Tag Archives: top 2012

Jazz, Jazz, Jazz… Le top 2012 de Carla!

18 Jan

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 Wolfert BREDERODE Quartet, Meander (réf :UB7338) Musique construite, lyrique et pointilliste, d’une grande précision, sur le label ECM. Alliance entre rigueur intellectuelle et musique aérienne, qui coule de source. Magnifique résultat!

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Fred HERSCH, ALONE AT THE VANGUARD, In the wee small hours of the morning (réf : UH5503) Ce morceau qui ouvre l’album est tellement raffiné et teinté d’impressionnisme, qu’on croirait entendre Debussy. Fred Hersch fait preuve dans cet album d’un raffinement extrême, d’intériorité…

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Vijay IYER, PANOPTIC MODES, History is alive (réf : UI9848) Belle interaction entre pianiste et percussionniste omniprésent, dans une sorte d’ostinato qui soutient le pianiste. Il y a dans les compos d’Iyer une énergie constante que vient appuyer son compère saxophoniste Mahantappa. Cet album reflète les racines indiennes de ces deux musiciens, et une grande complexité rythmique dans une improvisation structurée.

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Anders JORMIN, AD LUCEM, Lux (réf : UJ9392) Tradition suédoise, 2 chanteuses en symbiose totale, instrumentation très sobre, totalement au service des voix. Jormin fait chanter sa contrebasse comme on a rarement l’occasion d’entendre. Dans Caerulus, basse très chantante et très beau solo de sax, suivi d’un très beau morceau instrumental uniquement.

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Brad MEHLDAU Trio,  WHERE DO YOU START (réf : UM4239) Même quand il s’attaque uniquement aux  « covers », comme sur cette compil où il reprend notamment le célèbre « Hey Joe », Brad Mehldau s’approprie les morceaux qu’il interprète, les personnalise, avec sa façon bien à lui de passer imperceptiblement la mélodie d’une main à l’autre, créant ainsi une atmosphère aérienne. Avec son trio, il parvient à allier subtilement l’art du trio jazz avec l’harmonie classique raffinée de la fin du 19è siècle français et celle de chanteurs folk, pop et rock, comme les Beach Boys et Jimmy Hendrickx, mais aussi Nick Drake et Sufjan Stevens.

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Giovanni MIRABASSI, ADELANTE !, Le Déserteur (réf : UM6170) De ce bouquet de chants de révolte du monde entier, il faut écouter « Le Déserteur », dont il nous rend ici une très belle interprétation, digne du titre de Boris Vian, c’est une petite perle.

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PORTICO QUARTET, PORTICO QUARTET, Steepless [feat. Cornelia] (réf : UP7671) Comment résister à cette petite voix légèrement granuleuse, venue du Nord, dans une composition très sobre. La voix de Cornelia est d’abord accompagnée uniquement de percussion, l’orchestration électro s’élargit ensuite, augmente en intensité, pour retomber aussitôt en quelque chose de minimaliste. Beaucoup de recherche sonore dans cet album, notamment grâce au « hang », instrument de percussion suisse encore peu répandu, sorte de couvercle métallique en forme de cloche, à sonorité très recherchée. Ce groupe anglais, qui en est à son troisième album, n’a pas fini de faire parler de lui.

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Trygve SEIM & Andreas UTNEM, PURCOR, Kyrie (réf : US2487) Norvégien, Trygve Seim n’a pas échappé à l’influence de Garbarek. Le piano est en fusion totale avec le saxophoniste, dans une sonorité feutrée, sans heurt, idéal pour se réveiller doucement et progressivement le matin. C’est une musique méditative, évoluant en nappes sonores.

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Gwilym SIMCOCK / GARLAND / SIRKIS, Lighthouse (réf : US4510) Ce trio sans basse remplit l’espace de façon spectaculaire, presqu’à la manière d’un groupe « fusion ». Le rôle de la basse est partagé très efficacement entre le pianiste et le percussionniste. La présence du « hang »renforce la sonorité particulière du trio, ajoutant une couleur exotique. Les trois musiciens donnent ici un résultat d’une cohésion exceptionnelle, malgré leurs très fortes personnalités réciproques.

