une très grande partie de la presse, mais vous avez déjà lu tout ça, alors permettez-moi de rester parfaitement subjective sur ce coup-là; de toute manière, quel est l’intérêt de chroniquer un album sorti il y a près d’un an ?
  • Les best of des médiathèques

Les sélections Curioso +

5 Mar

La Médiathèque lance les sélections Curioso+ : des cheminements vers la découverte de musiques et de films en fonction de thématiques variées.

Le Curioso+, qui va se renouveler régulièrement, offre à tout détenteur d’un abonnement Curioso la possibilité d’emprunter gratuitement 5 CD, DVD, jeux dans une sélection concoctée spécialement par La Médiathèque.

La première opération Curioso + aura lieu du 1er mars au 30 avril et s’appuiera sur la sélection « Eponges et pulsations ».

Pour concocter cette sélection, la Médiathèque a décidé d’adopter une vue d’ensemble sur les actualités musicales et cinématographiques. Ce qui lui a permis de dégager des lignes de fond qui traversent l’ensemble de la production actuelle.
À partir de ces thématiques, des liens sont tissés entre les disques, entre les films avec des prolongements dans la production des années précédentes.

Toutes ces musiques, tous ces films sont rassemblés dans les médiathèques. Et, pour ne pas bouder son plaisir, les coups de cœur de 2010 y ont été adossés.

La Sélec n°15 donne le ‘la’ avec des textes introductifs, des exemples et un organigramme.
Sur le site Internet, des textes, des interviews à écouter et des mixtapes complètent le panorama.

C’est l’occasion également pour La Médiathèque de relancer sa collection de vinyles : 400 vinyles neufs ont été achetés et, dès maintenant, 200 d’entre eux sont disponibles à l’emprunt. Ils font partie de la sélection Curioso+.

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Les thématiques de la sélection « Eponges et pulsations » :

Du neuf avec du vieux
En cinéma et en musique, une lecture critique et créative de l’héritage se renouvelle sans cesse ; ce qui permet, à chaque fois, de réinventer le passé.

Hybridations
Alors que le multiculturalisme est régulièrement remis en cause, le petit monde de la musique continue de célébrer l’hybridation et le métissage, toujours encore considérés comme des atouts.

Mondialisation
De nombreux documentaires récents s’attachent à expliquer la complexité du fonctionnement économique du monde.
Essentiel pour qui veut rester un citoyen conscient des enjeux de nos sociétés.

Redécouvertes
Compilations et rééditions ont révélé bien des perles rares et pépites enfouies. Cette thématique effectue un tour d’horizon des défrichages récents.

Solitudes
Sociale, physique, psychologique… la solitude peut prendre de multiples formes qui interpellent les cinéastes actuels. De « Bad Lieutenant » à « Mammuth » en passant par « Fish Tank », « Libertad » et « Non ma fille, tu n’iras pas danser ».

Coups de coeur
On les a aimés et on ne peut pas ne pas le faire savoir : nous avons des centaines de coups de coeur, chouchous et autres découvertes à partager avec vous.

Journée Portes Ouvertes à l’ULB et présentation d’Archipel – Mercredi 2 mars 2011

9 Fév

Vous envisagez d’entreprendre des études supérieures après vos études secondaires et vous avez de nombreuses questions :

  • Quelles sont les formations offertes ?
  • Quels en sont les débouchés professionnels ?
  • Comment choisir ses études ?
  • Comment se déroulent les études supérieures ?
  • Quelles sont les différences avec l’enseignement secondaire ? Comment gérer la transition ? …

C’est dans le but de vous aider à répondre à ces questions que l’ULB vous invite à prendre part à de nombreuses activités lors de la journée du mercredi 2 mars 2011. Vous pourrez vous forger une idée plus précise et plus concrète des études universitaires, de ce qu’est la vie d’étudiant, des services qui vous sont offerts (logements, bourses d’études, sport, culture…), des démarches à entreprendre…

A la Médiathèque de l’ULB :

De 10 h 30 à 18 h 30: visite du service de prêt
De 12 h à 13 h 30: Promenade interactive à la découverte d’Archipel

Archipel est un projet conçu et réalisé par la Médiathèque de la Communauté française de Belgique. Il entend proposer une exploration intuitive des musiques et des images aventureuses apparues depuis le début du XXe siècle et rendues possibles par les nouvelles techniques d’enregistrement et de modification des sons et des images inventées dès la fin du XIXe siècle.

