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Mon Dour 2013 (18-21 juillet)

30 Juil

Voilà pourquoi j’ai manqué, toute bonne conscience bue, le couronnement de Flupke 1er  de Belgique…

Non pas que depuis le BIFFF 2013, je m’attende à croiser le petit frère un peu turbulent mais si involontairement drôle de sa majesté à tous les raouts grand public du royaume, mais le contraste saisissant entre l’atmosphère très Ypres 1916/17 de l’an dernier et l’ambiance « 110 décibels au Soleil » de cette édition du Dour Festival avait de quoi stimuler les imaginations, même celles placées délibérément en mode vacances !

dour

Les râleurs y ont été de leurs habituelles récriminations (« y’a pas assez d’eau » – comprenez – gratuite – « et d’endroits pour s’allonger à l’ombre »…) alors que l’an dernier, LE sujet de conversation avait été le nombre manquant de ballots de paille à répartir sur les accès du festival. Pour ma part, R.A.S.sauf l’impérieuse obligation de tendre sans ciller la carte d’identité en même temps que le bracelet- sésame – nominatif à chaque passage qui me pose un sérieux dilemme : vais-je titiller l’an prochain, la générosité si bien intentionnée d’un ami travaillant pour l’un des « partenaires » de l’évènement pour m’éviter de participer à ce jeu de rôle un peu pénible de mise en situation d’une vie de sans-papiers ? Des sponsors, dont la palme du mauvais goût 2013 revient à un trop célèbre limonadier étasunien aux parures rouges, dont les jeux débiles feraient passer les après-midi d’été en centre de défense mentale pour des cours préparatoires à l’université.

Une réflexion d’entrée tout de même. Dour n’est-il pas en train d’opérer définitivement sa mue sous nos yeux incrédules ? Une affiche tout aussi chiche en découvertes qu’en vieilles gloires (ou badernes) sur le retour, et mise encore à la diète en toute dernière minute par sa cohorte de groupes (Holograms, Klaxons…) même pas remplacés au pied levé, et qui ne semble guère avoir gâché l’humeur festive d’une majorité de « participants » de cette méga teuf « campingueste ». Une idée aux organisateurs de la prochaine 26ème édition : virer le rock, la Last Arena (dernière scène à ciel ouvert) et tout miser sur l’électronique, le hip-hop pas trop bling-bling et l’inévitable reggae, le tout sous chapiteaux et à des horaires reculés, voire de nuit (genre 18h-8 heures du matin)… A la clé, économies d’échelle et optimisation des activités de plein air en journée. Un remède à la « crise » on vous dit !

On entame les hostilités le jeudi (18/07) dans la bonne humeur avec les Belges de Paon et leur pop chorale et guillerette, comptant sans doute un ex Tellers dans leur noyau. Une déclinaison de plus de cette pop actuelle, instable et (poly)rythmique, friande à la fois de chœurs en couches et d’envolées synthétiques dans la foulée de Grizzy Bear, Alt-J, MGMT et de nos BRNS locaux ! A confirmer. On reste au plat pays avec Veence Hanao en dispositif minimal. Le sieur au micro et un comparse pour s’occuper du reste. Mais bizarrement quelque chose coince, le son est raide et contrit, et de la richesse des textures et arrangements de ses deux disques ne transparaissent que quelques bribes, étouffées par un flow certes techniquement au point mais comme inutilement dressé sur ses ergots ? Dommage. A côté, les joyeux trublions de Nicole Willis and The Soul Investigators, c’est presque la fanfare communale. Sous la baguette discrète d’un Jimi Tenor (Mr Willis dans la vraie vie) affairé derrière son orgue vintage –  mais qui prendra sur la fin du set le temps de lâcher trois demi-sourires en coin – le groupe s’adonne à une soul 70s cuivrée et un peu pute, que la météo pré-caniculaire et un enthousiasme non feint des 6 musiciens dans la place aident à poser le plus naturellement du monde. On jette une oreille à The Skints sur la grande scène où ces Anglais s’ébrouent sur un ska/reggae à l’ancienne. Quelques vocaux féminins soulful et intro sur guitare amplifiée laissent augurer une timide sortie hors du damier noir et blanc du genre, mais c’est pour mieux revenir en terrain mille fois conquis la seconde suivante. Passés en début de journée l’an dernier,

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BRNS taquine cette année l’heure de l’apéro de fin d’après-midi. OK, on les a vus un nombre conséquent de fois en 2012 et 2013 et on regrette presque de connaître tous leurs titres (sauf un ce coup-ci), mais pour une fois qu’on a enfin de vraies raisons de s’enticher d’un groupe d’ici, pourquoi s’en priverait-on ? Et puis, malgré un début de show un rien hésitant, les Bruxellois tirent à nouveau pleinement parti de l’élasticité et des ressorts rythmiques constitutifs de leurs titres pour les conduire par des sentiers de traverse, vers un pitch conclusif toujours aussi bluffant. D’autres revenants sur la Plaine de la Machine à Feu (qui a disparu ?!), The Horrors, s’en sortent bien malgré un post-punk shogaze ombrageux plus adapté aux conditions automnales de l’an dernier, toujours menés par un chanteur (Faris Rotter), pas plus nourri que le Bowie du film l’Homme qui venait d’ailleurs (76), ni aussi élégamment sapé que le Steve Bators de l’époque Lords of The New Church (et ceci referme la non-minute Classic 21). Un peu en manque de boucan, on rejoint le seul projet musical de sa seigneurie Mike Patton à me passionner depuis des plombes. C’est que dans