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Kenny WERNER, NEW YORK LOVE SONGS, Ground zero (réf : UW4277) Rêveries citadines « post 11 septembre » empreintes de nostalgie, élégantes et expressives.  Le titre « Ground Zero » fait penser au prélude de Debussy « La cathédrale engloutie », par ces accords en parallèles, typiques. L’album entier se laisse entendre sans effort, mais mérite d’être écouté attentivement. Chaque note, chaque accord est choisi scrupuleusement : dans la lenteur, on ne peut se permettre le bavardage, on ne joue que l’essentiel, la note juste.

 

Carla

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Le top « light » 2012 Hip-Hop & R’n’B de Yannick

11 Jan

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1 EL-P : Cancer for Cure (réf : KE4004)  Dire  qu’on  attendait  EL-P  et son nouvel album au tournant n’est pas exagéré,  en effet, son dernier véritable album ‘I’ll Sleep when You’re Dead’ paru en 2007 avait placé la barre très haute et ajoutons qu’en en peine  5  ans le Hip-Hop à vécu plusieurs fortes évolutions, le Bedroom Rap  a fait son coming out, le Cloud Rap est aujourd’hui omniprésent et les  vétérans  sont  dans  pas mal de cas à la traine. Mais il n’en est rien  pour  l’ancien  membre  de  Company  Flow  et patron du désormais dormant  Definitive  Jux  qui  se plaçait déjà en outsider au début des années  2000, et il confirme cette position avec son ‘Cancer For Cure’, un  album  hors  norme,  violent et viscéral dans lequel EL-P se glisse dans  la  peau  de  nombreux personnages, un homme qui bat sa femme, un militaire  ou  encore  un  dealer,  le  tout  en  adoptant une attitude confessionnelle  et  auto-analytique.  Il y peu d’invités mais ils sont remarquables,  Killer  Mike  et  Despot assurent les seconds rôles avec talent  tandis  que  la  hype  du moment Danny Brown et l’excellent Mr. Motherfuckin’ Exquire sont présents sur ‘Oh Hail No’. (PTH)           

http://www.youtube.com/watch?v=LIEGeGAKNrE

 

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2 Death Grips (The) Money Store (réf : KD2265) The  Money  Store  est  le  second album du trio américain Death Grips. Après   l’énorme   succès   rencontré   par   leur   première  parution « Ex-Military » parue d’abord numériquement puis sur vinyl et cassette en 2011,  le trio signe un contrat avec le label Epic et annonce la sortie de  deux  albums  pour  2012. Death Grips est formé du rappeur/chanteur Stefan  Burnett,  du  producteur Andy Morin et du batteur Zach Hill que l’on  a déjà entendu au sein de Hella, des Boredoms [etc…la liste est longue].  Ensemble  ils proposent une musique profondément antagoniste, n’hésitant  pas  à  saturer  l’espace  d’écoute  à  l’aide  de  samples sauvages,  de  rythmiques  qui tiennent  autant du Rap que du Métal et surtout  la voix grave et la diction rugueuse du rappeur qui vous fonce droit dessus comme un taureau lancé à toute allure. Mais loin de n’être qu’une décharge d’énergie et de rage, ce Money Store est aussi un album extrêmement  bien  construit  qui nous éclate entre les mains mais sans nous  mettre à l’écart, bien au contraire, la tension est communicative et  nous  emmène  dans  un  univers  où  il  ne  nous  reste  plus qu’à participer, ou abdiquer au risque de se faire écraser. (PTH)

          

http://www.youtube.com/watch?v=sticXkHxZC4

 

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3 Theesatisfaction Awe Naturale (réf : KT3665)  ‘Awe  Natural’  est  le  premier  album  de  Theesatisfaction,  duo  de  chanteuses  /  rappeuses  que  l’on a déjà eu l’occasion d’entendre sur l’excellent  ‘Black  Up’ [KS1322] de Shabazz Palaces. Pour leur premier  album  qui  parait  sur  le  label américain Sub Pop, le duo parvient à  fusionner   ses   envies   de   groove  entêtant  et  de  psychédélisme afro-futuriste.  Des boucles de claviers et de percussions se croisent, se prolongent puis s’arrêtent brutalement, créant une musique à la fois confortable  puisqu’inscrite  dans  une  tradition  Soul mais également contemporaine  de  part  la  méthode  de  travail et la fraicheur de la  démarche.  On  sort de ce disque ébloui et énergisé par tant de liberté et  de  sensualité au service du renouveau et de la fusion des musiques noire américaine. (PTH)                                                

http://www.youtube.com/watch?v=qGWFBt_IPOg

 

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4 Bigg Jus Machines That Make Civilization Fun (réf : K22220 cote provisoire)  Le troisième album de Bigg Jus tire le meilleur de ses expériences en solo comme de la récente reformation de son trio Company Flow, confrontant ses angoisses et sa désorientation au chaos de la société américaine et à cette politique de déshumanisation galopante qu’aucun gouvernement ne semble vouloir enrayer.