Visant clairement au décloisonnement des genres, Archipel a choisi de regrouper ces disques et ces films par « îlots » associant des artistes (ou des œuvres) qui partagent des pratiques de création proches (par exemple : le travail sur le silence, le bruit, le recyclage, le corps, etc.). La grande majorité de ces œuvres faisant appel, dans des combinaisons à chaque fois différentes, à plusieurs de ces modes opératoires, il est clair que ces îlots ne sont pas hermétiques.

Un Archipel que l’on peut visiter, où l’on peut se perdre, sans être spécialiste ou déjà initié aux expressions artistiques dites « expérimentales ».

Où ? Campus du Solbosch – Bât. U (coin av. Paul Héger et Square Servais)

Site internet : www.lamediatheque.bewww.archipels.be

Découvrez le programme de la Journée Portes ouvertes :

Archipel : le site est en ligne

4 Jan

La Sélec n°14 – 15 décembre 2010

4 Jan

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Dossier radio

  • Anthologie du XXe siècle par la radio
    Les événements emblématiques du XXe au travers du prisme d’un média né presque en même temps que lui. Dix années et un changement de millénaire plus tard, qu’en reste-t-il ?
  • La radio et l’au-delà
    Orphée de Cocteau
    Le poète – Cocteau – s’identifie encore au mythe, mais Orphée, lui, envie les hommes. Ni le mythe ni le poète n’ont plus suffisamment de sang pour irriguer leur dédoublement; en ces temps parcimonieux, l’un et l’autre sont divisés.
    Philip GLASS : Orphée
    Premier volet d’une trilogie dédiée à Jean Cocteau, l’opéra Orphée de Philip Glass ressort sous la houlette du Portland Opera. Pour notre plus grand plaisir ?
  • La radio personnage de cinéma
    John CARPENTER : The Fog / Tobe HOOPER : The Texas Chainsaw Massacre – 2 / Clint EASTWOOD : Play Misty For Me
  • La radio comme instrument
    Lorsque les ondes swinguent, de Kraftwerk à Keith Rowe
  • Portrait de Yann Paranthoën
    Le label Phonurgia Nova qui avait déjà édité quelques-unes des œuvres de Yann Paranthoën, dont les célèbres Lulu et On Nagra – Il enregistrera, revient avec une nouvelle publication consacrée au créateur radiophonique, intitulée L’Art de la Radio.
  • LIN Jing-jie : The most distant course / Jin-Ho HUR : One fine spring day
    Des hommes, des femmes et des lapins … Deux films asiatiques qui, par la plus grande des coïncidences, ont tous deux comme personnage central un preneur de son et exploitent la piste de l’écoute et de l’enregistrement comme moteur de l’histoire.
  • Richard CURTIS : Good Morning England
    Librement inspiré du parcours de la légendaire Radio Caroline, ce film revient sur la grandeur et la décadence des radios pirates avant leur interdiction en août 1967.
  • John Cage : Imaginary landscape n°4 / Radio music
    Le poste de radio, dont John Cage extrait du son aléatoire comme il pourrait le faire de n’importe quel objet trouvé, figure au centre de deux performances (1951 et 1956) d’une sobriété presque contemplative, désintéressée.
  • La révolution des Oeillets
    Ginette LAVIGNE : La Nuit du coup d’État – Lisbonne Avril 1974

    La documentariste a demandé à Otelo Saraiva de Carvalho de revenir sur la nuit du 24 au 25 avril 1974 telle qu’il l’a vécue. Initiateur, avec quelques camarades revenus comme lui des guerres – que d’aucuns qualifieraient de massacres – dans les colonies africaines, du Mouvement des forces armées, l’ancien militaire s’est prêté au jeu de la reconstitution avec une très grande éloquence
    Maria de MEDEIROS : Capitaines d’avril
    Hommage tendre et drôle aux principaux protagonistes de la révolution des Oeilelts, ce film suit le capitaine Salgueiro Maia, celui-là même qui força le chef du gouvernement, Marcelo Caetano, à se rendre et à donner sa reddition au général António de Spínola.
  • Bruce HAACK : Farad : The Electric Voice
    Les principales activités de ce musicien canadien étaient consacrées à l’enseignement et il produisit une grande quantité de musiques pour enfants, qu’il réalisait au moyen d’instruments électroniques de son invention, fruit de ses recherches expérimentales.