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Tomahawk, on retrouve ce riffeur affuté de Duane Denison (Jesus Lizard dans une vie antérieure) ainsi que ce marteleur de fûts de John Stanier (Helmet, Battles), et que ce super-groupe rock & noise taille dans le vif et à froid sans laisser remonter une seule once de gras. Un répertoire essentiellement basé sur leur premier album, vieux de 12 ans, et un Patton sobre dans ses interventions vocales qui fait bonne impression au final, même si la claque espérée est passée un peu au-dessus. Présenté en mode live, le Danois Trentmoller manque de peu le set parfait d’un chouia mais réussit néanmoins l’exploit de passer avec brio du DJ set à une électronique tortueuse et narrative, d’essence organique, nimbé d’un « je-ne-sais-quoi » d’épique dans ses moments de suspension glacée. Depuis leur magistral album de 2003 (Fever To Tell), on ne cesse de chercher des excuses aux Yeah Yeah Yeahs pour masquer un embourgeoisement clairement revendiqué. Et sur scène, c’est un peu pareil, on n’aime pas la tenue blanche à paillettes de Karen O mais on reste bluffé par son coffre quand elle l’ouvre tout grand, on ne les suit pas sur les chansons où ça ressemble à du Garbage post-punk, mais quand le guitariste se décoince, on leur accorde un nouveau sursis bienveillant. Mais pour combien de temps encore ? Il n’est pas si tard et pourtant on en vient à douter de ses sens tant la prestation du frenchie Jackson & His Computer Band est éloignée pour le pire du contenu de ses albums. De loin, c’était presque Justice invitant Kavinsky ; de près, c’est davantage Martin Solveig (mais si, mais si) validant son bon d’inscription au sein de l’écurie (infiniment surfaite) Ed Banger ? Aux Francoconneries l’an prochain ? Puis c’est au tour de Wu-Tang Clan de s’en prendre cette fois à nos yeux davantage qu’à nos oreilles. Un show encore un peu mou du genou mais pas aussi honteux que celui d’il y a deux/trois ans, drillé par un nombre indéterminé de MC dont le recensement complet fait toujours débat. Le nœud, c’est que de loin, ça faisait cour de récré. Et dans le hip-hop, à une heure aussi tardive, quand on a l’âge des artères d’un prof d’histoire à mi-carrière, ça ne le fait plus trop…

On est là aux petites heures le lendemain (le 19) pour choper la seconde manche du concert d’Unik Ubik. Ca swingue, pécho, ça funkyse énervé et ça la joue western façon « les voyages de Mad Max autour du monde » mais c’est le petit noir musical idéal pour bien commencer la journée. On reste en belgitude sonique avec

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The Black Heart Rebellion et son rock brumeux et incandescent, toujours à deux doigts de l’explosion cathartique, mais plutôt enclin au final à de longues complaintes mélodiques et nauséeuses qui s’épanouiraient davantage dans l’obscurité refroidie d’une salle obscure vers la mi-novembre (le chanteur était un peu à la peine). Impressionnant tout de même ! Dans un registre parallèle – rock instrumental bâtard moitié post rock/moitié math rock nimbé d’un nuage de prog- Maybeshewill tient le bon bout d’un set en progression sinusoïdal dont le soufflé retombe rarement du côté de l’ennui. Une anomalie dans le genre ! Toujours à forte dominante instrumentale, le meilleur groupe de France et de Navarre, vu trois fois en un an – j’ai nommé Electric Electric !- assène sa leçon de noise rock pour derviches tourneurs fans de Breaking Bad, avec une maestria totale qui me fait dire que le LCD Soundsystem de Mister James « superstar » Murphy, c’est juste du disco pop à paillettes pour fans honteux de Boney M… Malgré un son pas tout à fait à la hauteur, nos trois compères ressortent les perles de leurs deux plaques retravaillées au corps rythmique avec le même allant que Battles et la même patine supersonique qu’un Don Caballero d’excellente humeur. Concert du jour ou de Dour !