Fin prêt pour tirer la bourre à son compère El-P, dont le très attendu Cancer For Cure prévu fin mai avec une pléiade d’invités d’horizons variés s’annonce nettement plus inégal au fil des premiers extraits dévoilés, le rappeur de Company Flow n’en a pas pour autant oublié ce goût pour les expérimentations déconstruites inspirées du jazz et de J Dilla qui avait présidé à la version pré-11 septembre de son premier essai Black Mamba Serums, réenregistré trois ans plus tard pour le label Big Dada, filiale hip-hop de Nina Tune juste avant le virage soul du plus lyrique et convenu Poor People’s Day.

Ainsi des quasi éthérés Empire Is A Bitch, Hard Times For New Lovers et Polymathmatics qui entre deux morceaux plus pesants aux beats martiaux et oppressants laissent planer un espoir nébuleux sur l’avenir de l’homo modernus, tandis que le titre éponyme voit le flow en roue libre du MC new-yorkais résister tant bien que mal aux déferlantes d’une batterie aussi free que belliqueuse sur fond de nappes désespérées.

Mais ce sont peut-être Samson Op-Ed et Kush Star Catalog qui symbolisent le mieux ce Machines That Make Civilization Fun  ironique et néanmoins sincère à en crever, dans son acharnement à humaniser l’implacable débit machinique des instrus et des samples, un effort désabusé dans lequel Bigg Jus jette ses dernières armes jusqu’à trouver l’équilibre parfait entre expérimentation et efficacité. Brillant.

Quant à l’excellent label français Laitdbac(Alpine Decline, Lexicon…) qui distribue l’album de notre côté de l’Atlantique (Mush se chargeant des USA), il nous offre même de prolonger l’aventure via Spotify avec deux remixes du single Black Roses, le premier par Bigg Jus et El-P réunis comme au bon vieux temps en mode plus électronique mais toujours aussi rentre-dedans, tandis que l’inimitable Thavius Beck nous en livre fidèle à lui-même une version schizophrène et crépusculaire à souhait.(Mowno)

http://www.youtube.com/watch?v=EgRPcW21QyM

 

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5 Serengeti C.A.R (réf : KS1251) Serengeti  sort  en  Aout  2012  son  nouvel  album C.A.R. sur le label Anticon  qui  avait  déjà sorti son excellent précédent album ‘Family & Friends’  [KS1249]. Suite logique mais pas ennuyeuse, C.A.R. propose un Abstract Hip-Hop  teinté  de  Pop sur lequel Serengeti vient poser son flow lent et faussement blasé. (PTH)                                  

http://www.youtube.com/watch?v=V2r08dFKWQY

Le Top du Blues 2012 à la Médiathèque

9 Jan
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« Hello!
La saison des Best-Of se termine bientôt, on en a vu défiler des tonnes mais en voici encore quelques-uns . . .
 
J’ai sollicité mes collègues qui gèrent la collection qui nous occupe ici afin qu’ils partagent leurs coups de cœur de l’année 2012….
 Nous vous présenterons donc un panorama large puisque nous sommes une équipe de 17 personnes avec nos goûts et nos sensibilités.
Pas d’ordre croissant ou décroissant, pas de disque de l’année mais des propositions, des liens youtube et des commentaires afin de vous guider dans ces albums qui nous ont touchés l’an dernier!
 
Pour ne pas vous noyer sous une déferlante de références et de textes, les Best-Of seront publiés au fur et à mesure, On démarre avec le Blues et le Gospel tandis que la Soul, le Rap et le Reggae suivront !
Enjoy! » (PTH)
 
POUR DECOUVRIR CLIQUEZ CI-DESSOUS  !!!

http://theonenessof.wordpress.com/2013/01/09/le-best-of-blues-2012/

Le top de l’année 2012 « rock-pop-électro » de Yannick (1ère partie).