Soul, blues

  • Aloe BLACC : Good Things
    L’album démarre sur une « scie » dont on ne se plaindra jamais qu’elle se soit fixée comme une glu mémorielle sur la B.O. des petits matins blafards qu’on traîne avec soi comme une malédiction heureusement  temporaire !

Musiques du monde

  • Shangaan Electro – New Wave Dance Music From South Africa
    Déjà célébrée par beaucoup comme l’album le plus surprenant de l’année, cette compilation reprend quelques-unes des productions du label sud-africain Nozinja et présente pour la première fois au reste du monde la musique futuriste des Shangaan.
  • OKI DUB AINU BAND : Sakhalin Rock
    Personnage atypique dans le paysage musical japonais contemporain, Oki se singularise par son mélange osé de traditions et de modernité, comme le prouve cet étrange album…
  • Ola Belle REED : Rising Sun Melodies
    La substantifique moelle musicale d’une chanteuse/auteure/musicienne, mère de famille et « femme aux 101 métiers », qui contribua à inventer le statut d’artiste au féminin à l’intérieur de l’ancestrale tradition d’un bluegrass populaire et ouvert, véritable sismographe des aléas d’une existence parfois vécue comme un sacerdoce…

Jazz

  • Miles Davis : Bitches Brew
    Un disque qui, de toute l’histoire des meilleures ventes de CD de jazz, se situe en troisième position, ça interpelle. Surtout lorsqu’on pense à toutes les richesses discographiques concurrentes, souvent plus faciles d’accès, qui auraient pu emporter la palme.

Musique classique

  • Niccolo PAGANINI / Julia FISCHER : 24 Caprices
    Paganini (1782–1840) doit aux légendes qui le concernent des masques si expressifs que son mystère demeure intact. Aux fables nombreuses faisant du musicien tantôt un ange, tantôt un démon, coïncident des jugements tout aussi contradictoires sur l’œuvre qui aujourd’hui encore se dérobe.

Rock, pop, electro

  • Sam PREKOP : Old punch card
    OVAL : O

    Deux pas de côté, deux tangentes, deux nouveaux départs. Sam Prekop et Markus Popp (Oval) sont deux musiciens qui se sont construit, au fil de leur carrière, un son bien établi, instantanément reconnaissable.
  • SWANS : My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky
    U.S. CHRISTMAS : Run Thick In The Night

    L’un est sur le retour et l’autre enfin sur la voie d’une certaine reconnaissance, mais tous deux martèlent un rock lourd et oppressant dont les lancinants développements et charbonneuses humeurs peuplent les paysages désolés d’un psychédélisme insomniaque et vertigineusement abyssal.
  • Manuel BIENVENU : Bring Me The Head Of Manuel Bienvenu
    Initialement paru au Japon en 2007, le second opus de Manuel Bienvenu bénéficie enfin d’une sortie sous nos latitudes, et ma foi, l’attente en valait la peine : dès les premières notes, le multi-instrumentiste attrape l’auditeur par l’oreille pour ne plus le lâcher tout au long de ces douze titres.
  • NO AGE  : Everything in Between
    « Tout se joue au centre » pourraient paraphraser quelques politiques belgo-belges en mal de slogans imaginatifs (?) etattractifs. Pour le duo US, c’est plutôt une vaste zone franche et instable vers où convergent leurs coupables appétits contradictoires. Visite des lieux.

Documentaires.

Cinéma

  • Tom FORD : A single man
    George est un homme éminemment raisonnable. Cultivé, réfléchi, d’un goût exquis, entouré de beaux objets, c’est un professeur attentif et méthodique, un homme qui s’endort en pyjama rayé et tient une maison bien ordonnée. Célibataire depuis un an, George est-il seul ou singulier ?
  • Brillante MENDOZA : Serbis / Tirador
    Mendoza échafaude des films très différents les uns des autres à partir d’un matériau assez proche. Au point qu’on a très peu envie de bouder son plaisir d’assister, pour une fois presque en direct, à l’éclosion d’un tout grand cinéaste.
  • Luchino Visconti : Nuits blanches
    En acclimatant les Nuits blanches à un Livourne de Cinecittà, Visconti traduit avec intelligence la Russie fantasmée de Dostoïevski. Ville de théâtre, ville intellectuelle, on s’y sent bien comme dans un rêve.

Documents historiques, interviews, divers…

J. L. Borges : La bibliothèque infinie
Une voix de vieil homme, qu’un fort accent hispanique rend difficile à comprendre, force à se rapprocher un peu, à cesser toute autre activité pour, simplement, tendre l’oreille.

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