electric

Du coup, poursuivre avec Skindred, (composé d’ex Dub War) revient à poser la question de la pérennité de quelques branches asséchées du vieux chêne rock depuis des plombes. Hypothèse de travail : et si le truc/machin fusion à rallonge (dub/ragga/metal/hip hop & more) était avec le jazz rock la meilleure excuse pour définitivement en descendre ? Retomber sur un combo sans chanteur après de telles prêches relève d’un processus on ne peut plus logique, mais autrefois subtilement posé en danseuse entre post rock et postcore, Pelican dégaine à présent un heavy rock instrumental très mâle qui prend la pose à chaque plan de guitare et piétine allégrement les santiags poussiéreuses des vétérans de la cause, Karma To Burn ! On a les pieds qui frétillent à l’idée de participer au carnaval electro-dingo de Dan Deacon. Mais à trop vouloir organiser les activités de plein air (sous tente ici) qu’accompagne son idiome machinique azimuté, flanqué de deux batteurs pour l’occasion, l’Américain oublie le principe sacré de la réussite d’une bonne mayonnaise maison : ne jamais arrêter de tourner la cuillère dans le même sens pour qu’elle prenne consistance. Farandoles, démonstration de danses libres, slogans à reprendre en cœur… on commence à connaître tout ça sur le bout des orteils, mais en comptant bien, on aura entendu quoi trois, quatre morceaux en bout de course ? D’autres qui étaient clairement à la masse, c’était Torche dont le sludge pop est demeuré à fleur de bitume (heu de plancher), et qui a réussi l’exploit de faire le vide dans la Cannibal Stage autour de 20 heures ! En manque d’accords pesants, on reste dans la place pour le set des quasis régionaux de l’étape : Amenra (Courtrai).  Leur post hardcore mâtiné de doom metal atmosphérique se déploie certes, dans un décor théâtralisé peu adapté à la saison – film noir et blanc, écran de fumée, chanteur posté dos au public… – mais réellement impressionnants la première demi-heure, les Flamands éprouvent un peu de peine à s’extirper du canevas rigide et unique dans lequel s’inscrivent tous leurs titres. Probablement actionnaire du festival itou, Amon Tobin endosse l’une des ses identités de rechange (l’entité Two Fingers pour le coup) mais assène l’un de ses sets DJ assassins dont il a le secret. Cette fois, c’est le hip hop (instru’ of course) qui s’en prend plein les mirettes, reçoit une belle leçon d’équilibre rythmique, se fait rhabiller comme une écolière (tout de gris cendré) et oublie de distribuer des sourires, de peur d’y perdre en intensité. Pas envie d’un split avec Electric Electric Amon ? Et pour s’achever d’électronique manière, on se porte au devant de cet autre ubiquiste de Four Tet, qui laisse de côté l’expérimentation ludique exemplaire de ses disques pour se concentrer sur un set tech/house serré comme un embouteillage sur le dancefloor. On adhère pas mal mais l’homme ne se risque jamais à la moindre entorse au cahier de charges d’une dance de qualité mais où rien ne dépasse. Et puis après Tobin…

Sur papier on savait la journée du 20 la moins bandante. Dans les faits aussi, mais on en a profité pour passer au bar bières spéciales constater avec plaisir que la petite sœur ambrée (portant le nom d’un général romain) de la Grand Cru du nom d’une ville flamande connue pour sa blanche, l’a rejointe pour notre plus grand bonheur. Plus tôt on avait entamé cette chaude journée avec Sinkane et sa pop « africaniste » venue de New York. Soft mais pas indolente, leur musique pique parfois une tête dans la soul ou glisse discrètement sur des rails électroniques. On croise au loin l’Antwerp Gipsy Ska Orkestra qui réalise l’exploit de résumer tout son propos dans son appellation, mais, déploie heureusement une énergie qui le rend irréductible à bon nombre de festivals « urbains » ou « world » (Dieu que je déteste ces mots). On aboutit par hasard devant les Lillois de

waet

We Are Enfant Terrible et on constate qu’on a fait (très) bonne pioche. Le batteur ne tient pas en place mais cogne dur ou mène la danse tout seul comme un grand, son acolyte tisse tout le reste ou presque de la trame sonore avec application, tandis que la chanteuse égrène des textes mi-coquins mi-situationnistes, s’essaie à des chorégraphies improbables et emballe toute l’assistance au passage ! Humour acide et subtilement salace. Tout le contraire des rires gênés à l’écoute (à distance) des métalleux de Mass Hysteria dont la faconde « concernée » renvoyait autant aux préceptes philosophiques de JCVD qu’aux conseils de survie prodigués généreusement par « le Chris » de Do or Die au mieux de sa forme (tiens, ils étaient où eux ?). Suuns met alors un terme à cette journée de flânerie par un concert plus convaincant qu’à son habitude, même si ces proches voisins musicaux de Clinic (auxquels ils font irrésistiblement penser dans leurs meilleurs moments), savent y faire pour instiller de troubles atmosphères, mais souffrent de baisses de régime constantes et couinent à défaut de ne pouvoir susurrer élégamment. On remet un peu de blanche dans la machine et on prend la seconde moitié de Comeback Kid et son punk hardcore véloce et affuté pour ce qu’il est : un bon spectacle de slam parapente agrémenté de chœurs virils et de directives politiques bien apprises et reprises. Ca ne mange pas de pain (noir) mais met un peu de baume pour assister à la prestation calamiteuse d’un Devendra Banhart, aussi efficace qu’un traitement à base de tampons d’ouate imbibés d’éther dans l’amélioration des performances olympiques en vitesse pure. J’ai même regardé à deux fois pour bien vérifier que les instruments étaient bien raccordés aux amplis. En face, le jamboree punk avec « activités de vacances conscientisées incluses », organisé par Anti Flag est véritable un moment de bonheur. Le groupe alterne les hymnes (mid-tempo une fois sur deux) avec de courts speechs parfois confondus avec des slogans, et l’un ou l’autre exercice d’assouplissement physique (on se met à genoux, on se relève, on tend le bras, puis le poing…). On a pris son pied, comme à 18 ans et on fait durer le plaisir – et on va même l’hausser d’un cran sur l’échelle de la jouissance auditive – devant le spectacle total proposé par Flying Lotus. Visuels option SF et miracles de la science, qui appuient un set où electronica et hip hop malin mélangent leur substantifique moelle dans une partouze cosmique qui fait onduler les corps, vriller les oreilles et rêver aux étoiles. Prestation du jour ! Mais le retour au sol est sévère et la gueule de bois instantanée devant Venetian Snares dont le « breakcore » (on appelait ça comme ça à une époque) hyper véloce (et hyperkinétique) sursaturé, semble paradoxalement totalement  figé sur ses bases d’il y’a dix ans et plus, est assené sans grande conviction, malgré le niveau presque insoutenable des décibels. Gabber 21, ça existe déjà ?