26 Déc

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1 Beak >> (réf : XB228E) Le  trio  originaire  de  Bristol  est de retour avec ce deuxième album mêlant  toujours sonorités krautrock et minimalisme, influencé par Can, Neu!  ou  encore  PIL.  Si  leur premier album était une vrai surprise, celui-ci  reprend  la  même  recette  mais  reste tout de même de bonne facture. [I.K]

http://www.youtube.com/watch?v=k6EZp96IZYg

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2 Swans The Seer (réf : XS964F) Douzième  album  studio  des  Swans de Michael Gira avec comme invités: Karen  O  des  Yeah  Yeah Yeahs, Alan Sparhawk et Mimi Parker du groupe Low, Ben Frost, Grasshopper de Mercury Rev, des membres de Akron/Family mais  aussi la chanteuse Jarboe qui avait quitté les Swans au moment de  la première séparation du groupe en 1998. (DM)

http://www.youtube.com/watch?v=a4mQxGXxU2M

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3 Liars WIXIW (réf : XL430X) Mélodie  rampantes,  samples  vénéneux,  boîtes à rythmes léthargiques,  bribes  de  techno  minimaliste,  prose  tourmentée, chants profonds et  moribonds   communient   pour   former  un  disque  cauchemardesque  et envoûtant,  habité  par  une forme de schizophrénie qui sied idéalement  aux  nouvelles  expérimentations  de  cette formation de génie. Presque  entièrement  électronique  et  produit  par  le  démiurge Daniel Miller  (fondateur  de  la  maison  culte Mute et musicien patenté derrière The  Normal  et  Sillicon  Teens), ce sixième LP voit donc Liars s’aventurer dans  des  contrées  inattendues où l’on songe tour à tour à Portishead  (les  lignes  de basse synthétiques de l’extraordinaire N°1 Against The  Rush  et  WIXIW  rappellent  étonnamment celle de The Rip), et au Kid A  (2000)  de  Radiohead.  Le chant éloquent d’Angus Andrew évoque sur III Valley  Prodigies,  Who  Is  The  Hunter et His And Mine Sensations les  psalmodies  habitées de Thom Yorke. L’énergie hargneuse et technoïde de Brats fait songer au Monsters Rule This World! (2000) de Sylvester Boy. Seule,  la  néanmoins  excellente  Flood  To  Flood renvoie aux allures martiales  de  They  Were  Wrong So We Drowned (2004) pour retrouver la formation  dans  l’exercice où se sont illustrés ces dignes successeurs de  This  Heat.  Diablement pervers, WIXIW se parcourt comme une balade nocturne  dans  un  marais brumeux. Il faut prendre garde à l’apparente tranquillité des lieux : qui sait ce qui sommeille sous ces eaux noires dont la surface semble si lisse ? Mettre ses nerfs à l’épreuve de WIXIW :  voici  tout  le  mal  qu’on peut vous souhaiter. (Xavier Mazure dans Magic)

http://www.youtube.com/watch?v=ggR6RuBh8I0

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4 Electric Electric : Discipline (réf : XE301K) Il  aura  fallu  quatre  années,  et  autant  de  labels  réunis,  pour  qu’Electric Electric donne suite à son dantesque premier LP, Sad Cities  Handclappers  (2008).  Pas  à cause de frilosités de crise ni de crises  d’inspiration,  mais  parce  que  l’union  fait la force et que l’art a  besoin   de   temps.  Suivant  une  simple  (et  si  rare)  logique  de  mathématique humaine, la réunion des savoir-faire de structures amies a ainsi  suivi  la  courbe des ambitions de musiciens aimés. Une évidence  pour  ce  trio  qui  voit  double (efforts et récompenses), et apparaît  aujourd’hui comme la valeur fédératrice d’une scène free rock française  parvenue  à maturité, mais toujours aussi discordante et créative. Plus  encore  peut-être que leurs camarades de La Colonie De Vacances (Papier  Tigre,  Pneu et Marvin), et sans vraiment briller dans la communication  (voir  leur  site  Web  et  leurs  photographies  floutées),  les trois  Strasbourgeois  ont  su dépasser leur statut de bourreaux des scènes en  portant  une  attention  minutieuse à la musique enregistrée – au moins  parce   que  leurs  premières  sources  d’inspiration  (punk  hardcore,  post-rock)  renvoient  à une époque où l’album était encore unanimement  pensé comme oeuvre de référence.