Pas de bol pour le programme du dimanche de couronnement royal (le 21) et ses annulations non compensées (voir plus haut). Certes, on aurait pu tomber plus mal que sur les derniers morceaux (du) Prince Harry pour entamer ce baroud ultime mais ce rock aux synthés pas propres et aux mélodies mal élevées gagne en efficacité bonasse et en cohérence salace de mois en mois. Efficace aussi le rock instrumental d’And So I Watch You From Afar qui ne choisit jamais son camp entre post rock math rock et prog humble mais prend un tantinet la pose avec un brin d’ostentation superfétatoire. Toujours en quête d’une bonne rasade humoristique prête à resservir, on se risque pas loin, mais pas trop près quand même de Tryo, dont le reggae chansonnier est tartiné de bons mots qui font le bonheur du bêtisier annuel de la fête de l’Huma, et que même le vénérable Yves Duteil n’ose plus prodiguer à ses paroissiens. Et à voir la ferveur chantante d’un public qui a visiblement bien révisé les textes avant, j’ai eu comme un doute quant à la tenue effective des JMJ 2013 sur le sol brésilien ! On a voulu soigner le mal par le mal en allant mater la mignonne Kate Nash

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qui semble à présent briguer une place dans la catégorie pop (60s) supérieure (celle des Veronica Falls ou des early Dum Dum Girls) mais s’avère si rapidement totalement anecdotique qu’on s’en veut d’arriver 10 minutes après l’entame du set de Thee Oh Sees. Sauveurs à eux seuls de ma journée musicale, la bande à l’inusable John Dwyer est une vraie plaie pour tous les apprentis garagistes du globe tant, leur avatar rock & roll d’essence punk et psyché croisée, piquées d’échardes noises et de solides coups de rein rythmiques laisse tout le monde sur place question hymnes addictifs, énergie débonnaire et guitares divinement mal torchées. La classe ! Ce qui est encourageant avec IAM, c’est qu’ils sont la preuve vivante qu’on peut pratiquer le hip hop largement après trente ans, sans passer pour un sénile précoce. Sur des bases similaires (beats millimétrés, boucles tissées avec soin, flow choraux, imaginaire oriental et fantasmé, propos sociétal nuancé…), les Marseillais assurent le spectacle, garantissent une ballade équilibrée dans leur disco et font preuve d’une belle dose de générosité sur scène, une pincée d’autodérision en sus ! Vu une paire de fois, le duo guitare/batterie de Two Gallants a peut être suivi une cure de Bryan Adams, tant leur show semble apathique, et au demeurant criard, privé de cette hargne et de cette étincelle de tension intérieure qui conféraient à leur folk instruit et référencé, une urgence et une gouaille sans pareille. Une mauvaise passe ?

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Et puis comme pour s’épargner les regrets d’un festival qui touche à sa fin, on se porte au-devant de sa seigneurie Billy Corgan, seul maître en son domaine de Smashing Pumpkins et on fait le sacrifice de ses tympans bien malmenés à supporter une petite dizaine de titres d’un répertoire (très inégal il est vrai) charcuté sans ménagement (Bowie y a eu droit également) par un chanteur qui perdrait ses oreilles à esquisser un seul sourire et aurait quelques aigreurs d’estomac à se payer un ingénieur du son capable de donner un peu de corps et d’équilibre à ce brouhaha de rock post 70s de transporteur routier…

Mais la nuit est douce et on s’en remet, sur la route du retour à la promesse d’une prochaine édition un peu plus consistance.  Et sans couronnement royal pour lui faire concurrence…

 

 

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Photo Olivier Bourgi.
Suivez le guide photo du maître : https://myspace.com/bourgol et http://500px.com/bourgol

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Chronique post-BIFFF d’un «culturopointeur» (ex-médiathécaire) noctambule mais pas trop, et qui a bien du mal à remettre ses comptes-rendus dans des délais raisonnables…

24 Avr

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Après autant de bidoche faisandée (mais pas tant qu’attendu) dans un slasher finalement très pop-corn, on s’est farci avec plaisir une nouvelle comédie romantique et fantastique. Comme son nom l’indique Upside Down (de Juan Diego Solanas) se passe dans une sorte d’univers parallèle où l’existence d’une « gravité négative » permet à deux planètes jumelles de coexister en vis-à-vis, à quelques kilomètres l’une de l’autre ! Deux astres en apparence semblables, peuplés d’humains parlant la même langue, mais séparés sur tout le reste, et que la difficulté d’une rencontre « physique » due à ces effets de cette gravitation opposée a fini par cristalliser dans des rapports sociaux hermétiquement codifiés. « En bas », c’est l’hiver en (quasi ?) permanence, les décors lessivés par la pollution et une population résignée au malheur après une guerre interminable. Tandis qu’« en haut » règne l’ordre bureaucratique, et social d’une économie tertiaire « propre » dans un environnement baigné d’une lumineuse douceur printanière. Un monde synonyme de désir pour Adam, qui bravant l’interdiction formelle de tout contact corporel, est tombé follement amoureux d’Eden du monde « d’en haut » rencontrée brièvement quelques années auparavant au sommet de deux pics montagneux se frôlant de peu. Depuis il s’attèle à l’élaboration d’une mystérieuse substance rose d’origine apicole capable d’atténuer le caractère répulsif des forces de gravité opposée. Ses premiers succès l’autorisent à briguer un emploi au sein d’une puissante compagnie du « haut » installée « en bas », via une tour reliant les deux mondes mais symbole de leur hiérarchisation étroite et étanche. Mais pour cette tête brulée d’Adam l’amour, mais aussi l’amitié, sont plus forts que tout et donne même des idées à la place des ailes (qui ici ne serviraient de toute manière à rien). De quoi peut être même avoir la force de changer tout un monde. Et qui sait, deux !

Fort de son intelligente métaphore d’une planète profondément  inégalitaire et d’effets spéciaux qui servent le propos cinématographique de l’auteur et refusent l’épate gratuite, Solanas joue astucieusement des ressorts de cette histoire vieille comme le romantisme, de ces êtres aimants qui transgressent l’ordre établi et passent même au-dessus des lois de la nature pour vivre un moment leur amour, fut-il éphémère. Une première moitié de film particulièrement réussie où la géographie physique et humaine opposée des lieux génère son lot de situations originales négociées avec brio (et même si le film requière un sérieux effort de crédulité volontaire de la part du spectateur) et lestée une belle dose d’humour malgré une Kirsten Dunst un peu terne (Eden). Et puis comme rattrapé par un chrono qu’il semblait jusqu’à là ignorer Upside Down, se termine in extremis sur une ultime pirouette, un happy end aussi incongru qu’improbable, qui laisse de fait sans réponse un lot conséquent de questions, que le cinéaste s’était échiné à poser ! Et au final qu’en dit Newton ?

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Quant à savoir pourquoi on s’est tapé pour le Dracula (en 3D mes aïeux !) de Dario Argento ? On peut y voir un effet pervers de cet attachement irraisonné que l’on porte à un cinéaste dont le talent semble bel et bien évaporé depuis des lustres. Que retenir de ce Dracula filmé avec des techniques résolument « modernes » pour obtenir un film moche dont le grain et les couleurs délavées à l’ancienne (qui a crié « « à la Hammer » là-bas dans le fond ?) se verraient recalées d’office dans n’importe quelle école de cinéma ? Et qui m’a fichu une mante religieuse géante au graphisme encore plus moche que dans un jeu vidéo d’il y’a dix ans, et des décors kitsch d’halloween à Disneyland ? A peine le film lancé, on se désintéresse complètement du sort de ce bibliothécaire bien mal tombé dans ce château, dangereux surtout la nuit, mais aussi de celui de sa futée de femme débarquée à sa recherche quelques jours plus tard. Petite originalité tout de même, la fille du réalisateur, Asia qui a un peu moins chaud que d’habitude dans ces plateaux montagneux, se fait mordre à un endroit plutôt inhabituel (…), ce qui retarde le moment final de sa transformation en buveuse de sang. Quand au contre Dracula (campé par un Rutger Hauer en service minimum), il a autant de charme et de charisme qu’un boucher sanglé dans son unique costume du dimanche et de retour de l’atelier les joues et mains encore maculées de sang.

Le mieux est encore d’occulter qui est derrière la caméra. Reste alors un très honnête nanar qui donne envie de s’en repasser une belle brochette. Faire rire de choses qui n’étaient pas du tout destinées à ça demande un certain savoir faire, même involontaire. Finalement… Argento n’a peut être pas tout  dit !

YH

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Chronique post-BIFFF d’un «culturopointeur» (ex-médiathécaire) noctambule mais pas trop quand même….

20 Avr

Mine de rien, au BIFFF 2013 et dans ma sélection perso, le cinéma espagnol a occupé une jolie place de choix. Et au sortir de la vision de Ghost Graduation, je serinais déjà intérieurement qu’on tenait là un vainqueur potentiel, un beau prétendant au podium, et effectivement couronné au  palmarès final.

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Non que le scénario prétende à une folle originalité mais parce que le dosage humour/clins d’œil bien placés/rythme/touche romantique/personnages bien construits est non seulement idoine, mais produit ses effets jusqu’au bout du film. Une triste exception donc dans la forêt des comédies même pas drôles.