On  doutait  donc  que  Éric  Bentz  (guitare,  chant),  Vincent  Redel  (batterie)  et  Vincent  Robert  (clavier,  chant)  aient  besoin de…  discipline,  eux qui mettaient dès leurs débuts « la puissance de Slayer  au  service de Shellac » (dixit Étienne Greib in magic n°123), incarnant  de manière presque anachronique l’union entre maîtrise instrumentale et frontalité  physique,  sensibilité mélodique et appétit de destruction.  Mais  on  respecte  le  choix  du  titre,  à prendre littéralement. Une  Discipline  dépourvue  de tout romantisme « joy divisionien ». Discipline de  rigueur  plutôt que de rigidité. Discipline du format (onze titres,  aucun  interlude), de la technique (qui s’imprime ici au registre de la  nuance),  de la vision offerte au public (de plus en plus complexe pour  mieux   atteindre   le   coeur  sous  les  tripes).  Après  une  courte  introduction  aux  nouvelles  obsessions  tribales  (Icon),  nous voilà propulsés  sur  les  vastes  étendues  électrifiées  de  Trans  Am pour l’ouverture  de  La  Centrale,  où chaque réacteur est allumé, contrôlé puis  associé  jusqu’à  liquéfaction  de  l’espace-temps, dégageant une impression  de  calme/flottement  alors  même  que tout turbine à plein régime.  Neutra  Tantra  prend  position  sur  ce  rythme  de croisière radioactive,  densifié  dans  la  répétition,  vibrionnant  de guitares mélancoliques  et  mouillé  de  synthétiseur,  association inespérée de l’autisme et de l’éloquence.

Discipline  prend  à  son tour de la vitesse par paliers, enroulant ses ouragans  autour d’un canevas mélodique d’allure ternaire, ou piétinant avec  la  rage éméchée d’un sorcier vaudou. C’est alors qu’une montagne terrifiante se dresse, éboulis rythmique perpétuel montant vers un ciel de cloches au lieu de s’effondrer (Pornographic Arithmetic), où résonne une voix fantomatique qui pourrait bien être celle de tous les ouvriers sacrifiés  de l’ère post-industrielle (Fukushima, nous voilà). Sous son  ombre,  le  climat  devient  plus  pesant  et les rêves se diffractent, projetés dans des zones d’ombre où l’excitation démente des répétitionsbruitistes  (Xx  1  et  Xx  2, éprouvant et gratifiant diptyque) épouse l’hypnose  radicale d’une transe africaine parée pour la chute (Exotica Today,  tout  sauf  exotique).  À la sortie du tunnel, on se frotte lesoreilles  et  on ouvre des yeux embués sur les trois derniers monuments dressés  en  rang  d’oignon. Summer’s Eye, démonstration de force et de vitesse  claquant  la  porte du post-rock pour tutoyer le drone, et quidevrait  mettre  à  genoux  les  amoureux  de  n’importe quelle musique violente.  Puis  le  plus discret mais sublime Ulysse, hommage possibleaux  oubliés  Crescent,  qu’on  pourrait aussi confondre avec un inédit miraculeux  de  The  Berg  Sans Nipple. Material Boy assume sa position finale  (c’est  le plus long) en entamant une danse divagante autour du cadavre de Sonic Youth, laissant peu à peu affleurer et se reconfigurer les  myriades  d’images  précédentes,  sans  jamais  donner  la moindre impression  d’effort  –  à  nouveau, la planche sous le déluge. Certain d’avoir  assisté  au déploiement d’un chef-d’oeuvre, on n’aura de cesse d’y  revenir  pour  tenter  d’en  dénicher le manuel, jamais dépité (ni déçu)  de  savoir  que  celui-ci  est  enfermé dans l’atelier personneld’Electric  Electric.  À notre tour de voir double. (Michaël Patin dans Magic !)

http://www.youtube.com/watch?v=brQBSWzVTqY

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5 Young Magic Melt (réf : XY746M) Après avoir sorti un premier EP en 2011 les trois Australiens installés à  Brooklyn sortent leur premier album sur Carpark Records (Dan Deacon, Memory Tapes…) sur lequel ils distillent une pop psyché envoutânte et vaporeuse  (cataloguée  Chillwave)  mixée  à une rythmique tribale à la manières d’ Animal Collective. [I.K]

http://www.youtube.com/watch?v=qo88Uo3kBeo

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