Professeur totalement dépourvu d’autorité, Modesto a hérité de cette faculté plutôt encombrante de voir les spectres des défunts de la même façon que les vivants au milieu desquels ces fantômes errent. Des esprits gentiment frappeurs condamnés à errer sur Terre, capables de déplacer les objets et de prendre provisoirement le contrôle des corps des vivants mais agissant plus par amusement (et pour tromper l’ennui) que par véritable malice. Et voilà notre enseignant embarqué avec le soutien de sa directrice (jolie, seule dans la vie et totalement dépassée par la situation…) à faire la classe à cinq « étudiants spectres »  bloqués dans l’enceinte de l’école depuis une vingtaine d’année. Petit détail cocasse, ces cinq « sous-doués » disparus dans un incendie de l’établissement scolaire sont les répliques parfaites d’un film d’ados U.S. emblématique des années 1980, The Breakfast Club (Howard Hughes, 1985). Le challenge est ici de leur faire réussir leur année pour que ces glandeurs invisibles et taquins puissent gagner leur ciel. Mais à l’évidence, les choses seront un peu plus compliquées pour tout le monde. Film choral, Ghost Graduation fonctionne à plusieurs niveaux sans que l’un ne finisse inévitablement par prendre le pas sur les autres. En filigrane de l’avalanche de gags véritablement drôles qui titille par moment la bigoterie de l’Espagne catholique sans une once de vulgarité, remonte un agréable parfum de nostalgie trentenaire, voire quarantenaire, ponctué de quelques scies d’époque (Bonnie Tyler). Aux multiples situations comiques générées par un scénario astucieux (un fantôme bourré en permanence parce que mort en l’état…) et une utilisation discrète d’effets spéciaux sur mesure, se faufile une (auto)critique d’un cinéma ibérique à l’imaginaire riveté sur celui de son grand frère US. Mais quand on voit à l’écran la dextérité avec laquelle son réalisateur (Javier Ruiz Caldera) joue de ses clichés, on comprend pourquoi les écoles de cirque comptent autant d’étudiants jongleurs issus de la péninsule…

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On n’a d’ailleurs pas trop bougé de là (l’Espagne) pour simplement s’embarquer dans une navette temporelle et atterrir au mitan des années 30, à l’aube de la guerre civile espagnole. The Forest d’Oscar Aibar est un film qui ne porte  pas très bien son nom. Mais il faut reconnaître que le mot bosquet, plus approprié en regard de ces quelques arbres au milieu desquels apparait, à dates fixes, une mystérieuse sphère lumineuse, eut été d’une toute autre portée en termes d’impact commercial. En Catalogne un petit agriculteur et propriétaire terrien plutôt rustre (y compris envers sa femme qui vient d’accoucher) est obligé, de par l’agitation révolutionnaire qui s’est emparée de la région, de fuir et de passer par ce portail lumineux ouvert sur un autre monde deux fois l’an. Le film se « contente » ensuite de suivre le combat de cette femme seule mais courageuse (…), entre les brimades des révolutionnaires locaux et les brefs retours d’un mari qui s’adoucit progressivement au fil de ses longues périodes d’exil.

Si la fable du film pourrait être la lente humanisation d’un homme à priori « de marbre » sous l’action conjuguée de l’amour « sans condition » d’une femme et les circonstances littéralement extraordinaires de sa fuite, ce film « discrètement fantastique » emprunte parfois les sentiers d’un «révisionnisme historique» un tantinet gênant aux entournures. Les « révolutionnaires » espagnols sont au mieux, des voleurs de poules bornés, de sombres et couards crétins, ou encore des jaloux maladifs et machiavéliques, ayant finalement  peu en communs avec les brigades internationales qui font semblent eux les porteurs d’une véritable noblesse ( ?). Enfin, l’annonce du putsch africain de Franco et la lente progression des nationalistes est ressentie comme une sorte de processus de « libération ».

Un sentiment de gêne que ni le refus de notre réfugié, rentré cette fois pour de bon dans son foyer, de participer activement à la « restauration » franquiste, ni la calamiteuse chute finale (les extra-terrestres sont des dorades géantes qui se font la guerre !) ne vient amoindrir…

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Révisionnisme mais dans un sens purement mercantile encore avec cette énième resucée de Texas Chainsaw (Massacre à la tronçonneuse) signée John Luessenhop et présentée en version 3D. Un dispositif qui une fois de plus, montrera par l’absurde qu’il ne sert pas à autre chose qu’à faire grimper le prix déjà astronomique du ticket de cinéma.

Le film se replace à la fin du long métrage original. Le massacre perpétré par Leatherface entraîne une vive et immédiate réaction chez quelques bouseux locaux assez portés sur la gâchette, et qui vont, au grand dam du shérif local (un noir, les quotas sont respectés, même dans un Sud  bien redneck !), se livrer à une vengeance sans merci contre la famille (réunie) du découpeur en chef. Seul un bébé, recueilli par un couple d’assaillants stérile, échappe à leur courroux. Un bébé devenu une (splendide) jeune femme, totalement ignorante de son lourd héritage jusqu’ce qu’elle apprenne qu’une succession l’attend au Texas. Elle prend la route en compagnie de quelques amis et investissent à leur arrivée une bâtisse épargnée par le temps. Du moins en apparence…

On ne reviendra pas sur l’incapacité fondamentale des remakes, si nombreux soient-t-ils, à égaler ou surpasser le modèle original, quand bien même ils ont poussé le curseur gore de quelques crans supplémentaires, effets digitaux surlignés  et esthétique « clipesque » aidants. Le plus étonnant ici est la surprenante pudeur avec laquelle le réalisateur évite au final de montrer à la caméra le moindre bout de poitrail féminin alors qu’il avait auparavant bien pris le soin de présenter les très avantageux atours féminins de ses plantureuses actrices dans toutes les poses suggestives possibles. Mais plus fort encore. Après le quota obligatoire de bidoches découpées à la scieuse d’arbres à moteur ou au couteau (on n’est pas là pour rigoler non plus !) par un Leatherface qui semble avoir gardé la main, le cinéaste nous montre une jeune femme que la seule lecture d’un dossier de police (le rapport du massacre de sa famille) suffit à faire basculer du côté obscur de la famille. Et elle de se rebiffer, et de sauver son « cousin » (pour une fois) en mauvaise posture, pour sceller avec lui les liens (renoués) du sang dans une bonne petite étripade qui prendra soin de laisser un survivant qui va, à son tour,  nous mitonner en retour une belle petite revanche de son cru (dans le suivant si ça marche…). Sans omettre ce final poignant digne d’un remake même pas horrifique de La Belle et la bête j’en ai eu le rimmel qui a coulé sur mon masque de peau tout neuf!

YH

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Chronique post-BIFFF d’un «culturopointeur» (ex-médiathécaire) noctambule mais pas trop…

18 Avr

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Bien qu’agnostique déclaré issu mais d’une famille catholique pratiquante, il devait subsister tout au fond de moi quelques reliquats inconscients d’ancestrales pratiques dominicales pour que je me risque à The Host (en français : Les Ames vagabondes)…. Que les fans du passionnant Coréen Bong Joon-Ho (Memories of Murder, Mother…) gardent leurs précieux deniers et leur enthousiasme cinéphilique intacts, The Host n’est aucunement un remake du film (2006) de ce dernier, mais une nouvelle adaptation d’un bouquin de Stephenie « Twilight » Meyer par Andrew Niccol (Bienvenue à Guatacca…). Pas qu’on reste par principe totalement de marbre aux épanchements lacrymaux du sous-genre « romantico-fantastique » mais parce que plus encore que son discours gnangnan et sa naïveté roublarde (tellement consensuelle qu’elle en devient suspecte), c’est sa facture visuelle sans âme (à tout moment on a l’impression que le tournage d’une pub a lieu simultanément au film) et le jeu « coincé » de la plupart de ses interprètes (le rôle principal mis à part) qui plombent ce divertissement qui concourt à la réconciliation des familles (nombreuses ?).

Pour l’essentiel; grâce à l’action déterminée d’extra-terrestres qui se sont emparés des corps de leurs hôtes humains, La Terre vit une période de paix et d’harmonie sans précédent sous bonne garde des traqueurs, ces agents chargés de débusquer les derniers humains toujours « libres ». Capturée alors qu’elle tentait de gagner l’un des ultimes refuges de l’humanité, Mélanie (Saroise Ronan) devient l’hôte d’une âme extraterrestre errante mais demeure comme recluse, consciente mais impuissante au sein de son propre corps. Son Hôte qui refuse d’intégrer cette société « parfaite » et part à la recherche des proches de Mélanie, repliés dans un bout de désert caché qu’ils très ont ingénieusement rendu fertile. Et tandis que les traqueurs sont sur ses talons, l’arrivée de cette âme étrangère dans un corps familier déclenche un florilège de réactions contrastées et la place bientôt au centre d’un triangle amoureux. Un triangle amoureux en mode « prude » (« of course !») dont le traitement absolument sans surprise et desservi par deux acteurs (dont l’un est le fiston de Jeremy Irons) qui ont toujours l’air d’attendre la pause cigarette, prend rapidement le pas sur les quelques bonnes idées entrevues par le scénario : la dictature des bonnes intentions, le paradis semblable à un idéal publicitaire et cosmétique et où le mensonge n’existe plus, l’efficacité supérieure du dialogue sur l’action, le rôle essentiel de ceux qui ce placent en marge de la pensée dominante et enfin, le cas de la chasseresse « incarnée » (et on est gentil) par Diane Kruger, seule âme vagabonde habitée par la rage. Mais le film vire rapidement au prêchi-prêcha moral et sentimental nanti d’interminables morceaux de bravoure dialoguiste, que même les quelques scènes d’action rondement menées ne sont en mesure de ventiler. Conclusion, sieste conseillée pour les uns et perte importante de liquide lacrymal à prévoir pour les autres…

YH

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Le top « light » 2012 Hip-Hop & R’n’B de Yannick

11 Jan

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1 EL-P : Cancer for Cure (réf : KE4004)  Dire  qu’on  attendait  EL-P  et son nouvel album au tournant n’est pas exagéré,  en effet, son dernier véritable album ‘I’ll Sleep when You’re Dead’ paru en 2007 avait placé la barre très haute et ajoutons qu’en en peine  5  ans le Hip-Hop à vécu plusieurs fortes évolutions, le Bedroom Rap  a fait son coming out, le Cloud Rap est aujourd’hui omniprésent et les  vétérans  sont  dans  pas mal de cas à la traine. Mais il n’en est rien  pour  l’ancien  membre  de  Company  Flow  et patron du désormais dormant  Definitive  Jux  qui  se plaçait déjà en outsider au début des années  2000, et il confirme cette position avec son ‘Cancer For Cure’, un  album  hors  norme,  violent et viscéral dans lequel EL-P se glisse dans  la  peau  de  nombreux personnages, un homme qui bat sa femme, un militaire  ou  encore  un  dealer,  le  tout  en  adoptant une attitude confessionnelle  et  auto-analytique.  Il y peu d’invités mais ils sont remarquables,  Killer  Mike  et  Despot assurent les seconds rôles avec talent  tandis  que  la  hype  du moment Danny Brown et l’excellent Mr. Motherfuckin’ Exquire sont présents sur ‘Oh Hail No’. (PTH)           

http://www.youtube.com/watch?v=LIEGeGAKNrE

 

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2 Death Grips (The) Money Store (réf : KD2265) The  Money  Store  est  le  second album du trio américain Death Grips. Après   l’énorme   succès   rencontré   par   leur   première  parution « Ex-Military » parue d’abord numériquement puis sur vinyl et cassette en 2011,  le trio signe un contrat avec le label Epic et annonce la sortie de  deux  albums  pour  2012. Death Grips est formé du rappeur/chanteur Stefan  Burnett,  du  producteur Andy Morin et du batteur Zach Hill que l’on  a déjà entendu au sein de Hella, des Boredoms [etc…la liste est longue].  Ensemble  ils proposent une musique profondément antagoniste, n’hésitant  pas  à  saturer  l’espace  d’écoute  à  l’aide  de  samples sauvages,  de  rythmiques  qui tiennent  autant du Rap que du Métal et surtout  la voix grave et la diction rugueuse du rappeur qui vous fonce droit dessus comme un taureau lancé à toute allure. Mais loin de n’être qu’une décharge d’énergie et de rage, ce Money Store est aussi un album extrêmement  bien  construit  qui nous éclate entre les mains mais sans nous  mettre à l’écart, bien au contraire, la tension est communicative et  nous  emmène  dans  un  univers  où  il  ne  nous  reste  plus qu’à participer, ou abdiquer au risque de se faire écraser. (PTH)

          

http://www.youtube.com/watch?v=sticXkHxZC4

 

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3 Theesatisfaction Awe Naturale (réf : KT3665)  ‘Awe  Natural’  est  le  premier  album  de  Theesatisfaction,  duo  de  chanteuses  /  rappeuses  que  l’on a déjà eu l’occasion d’entendre sur l’excellent  ‘Black  Up’ [KS1322] de Shabazz Palaces. Pour leur premier  album  qui  parait  sur  le  label américain Sub Pop, le duo parvient à  fusionner   ses   envies   de   groove  entêtant  et  de  psychédélisme afro-futuriste.  Des boucles de claviers et de percussions se croisent, se prolongent puis s’arrêtent brutalement, créant une musique à la fois confortable  puisqu’inscrite  dans  une  tradition  Soul mais également contemporaine  de  part  la  méthode  de  travail et la fraicheur de la  démarche.  On  sort de ce disque ébloui et énergisé par tant de liberté et  de  sensualité au service du renouveau et de la fusion des musiques noire américaine. (PTH)                                                

http://www.youtube.com/watch?v=qGWFBt_IPOg

 

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4 Bigg Jus Machines That Make Civilization Fun (réf : K22220 cote provisoire)  Le troisième album de Bigg Jus tire le meilleur de ses expériences en solo comme de la récente reformation de son trio Company Flow, confrontant ses angoisses et sa désorientation au chaos de la société américaine et à cette politique de déshumanisation galopante qu’aucun gouvernement ne semble vouloir enrayer.

Fin prêt pour tirer la bourre à son compère El-P, dont le très attendu Cancer For Cure prévu fin mai avec une pléiade d’invités d’horizons variés s’annonce nettement plus inégal au fil des premiers extraits dévoilés, le rappeur de Company Flow n’en a pas pour autant oublié ce goût pour les expérimentations déconstruites inspirées du jazz et de J Dilla qui avait présidé à la version pré-11 septembre de son premier essai Black Mamba Serums, réenregistré trois ans plus tard pour le label Big Dada, filiale hip-hop de Nina Tune juste avant le virage soul du plus lyrique et convenu Poor People’s Day.

Ainsi des quasi éthérés Empire Is A Bitch, Hard Times For New Lovers et Polymathmatics qui entre deux morceaux plus pesants aux beats martiaux et oppressants laissent planer un espoir nébuleux sur l’avenir de l’homo modernus, tandis que le titre éponyme voit le flow en roue libre du MC new-yorkais résister tant bien que mal aux déferlantes d’une batterie aussi free que belliqueuse sur fond de nappes désespérées.

Mais ce sont peut-être Samson Op-Ed et Kush Star Catalog qui symbolisent le mieux ce Machines That Make Civilization Fun  ironique et néanmoins sincère à en crever, dans son acharnement à humaniser l’implacable débit machinique des instrus et des samples, un effort désabusé dans lequel Bigg Jus jette ses dernières armes jusqu’à trouver l’équilibre parfait entre expérimentation et efficacité. Brillant.

Quant à l’excellent label français Laitdbac(Alpine Decline, Lexicon…) qui distribue l’album de notre côté de l’Atlantique (Mush se chargeant des USA), il nous offre même de prolonger l’aventure via Spotify avec deux remixes du single Black Roses, le premier par Bigg Jus et El-P réunis comme au bon vieux temps en mode plus électronique mais toujours aussi rentre-dedans, tandis que l’inimitable Thavius Beck nous en livre fidèle à lui-même une version schizophrène et crépusculaire à souhait.(Mowno)

http://www.youtube.com/watch?v=EgRPcW21QyM

 

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5 Serengeti C.A.R (réf : KS1251) Serengeti  sort  en  Aout  2012  son  nouvel  album C.A.R. sur le label Anticon  qui  avait  déjà sorti son excellent précédent album ‘Family & Friends’  [KS1249]. Suite logique mais pas ennuyeuse, C.A.R. propose un Abstract Hip-Hop  teinté  de  Pop sur lequel Serengeti vient poser son flow lent et faussement blasé. (PTH)                                  

http://www.youtube.com/watch?v=V2r08dFKWQY

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